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Granit ou granite. Voilà la question…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la métempsycose et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Voici donc le dernier jour de la dernière semaine de cette année 2018 qui n’en finit pas de disparaître… Dans notre calendrier républicain, c’est le 11è jour de nivôse, dédié au granite. A ne pas confondre avec Le Granit qui est une municipalité régionale du Québec (Canada) dans la région de l’Estrie. Son chef-lieu est Lac-Mégantic.

Ah, je vous vois venir, pointilleux que vous êtes. Granit (e) ! Non, il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe ; le mot « granite » existe bel et bien. Mais il n’a pas la même signification que son homologue sans « e ». Le terme « granite » est issu de la géologie. Il s’agit d’une roche volcanique (ou « pavé 68magmatique plutonique ») qui a une composition chimique et minéralogique très précise. Le mot « granit », quant à lui, vient de l’italien « granito », signifiant « grenu » (ou granuleux). Granit est donc un terme commercial qui reprend l’ensemble des roches dures, grenues et non poreuses, quelques soient leurs natures minéralogiques. Des granites, calcaires, grès, gneiss, brèches et conglomérats sont donc repris sous l’appellation générique de granit. Malgré leurs différences géologiques, tous les granits sont reconnaissables grâce à la présence de grains de cristaux mais aussi à leurs effets pervers sur le casque d’un CRS. A gauche (si j’ose dire) sur cette photo de Jean Pottier il s’agit des pavés de Mai 68.

Je ne vous étonnerai pas en vous disant que ma préférence va au granite de Kersanton de la rade de Brest, très fin et très Site naturel protegedur – Gris bleuté. D’autres vont préférer le granite de Le Saint (56) plutôt blond; alors que certains vont apprécier Le gris de Moulin-Mer gris blanc. Et que dire du granite rose: La côte de Granit(e) rose s’étend de Trébeurden au sémaphore de Ploumanac’h. Vieux de 300 millions d’années, ce massif tire sa couleur du fort pourcentage de feldspath potassique qu’il contient. Heureusement pour l’office de tourisme, Ploumanac’h a rejoint Perros-Guirec lors de la création de la municipalité, en 1790. Toutes ces nuances se retrouvent dans les œuvres de vallée 02nos sculpteurs qui peuplent aujourd’hui la vallée des saints sur la colline de Quenequillec à 230 m d’altitude, dans la commune de Carnoët (Côtes-d’Armor). Car en effet, comme le dit Emile Vaillant, lui même sculpteur sur granite: «  La Bretagne a taillé dans le granite ses calvaires et ses saints et ceux-ci sont immortels ainsi que les dieux de l’Egypte antique. Ce n’est ni sur la pierre commune, ni sur l’airain, ni même sur le marbre, que les peuples doivent écrire leurs noms s’ils veulent le faire en caractères ineffaçables : c’est sur le granite, qui ne prend les empreintes que lentement et à force de peine, mais qui les garde.»

Et voila, Bloavez mad ha yech’ed mad d’an holl. Portez vous bien et à l’année prochaine peut-être.

Le chant des oiseaux…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la pyrotechnie à l’italienne et des ortolans à la provençale réunis, bonjour ! En ce Samedi 29 décembre 2018, outre le fait que nous approchons du moment fatidique où nous allons basculer vers 2019, nous honorons le 9è jour de nivôse du calendrier Républicain, jour consacré au Salpêtre (du latin Sal Petrae -le sel de la pierre). Le salpêtre, vous le mélangez à un peu de souffre et du charbon de bois et vous obtenez la poudre à canon. Ensuite, chacun fait ce qu’il veut…

Pour ma part, je vous invite à célébrer le jour anniversaire de la naissance de Pablo Casals. D’abord parce que j’adore le violoncelle et puis parce que j’aime beaucoup le personnage pour son engagement enCasals-300x200 faveur de la République et de la liberté, contre les dictatures, en particulier celle de Franco en Espagne. lors de la guerre civile, il va soutenir les républicains espagnols et va s’exiler en 1939. Apôtre de la paix, il était également un défenseur acharné de la Catalogne; dès 1933, il refuse de jouer en Allemagne; après guerre, il ne donne plus de concerts pour marquer sa désapprobation du laxisme de la communauté internationale envers le régime politique de Franco.

