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Gwin ar c’hallaoued zo mad…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la liberté de conscience et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 novembre 2018, 26è jour de brumaire dédié à la pistache. Notons au passage que ce fruit, riche en nutriments mais pauvre en calories n’offre que des avantages. Il contient des bons acides qui permettent de réduire le mauvais cholestérol; ses produit-pistache-californie-300x222antioxydants font merveille contre le stress, et j’en connais qui vont en avoir besoin… On me susurre à l’oreille que ce jour est aussi celui de la saint Emilion. J’ouvre une parenthèse pour noter que c’est toujours à l’oreille que l’on entend me susurrer. Je pose la question: Pourquoi ne me susurrerait-on pas ailleurs qu’à l’oreille ? Oui je sais, on se rapproche de la date fatidique où il va falloir faire semblant d’aimer le Beaujolais nouveau. Qu’à cela ne tienne, je préfère le Saint Emilion entre autre parce que le bougre était breton. Oyez son histoire, non sans avoir auparavant dégusté ce Tri Yann du meilleur cru: une version de « Gwin ar Challaoued ». On dit que cette chanson était entonnée par les Bretons qui s’en allaient piller les caves françaises pour leurs vins réputés.

Emilianus naquit à Vannes au début du VIII ème siècle. Laïc, il se signala dès sa jeunesse par sa charité et son attention envers les pauvres. Le Comte de Vannes l’engagea comme intendant de sa maison. Il fut très vite en butte aux lazzis comme dit Brassens et se décida à l’exil. Sur son chemin vers St Jacques de Compostelle il est accueilli par Martin, un abbé bénédictin du Saintonge qui l’engagea à devenir moine. A nouveau il fut la cible des envieux, c’est Don Mabillon, lui même Bénédictin et historien au 17è siècle qui le raconte. Emilianus décida dès lors de se retirer saint-emilion-11638-18_w1000pour vivre une vie d’anachorète. Que n’a t-il choisit les cénobites ! Il s’arrêta dans la forêt de Combes et cet ermitage est aujourd’hui devenu la ville de Saint Emilion. L’ermite s’installa dans une des grottes et y fixa son oratoire. Mais, la sainteté attire et une fois de plus le saint se vit recherché. On venait le voir, lui poser des questions, l’entendre et se convertir. Enfin, il se résolut à fonder un monastère et il y mourut en 767. L’église de Saint Emilion, monolithe, creusée dans la pierre est peut-être ce qu’il en reste. Vous connaissez la suite, quand il y a des moines, il y a des vignes, fussent celles du seigneur, elles donnent aujourd’hui quelques grands crus à faire pâlir un saint homme.

Allez, yec’hed mat, portez vous bien et à  bientôt peut-être.