Des Canuts aux gilets jaunes…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la méthode Coué et du risotto de praires réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 Novembre 2018, quatrième jour de Frimaire, dédié à la nèfle. Vous n’allez pas me croire mais, dans certains calendriers, ce quatrième jour de frimaire est consacré à Saint Pourçain; moine qui aurait laissé son nom à la commune de St- Pourçain-sur-Sioule dans le Les-Deux-Clochers-Saint-Pourçain-2013-300x300département de l’Allier. J’ai une tendresse particulière pour ce vin de pays qui mériterait une meilleure réputation, notamment le rouge. On le trouve à des prix très raisonnables et son assemblage de Gamay et de Pinot noir, alors que le blanc est vinifié à partir du Tressalier, lui donne cette légèreté agréable. Saint Pourçain fut ermite bien entendu. C’est à partir du VIe siècle que l’on trouve des traces de la ville dans l’histoire lorsque Porcianus ou Purcianus ou encore Portien, un ancien porcher dit-on, devint abbé d’un monastère établi à une date inconnue sur cette petite hauteur dominant la rivière.

Tout à fait autre chose.

Le 21 novembre 1831, éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle va se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le Drapeau-canutsdrapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique. Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini.

 

Ils sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence canuts_revolte_p-300x197internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué.

En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette canuts-gauchefois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation.». Et alors, 180 ans plus tard… A vous de juger !

En attendant qu’on prenne les fourches, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un commentaire

  1. isabelle

    Vous évoquez  » Les Canuts  » aux gilets jaunes d’ A. Bruant mais du même sur YouTube interprété par Patachou  » Aux frais de la princesse  » ne serait-ce pas  » les députés  » Au pognon ? Toujours d’actualités le bel Aristide.
    Désolée je ne sais pas comment transmettre un lien.

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