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Le cénobite en goguette…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’Internationale ouvrière et  du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le  Jeudi O4 octobre 2018 mais, je n’y suis pour rien. Ce treizième jour de vendémiaire était généralement le jour du potiron pour nos amis républicains. Quand à notre police républicaine, il a suffit qu’elle apprenne la démission de son ministre de l’intérieur pour remettre la main sur celui qui s’était fait la belle spectaculairement il y a quelques temps (Redoine Faïd) pour le coup, c’est lui qu’ils vont remettre à l’intérieur.

Le 4 octobre 1816 est aussi le jour qui va voir la naissance de Eugène POTTIER, pottierpoète , Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez. Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez (29), le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu,on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son œuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur.

Eugène Pottier était ce que l’on appelle un goguettier, terme aujourd’hui oublié qui désignait les membres des goguettes ces sociétés chantantes d’où sont  issues de nombreuses chansons très populaires. La plus célèbre de toutes les goguettes est sans nul doute La lice chansonnière goguette parisienne qui a vu naître j’irai revoir ma Normandie, Le temps des cerises ou chansonniersl’Internationale. Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870 puis s’engage activement auprès de la Commune dont il sera élu pour le 2ème arrondissement. Il parviendra à s’enfuir en Angleterre puis ira s’installer aux États-Unis d’où il organisera la solidarité pour les communards. Après l’amnistie de 1880, il rentre en France et continue de publier ses poèmes mais c’est bien sûr l’Internationale mis en musique par Pierre de Geyter en 88 qui lui vaudra une renommée mondiale. Même si cette chanson fut récupérée par l’URSS, elle garde sa coloration libertaire. Comme quoi, on peut être en goguette et soucieux du bien être de ses semblables.
« Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni Tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes,
Décrétons le salut commun. »

Ces goguettes qui ont prospéré en France jusqu’au début des années 1900 et qui portaient le nom de Gais pipeaux, Lice chansonnière, Les bergers de Syracuse, ou la Muse rouge ont goguettegénéré de nombreux « chefs-d’œuvres » c’est ainsi que l’on doit au goguettier Lillois  Alexandre Desrousseaux le fameux « p’tit Quinquin ». Ici une représentation d’une soirée à la Lice chansonnière par Daumier. Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et ou il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie. Anecdote: En 1910, Lénine qui vit à Paris, assiste au N° 49 de la rue de Bretagne à une goguette révolutionnaire à La muse rouge…

Tiens, j’aperçois un Clynelish qui me tend les bras, la distillerie capte son eau dans le torrent Clynemilton Burn et la maturation en fûts de chêne ne dure pas moins de quatorze ans. Le temps de m’en bourrer une petite et je vous poste ça.