« Quand j’étais en exil, après la guerre civile, j’ai souvent fini mes concerts et festivals avec une vieille chanson populaire catalane qui est réellement une chanson de Noël. Elle s’appelle El Cant dels ocells, «Le Chant des Oiseaux ». Depuis lors, la mélodie est devenue la chanson des réfugiés espagnols, pleins de nostalgie »

— Pau Casal

C’est en 1887, âgé de onze ans, que le petit Pablo, après avoir étudié la musique auprès de son père dès l’âge de 5 ans au piano et avoir joué du violon, de l’orgue et de la flûte, tombe littéralement amoureux du violoncelle. Si son père a une chaire d’organiste à El Vendrell ville du berceau familial, celui-ci a toujours été pablo-casals Gfarouchement opposé à ce que son fils puisse avoir une vie de miséreux comme pouvait l’être à l’époque celle de la plupart des musiciens. Mais, dès l’âge de douze ans, le petit Casals touche ses premiers cachets en jouant régulièrement au Café Tost de Barcelone, l’endroit le plus à la mode du moment. Alors qu’il avait fait un premier voyage en 1912 à Saint-Petersbourg, à l’annonce de la Révolution Bolchevique en octobre 1917, il décide de ne jamais remettre les pieds dans ce pays tant que les principes fondamentaux de la démocratie ne seront pas établis.

Allez, encore un effort, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Il pleut, il pleut, bergère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la mistoufle et des restos du cœur réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 28 décembre 2018, 8è jour de nivôse que les républicains avaient dédié au fumier, allez savoir pourquoi, justement le jour où l’on célèbre les saints innocents mis à mort par Hérode d’Ascalon…

Le jour du fumier ! Vous, je ne sais pas mais moi je me suis souvent demandé d’où venait cette imagination débordante du calendrier républicain. L’un des auteurs, si ce n’est le seul, s’appelait Fabre d’Eglantine, écrivain, poète, théâtreux et, moins révolutionnaire qu’opportuniste. Forcément, quand on s’appelle Eglantine, on ne va pas donner aux jours des noms d’oiseaux… Il présenta ce calendrier à la Convention Nationale en octobre 1793… Il perdit la tête un an plus tard, au sens 12Aude-eglantine-300x270propre, en compagnie de Danton. C’est à lui que nous devons la célèbre ritournelle: « Il pleut, il pleut, bergère ». C’est sans doute ce côté poète qui le conduisit à doter les jours de noms champêtres et bucoliques aussi improbables que ceux la. Né à Limoux, dans les Corbières, le 28 août 1755, et baptisé sous le nom de François Fabre, il ajoute «d’Églantine» à son nom en souvenir d’une églantine d’argent qu’il aurait remportée dans sa jeunesse à l’occasion d’un concours de poésie organisé par l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse. Joli garçon mais paresseux, instable et vaniteux, il acquiert un petit succès avec l’immortel tube: Il pleut, il pleut, bergère qui est une chanson tirée de l’opéra-comique en un acte Laure et Pétrarque, écrit par lui en 1780. La bergère à laquelle la chanson fait référence est en fait la reine Marie-Antoinette d’Autriche. Elle aimait à jouer les bergères au hameau de la Reine dans le parc du château de Versailles. L’orage pourrait être une allusion très précoce aux troubles qui conduisirent à la Révolution française… Oyez cette version surprenante interprétée par Nino Ferrer.

Sous la révolution, il va se lier avec Marat et Danton; certains diront que par ses écrits incendiaires, il porte une responsabilité dans le déclenchement des massacres des 2 et calendrier3 septembre 1792. Député à la Convention, il assure le secrétariat de Danton au ministère de la Justice. Participant à l’entreprise de déchristianisation, c’est dans ce cadre qu’il compose le calendrier des Français. D’une vénalité extrême, il ne tarde pas à être attaqué par Robespierre qui va se servir de lui pour faire tomber Danton. Il sera guillotiné en compagnie de celui-ci et Camille Desmoulins le 5 avril 1794. Que n’est-il resté à Limoux à célébrer les charmes de la blanquette…

Allez, merci à vous de vous arrêter un instant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Libertaires du monde entier…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la procrastination et du trot monté réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 décembre 2018 et c’est le 7è jour de nivôse dédié à l’humus.

Le 27 décembre justement, en 1821, naissance de Joseph Déjacque, à Paris. Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant « libertaire » (mot dont il est l’inventeur semble t-il). Orphelin de son père, il est élevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839,Dejacque commis de vente dans un commerce de papiers peints (chui pas sûr pour les accords). En 1841, il s’engage dans la marine, découvre l’Orient mais aussi l’autoritarisme militaire. En 1847, il commence à s’intéresser aux idées socialistes, et collabore au journal « L’Atelier ». L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l’alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Déjacque publie un poème « Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté » dans lequel il se fait le porte parole des aspirations ouvrières.

