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François-Henri Jolivet, chansonnier.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 31 octobre 2018, 10è jour de brumaire dédié à la charrue… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un chansonnier libertaire qui fit les belles heures de La Muse rouge. En voici un court portrait qui va venir s’accrocher aux cimaises de notre galerie.

 
Fils d’un ferblantier et d’une giletière, François-Henri Jolivet travailla dans une imprimerie, dans un atelier puis comme livreur. Mais sa passion pour la chanson l’emportait : dès l’âge de dix-sept ans, il chanta ses compositions dans les cafés concerts du boulevard Sébastopol. Il participa à une association de chansonniers de Montmartrechansonniers amateurs, La Bellevilloise et fut dès 1901 membre du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires avec notamment Sébastien Faure, F. Mouret, Le Père Lapurge, Paul Paillette, etc.. Jolivet qui fut longtemps livreur, tirant une voiture à bras, composait ses chansons en arpentant les rues de Paris et les écrivait pendant ses haltes. Pendant la Première Guerre mondiale, il entra dans le groupe La Muse rouge, dont j’ai souvent parlé ici, où, par dérision, il chantait habillé en poilu. Jolivet était un habitué des fêtes, des organisations et des journaux ouvriers, particulièrement de ceux qui maintenaient l’esprit pacifiste comme la Patrie humaine.

En mai 1930 il fut nommé membre du Comité directeur de La Muse Rouge aux cotés notamment de J.P. Monteil, Robert Bernard Fredy, Guérard, Toziny , Thulerelle, Coladant et Jane Monteil. En 1931, comme la majorité des chansonniers libertaires de la Muse rouge, il s’opposera à l’adhésion du la muse rougegroupe à la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) qui venait d’être fondée et était contrôlée par les communistes. Ce refus entraînera une censure et un boycott de la Muse par les organisations proches du PC. Son œuvre comporte près de sept cents chansons ou monologues, parfois popularisés par les voix de Marguerite Greyval, Musidora et Édith Piaf. Cette dernière le soutint pendant ses dernières années alors qu’il était devenu presque invalide et aida à la publication de son œuvre sous le titre : Chansons sociales et satiriques, Paris, 1956, avec une préface d’Henri Poulaille.

« PAPIERS A CUL

Un jour souffrant et tout pâle
D’une colique autoritaire,
Je me suis servi de mon livret militaire.la vache enragée
N’allez pas m’accuser ici
De façon trop peu délicate,
Ils usent à peu près ainsi
De leurs traités, les diplomates. » (…)

Au début des années 1950, à près de 80 ans, il monta encore à Montmartre pour y chanter dans une soirée organisée au « Tire-bouchon » par les amis du chansonnier libertaire Henri Chassin. A sa mort le 31 octobre 1955 à Paris, F.H. Jolivet était le doyen de La Muse rouge. Il a été incinéré au Père Lachaise le 4 novembre accompagné de nombreux amis libertaires. Sources : Dictionnaire international des militants anarchistes. Ephémérides anarchistes.

Bon, et bien voila pour ce début de semaine, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Brésil: Les fascistes ont des p’tites bites…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis du contrepet et de la vache-qui-rit réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 30 octobre 2018, 9è jour de brumaire dédié à l’alisier (un coup a en faire des tonnes).

Au Brésil, le fasciste (n’ayons pas peur des mots) Bolsonaro vient d’être élu avec plus de 55% des suffrages sur une participation de plus de 79%. Président de la République en janvier prochain, le représentant de l’Internationale brune est soutenu par la Bourse, les sectes chrétiennes, la pègre et les bolsonaro afficheorganisations réactionnaires. Durant la campagne présidentielle, il a multiplié les déclarations racistes, sexistes et homophobes. Il a affiché son christianisme le plus rétrograde et sa nostalgie de la dictature militaire au Brésil. Ses nervis ont fait le reste envers les progressistes, comme au pire temps des chemises brunes en Allemagne avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Oui, bon, d’accord, comparaison n’est pas raison. Mais, rappelez vous: en France, le patronat et les forces de l’argent disaient « Hitler plutôt que le Front populaire ».

Et chez nous madame Michu ? Souverainiste, populiste, eurosceptique ou même europhobe, parfois ouvertement raciste et xénophobe, l’extrême droite en Europe a plusieurs visages. Son principal moteur, dans les dernières années, a été la crise migratoire et la lutte contre l’Islam, sauf en Espagne, où les mouvements d’extrême droite ont regagné en visibilité à la faveur de la crise catalane en militant pour l’unité du pays. La multiplication des conflits dans le monde et l’arrivée de milliers de migrants dans différents pays européens a eu pour effet milicescollatéral l’intensification d’un sentiment anti-immigration, sur lequel surfent les groupes d’extrême droite. Un gouvernement de coalition est en vigueur en Italie : il allie le mouvement populiste 5 étoiles et le mouvement souverainiste de la Ligue du Nord, qui flirte avec les idées d’extrême droite. Présence d’un candidat d’extrême droite au second tour des élections présidentielles autrichienne et française, montée du parti d’extrême droite allemand AfD au Bundestag… l’avancée de mouvements d’extrême droite se confirme en Europe. Le 8 avril, le parti ultranationaliste Jobbik s’est adjugé un cinquième des voix aux législatives hongroises, remportées à près de 50 % par une droite (Fidesz) de plus en plus proche de l’extrême droite. Outre l’Italie, l’extrême droite participe en Autriche, en Finlande et en Bulgarie à un gouvernement de coalition.

