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En sortant de l’école…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’école émancipée et du veau jardinière réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 08 octobre 2018, 17è jour de vendémiaire dédié à la citrouille. Il y a quelques jours, le 05 Oct., se déroulait la journée mondiale des enseignants. Le 8 octobre 1966 voit la mort d’un grand pédagogue, pacifiste, syndicaliste et libertaire, je veux parler de Célestin FREINET.

Il était né 70 ans plus tôt dans les Alpes-Maritimes et s’était très vite dirigé vers l’enseignement. En 1912, il entre à l’école normale d’instituteurs de Nice. Il est mobilisé en 1915 et gravement blessé en octobre 1917. Dès 1924, il introduit une imprimerie dans sa petite classe rurale et collabore à des journaux comme « l’école émancipée » qui rendent compte de ses travaux. Il met au point une pédagogie celestinpopulaire fondée sur le respect des enfants (expression libre notamment). En 27, il crée avec un petit groupe d’enseignants, la coopérative de l’enseignement laïc. C’est ce groupe qui va produire le film de Yves Allégret « la pomme de terre » avec les frères Prévert comme acteurs. Pris pour cible par l’extrême droite, il sera poussé à la démission en 34. C’est à Vence qu’il va ouvrir « l’école Freinet » avec sa compagne Elise. L’arrivée du front populaire va lui permettre de poursuivre ses recherches et l’école accueillera en 37 de jeunes espagnols victimes de la guerre. Arrêté en 40 il est interné dans divers camps du sud de la France avant d’être assigné à résidence. Il rejoint le maquis FTP de Briançon et animera le comité départemental de libération de Gap. C’est le film de Chanois, « l’école buissonnière » qui va populariser le mouvement Freinet mais il faudra attendre 1964 pour qu’il soit reconnu par les autorités.

Après sa mort, sa compagne Elise poursuivra la gestion de l’école jusqu’en 1981 puis, leur fille Madeleine reprendra le flambeau jusqu’en 91, date où l’école rejoindra le giron de l’éducation nationale. J’ai eu le bonheur de côtoyer Paul le Bohec (ci-dessous en photo) compagnon historique de Célestin et Elise Freinet; il a su me faire partager sa passion pour une éducation libre, émancipatrice et respectueuse de l’enfant. Quand on assiste aux coups qui sont portés aujourd’hui au service public de l’éducation, on mesure tout le travail de ces grands Le Bohecanciens. En effet, au cours des débats concernant l’école, on entend surtout les protagonistes faire preuve de surenchères quand au nombre de postes qu’il conviendrait de créer ou la couleur de l’uniforme à faire porter par nos chères têtes blondes. Je n’entend guère de propositions relatives à une pédagogie ouverte, active, offrant à l’enfant toutes les possibilités d’exprimer sa personnalité. Pour ne pas conclure, je veux juste citer une chercheuse qui a travaillé les méthodes Montessori: « Aujourd’hui l’école donne à faire à l’enfant des taches indignes de son intelligence. Il faut être plus ambitieux. Lors des trois premières années de sa vie, l’enfant se lève seul, il apprend à marcher, à parler sa langue, et il apprend cela tout seul sans aucun maître. Et nous, pour les trois prochaines années de sa vie, en maternelle, nous lui proposons comme programme d’apprendre les 26 lettres de l’alphabet et de compter jusqu’à 30.»

Maintenant, c’est vous qui voyez… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.