En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé « La République honnête » et les ouvriers socialisants. Le 15 mai, l’Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Les ouvriers occuperont la moitié de la ville aa-bas-les-chefsux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l’armée usant de l’artillerie, massacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur les pontons de Cherbourg et de Brest. Déjacque est parmi eux, bien qu’il n’ait pas participé directement à l’insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie « Les Lazaréennes, fables et poésies sociales » qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d’amende. En 1855, il signe le manifeste inaugural de l’A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit « l’Humanisphère, utopie anarchique », et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon où apparaît pour la première fois un vocable de l’invention de Joseph Déjacque, ‘‘libertaire’’. L’objet polémique en est le statut social de la femme, sujet alors largement débattu. Proudhon assignait aux femmes le rôle de mère au foyer se consacrant à sa famille, soumise à l’époux dans un couple monogamique 220px-Le_libertaire_25rigide (le mariage chrétien laïcisé), peu instruite et interdite de participation à la vie publique. En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l’amnistie. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864. « Privilégiés! – pour qui a semé l’esclavage, l’heure est venue de récolter la rébellion. Il n’est pas un travailleur qui, sous les lambris de sa cervelle, ne confectionne clandestinement quelques pensées de destruction. Vous avez, vous, la baîonnette et le Code pénal, le catéchisme et la guillotine; nous avons, nous, la barricade et l’utopie… » In: l’Humanisphère, utopie anarchique. Sources : Ephémérides anarchistes.

Voila pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Stephen’s day…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la celtitude et de la Smithwick’s réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 décembre 2018, sixième jour de Nivôse dédié à la lave. C’est aussi le jour de la St Etienne, « Stephen’s day » pour les ultra-manchots. Tiens, à ce propos, le lendemain de Noël chez nos cousins d’Irlande, du Pays de Galles ou de l’île de Man subsiste encore la tradition de la « la an dreolinChasse au Wran » ou le « Roitelet ». Faut-il rappeler que le roitelet est l’oiseau sacré des druides avec qui il partage le nom d’origine Dryw en Gallois et Drew en breton. Les irlandais lui ont donné le nom de « druide des oiseaux » Dreoilin; d’où le nom de cette fête: là an dreoilin. Les gens se déguisent avec des vieux vêtements et se peignent le visage, portent des chapeaux de paille et voyagent de maison en maison avec des chants, de la musique et en dansant. Naguère en Irlande, les jeunes garçons et les hommes connus sous le nom de «The Boys Wren» allaient dans les bois. Ils chassaient et tuaient un roitelet, puis faisaient un défilé avec l’oiseau mort à travers la ville au sommet d’un mât décoré. C’était d’une délicatesse désarmante, non ?

L‘origine ce cette tradition est bien entendu très controversée. Il semblerait (c’est ainsi qu’on me l’a contée dans un pub de images15Dublin) que dans un lointain passé, des soldats irlandeirlandais tentèrent d’attaquer un camp Viking mais leur plan fut déjoué grâce ou à cause de roitelets (l’oiseau) qui en piquetant du bec sur les tambours alertèrent les Vikings. Dès lors, le roitelet fut connu sous le nom de l’oiseau du diable. Les garçons roitelet chantaient cette chanson traditionnelle à chaque maison:

Le wran, le wran
le roi de tous les oiseaux
le jour de la saint Etienne
il a été capturé dans les ajoncs
avec la bouilloire et vers le bas avec la casserole
me donner un sou pour enterrer le wran.

Cette tradition, quoique en voie de disparition et surtout, de folklorisation, peut encore être vue dans certaines villes et boys wrenvillages en Irlande. Les garçons Wren marchent dans les rues vêtus de costumes traditionnels (généralement quelque chose fabriqué à partir de paille) au rythme des tambours et ils s’arrêtent devant les bars en jouant de la musique traditionnelle. (cela me rappelle le Mardi Gras à Douarnenez; sauf que nous on s’arrête dans les bars même quand c’est pas la fête…). L’argent qui est perçu est reversé aux œuvres de charité et bien sûr le roitelet n’est plus tué, les garçons Wren marchent avec un oiseau factice.

Et voilà pour ce lendemain de fête. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En souvenir de Souvenance (Jean)…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des « cénobites tranquilles » et des sœurs Tatin réunis, bonjour! Bon ben, voila, c’est Noël… Donc nous sommes le Mardi 25 décembre 2018, cinquième jour de Nivôse dédié au gilet lagerfeldchien? Tous les ans à pareille époque je me demande si je dois ouvrir la boutique. Cela fait partie des questions existentielles que se pose le blogueur qui se veut quotidien: être ou ne pas être, beurre ou confiture, fromage ou dessert, socialiste ou de gauche… En vérité, je fais un petit tour histoire de vérifier que la boutique est bien fermée et que les choses sont bien à leur place; car avec tout c’qu’on voit et tout c’qu’on entend; faut pas s’étonner que des gens s’habillent en jaune et campent sur des ronds-points…

A cette époque de l’année, j’ai toujours une (libre) pensée pour Jean Souvenance, de son vrai nom Serge Grégoire. Il était né à Antrain (Ille-et-Vilaine). Employé, puis chef de bureau à la préfecture, il collabora sous son pseudo à de nombreuses publications anarchistes : Le Semeur, La Voix souvenancelibertaire, L’idée libre, L’unique, Ce qu’il faut dire… Militant pacifiste, il fut membre du Comité directeur de la Ligue internationale des combattants de la paix puis fonda, après la Seconde Guerre mondiale, le Parti pacifiste internationaliste. Auteur de nombreux livres ou brochures, il a coordonné la publication d’une Anthologie des écrivains pacifistes en deux volumes. Au moment de son décès, c’était un 25 décembre en 1962, à Saint-Brieuc, il était président de la Fédération de la Libre Pensée des Côtes-du-Nord. Qu’il repose dans la paix qu’il souhaitait si ardemment.

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Et voila pour les vœux, que je vous adresse avec grand plaisir. Je n’ai rien trouvé d’autre qu’une photo de ma fiancée sur les remparts enneigés; c’est un peu kitch je le reconnais. Allez, je m’arrête là pour aujourd’hui. N’hésitez pas à passer faire un tour, c’est ouvert même pendant les vacances. A vrai dire, j’ai deux douzaines de Belon qui attendent sagement dans leur goëmon que je veuille bien m’en occuper. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mon âme, mon âme, où m’entraines-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 24 décembre 2018, 4è jour de nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai posé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… Écrire c’est une façon de sabots-dans-la-cheminee-1196715089-1149832-300x251parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon qui, au delà de ses engagements politiques et de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont portés par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage. P’tin, on se croirait sur France-culture…

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et laAragon dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour la guerre. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes. Et, quand cette écriture est mise en musique par Hélène Martin, ça donne ce joyau…

Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-sœur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. C’est à elle que l’on doit cette superbe citation: « J’ai appris que pour être prophète, il suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets). Aragon devient simple journaliste à aragon-et-ristat-300x225L’Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

O gehl an heu !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la nature naturante et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 décembre 2018, deuxième jour de Nivôse dédié à la houille. Lors du druidesolstice d’hiver, les druides contemporains ne fêtent pas Yule comme dans les pays nordiques, mais Alban Arthan (la lumière de l’ours). L’année celto-druidique commence en effet au solstice d’hiver avec la cérémonie de la Modra Necht, fête qui est marquée par la « cueillette du gui ». A chaque fois que le druide officiant coupe une touffe de gui, il s’écrie : « O Gehl an Heu ! » qui signifie « Le blé lève ! ». Cet usage maintenu tout le Moyen-âge fut mal compris de la foule qui traduisit par « Au Gui l’An neuf ! », amusant, non ?

J’évoque le solstice d’hiver et la tradition druidique mais, les Francs-Maçons aussi fêtent les Solstijanus1-248x300ces notamment celui d’hiver ou Saint-Jean d’hiver (l’évangéliste). Dans La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, Oswald Wirth note : « Jean l’Evangéliste personnifie la lumière crépusculaire du soir, celle qui embrase le ciel lorsque le soleil vient de disparaître sous l’horizon (…)  On lui attribue l’Apocalypse, qui, sous prétexte de dévoiler les mystères chrétiens, les masque sous des énigmes calculées pour entraîner les esprits perspicaces au delà des étroitesses du dogme. Aussi est-ce de la tradition johannite que se sont prévalues toutes les écoles mystiques, qui, sous le voile de l’ésotérisme, ont visé à l’émancipation de la pensée. N’oublions pas, enfin, que le quatrième évangile débute par un texte d’une haute portée initiatique, sur lequel Yules’est longtemps prêté le serment maçonnique. Au début était le verbe… » Dans sa grande volonté de récupération, l’église chrétienne apostolique et romaine a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux Jean en choisissant ces personnages parce qu’ils ont le même nom, et en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination. Et les feux d’Alban Arthan ont été remplacés par les guirlandes de l’union des commerçants et la bûche de Noël… Quelle misère madame Michu.

Bon, c’est l’occasion ou jamais de vous dire joyeuses fêtes, portez vous bien et à bientôt… Peut-être.

Là-bas dans les monts d’Arrée…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 21 décembre 2018, premier jour de Nivôse dédié à la tourbe. C‘est aussi le Solstice d’hiveNivoser, précisément à 23h 22. Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des peuples qui, par dépit s’habillent en jaune. Quelques évadés fiscaux qui trouvent que l’herbe est plus verte chez le voisin. Quelques patrons du CAC 40 qui continuent de se verser des salaires indécents. Quelques prévaricateurs de basse extraction. Quelques golden boys endimanchés. Quelques concussionnaires avides. Quelques traders perfides et quelques gougnafiers sans étiquettes… Merde, ça commence à faire du monde !

La tourbe donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été pendant longtemps la principale production du Yeun Elez, cette zone marécageuse située au cœur des Monts d’Arrée (Finistère) sous le regard vigilant de nos géants de granite: Roc’h Trevezel, Roc’h Trédudon, Menez Kador. La légende situe ici même, au cœur de ces tourbières, les portes de l’Enfer: Le la-tourbeYoudig. Voici ce qu’en dit Anatole Le Braz dans « La légende de la Mort »:  « On dirait, en été, une steppe sans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer. On y marche sur un terrain élastique, tressé d’herbes, de bruyères, de jonc. A mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambes et, lorsqu’on arrive au cœur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les « conjurés ». Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles ».

Depuis trente ans que l’on tente le démantèlement de la centrale de Brennilis… Elles sont peut-être là, les puissancLankou-210x300es invisibles. « Sant Mikêl vraz a oar an tu d’ampich ioual ar bleizi-du » ( Le grand saint Michel sait la manière d’empêcher de hurler les loups noirs ) allusion à la chapelle Saint-Michel de Braspart qui domine le Yeun Elez. Voila ce que l’on répond à ceux qui ont eu le malheur de s’égarer dans le marais et qui disent avoir entendu hurler les chiens de la mort. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier. Bref, que des trucs vachement rigolo…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’absurde c’est Dubillard…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 décembre 2018, dernier jour de frimaire dédié à la Pelle. Ce qui réfute une fois pour toutes l’idée qui voudrait que ce soit le 18 juin qui mérite cette appellation. La pelle du dix huit Juin, c’est absurde…

A propos d’absurde, justement, évoquons un maître en la matière: Dubillard était un génie dans son genre, un de ces artistes qui manient la langue avec brio et confrontent le spectateur à l’absurde de sa propre vie. On sort de ses textes le sourire aux lèvres mais dubillard 2vaguement inquiet : et si Dubillard, mine de rien, avait tout compris de tout ? Voici comment le présentait Télérama : « Imaginez un homme au visage impassible avec des faux airs de Richard Burton jouant les clowns tristes, au phrasé lent et hésitant, presque timide, emportant son interlocuteur dans une spirale de mots où l’on peut se perdre puis, sans prévenir, avec un petit plissement des yeux, portant l’estocade en disant : « Mais je suis un auteur comique ». Alors, vous aurez une vague idée de ce Roland Dubillard, auteur parmi les auteurs mais se situant dans les hauteurs de cette confrérie pléthorique. »

 

Il était le maître d’un théâtre placé sous le signe du loufoque, drôle, léger en apparence. (Il faut l’avoir vu dans les films de Mocky…) Bien plus profond, voire effrayant pour peu qu’on se perde dans les méandres de son langage jouant de tous les dérèglements. Connu pour ses Diablogues, suite de saynètes incongrues dubillardreprises régulièrement, Roland Dubillard demeure l’auteur d’une œuvre traversée par le sentiment de la fuite des mots et de l’existence, de la solitude et de la mort. Une mort qui l’a emporté au mois de décembre en 2011, à l’âge de 88 ans. L’ »effaré prodigieux », comme l’appelait Poirot-Delpech, s’était tellement mis en marge du monde et des mots qu’il avait fini par l’être aussi de lui-même : en 1987, un accident vasculaire cérébral l’avait privé de l’usage de ses bras et de ses jambes.

Putain d’AVC, je m’en sors plutôt bien ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.