Même si on en parle peu, ce qui se passe en Croatie est assez inquiétant. Tant du point de vue démocratique qu’européen. On connaissait Viktor Orban en Hongrie, le très catholique Parti Droit et Justice en Pologne… Un nouveau pays membre de l’Union européenne vient de basculer dans la droite extrême. En effet, Le nouveau gouvernement croate est proche de l’Opus Dei, compte des ministres révisionnistes et intégristes. A des-soldats-de-l-armee-bresilienne-fouillent-un-resident-lors-d-une-operation-conjointe-a-la-favela-cidade-de-deus-a-rio-de-janeiro-le-7-fevrier-2018_6019550propos du Brésil, demandons à Noam Chomsky ce qu’il en pense: « Bolsonaro se présente comme un autoritaire dur et brutal et comme un admirateur de la dictature militaire, qui va rétablir « l’ordre ». Bolsonaro affirme qu’il ne connaît rien à l’économie, laissant ce domaine à l’économiste Paulo Guedes, un ultralibéral, produit de l’École de Chicago. Guedes est clair et explicite sur sa solution aux problèmes du Brésil : « tout privatiser », soit l’ensemble de l’infrastructure nationale, afin de rembourser la dette des prédateurs qui saignent à blanc le pays. Littéralement tout privatiser, de façon à être bien certain que le pays périclite complètement et devienne le jouet des institutions financières dominantes et de la classe la plus fortunée. Guedes a travaillé pendant un certain temps au Chili sous la dictature de Pinochet.» Ô peuple infortuné, que n’as-tu de mémoire ! Si cela peut vous consoler; comme disait Wilhelm Reich: Les fascistes ont des petites bites…

Voilà, et mon kiné voudrait que je garde le moral… Allez merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Esquisse d’une morale…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 octobre 2018 et en ce huitième jour de brumscorsonere-geante-noire-de-russieaire nous célébrons, non pas la narcisse mais la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est pourtant connue depuis fort longtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, admirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit pour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671.

Pour ma part, je voulais évoquer Jean-Marie GUYAU. Poète et philosophe libertaire. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise.Élevé par sa mère, Augustine Tuillerie, jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est tour-de-France1-241x300l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » publié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno. Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.

Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure »,  et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais guyauc’est surtout à ses derniers ouvrages Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction  (1884) et l’Irreligion de l’avenir (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ». Pierre Kropotkine  s’y réfère également dans La Morale anarchiste, allant même jusqu’à faire de Guyau le « jeune fondateur de l’éthique anarchiste », éthique qu’il définit comme « la science de la morale des sociétés ».

Voici une citation qui mérite qu’on s’y arrête un instant et qu’on y réfléchisse à deux fois avant de trimballer sa poussette à la manif pour tous: « Le jour où les religions positives auron220px-Jean-Marie_Guyau_-_Moralet disparu, l’esprit de curiosité cosmologique et métaphysique qui s’y était fixé et engourdi pour un temps en formules immuables sera plus vivace que jamais. Il y aura moins de foi, mais plus de libre spéculation; moins de contemplation, mais plus de raisonnements, d’inductions hardies, d’élans actifs de la pensée; le dogme religieux sera éteint mais le meilleur de la vie religieuse se sera propagé, aura augmenté en intensité et en extension. Car celui-là seul est religieux, au sens philosophique du mot, qui cherche, qui pense, qui aime la vérité » Jean-Marie Guyau, L’Irréligion de l’avenir, 1886

Allez c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Qui veut gagner des Milliau?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’apathéia* et du ris de veau aux morilles réunis, bonjour ! En ce Samedi 27 octobre 2018, 6è jour de brumaire, comme l’a souhaité Fabre d’Eglantine, nous célébrons l’Héliotrope. Il vous reste 65 jours avant de crier « Bonne année » à votre voisine de table qui en terminera avec son troisième éclair au chocolat.  *C’est la tranquillité de l’âme d’après Origène.

Les bretonnants eux, vont célébrer Milliau: Roi ou  Comte de Bretagne, à l’époque on disait Duc, auxallée couverte alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor(22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milretableliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte (Ici à droite). Encore un qui ne devrait pas tarder à rejoindre la vallée des saints à Carnoët. A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’Etats: La Domnonée au Nord de l’Armorique,approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ci-dessus à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi lecalvaires plus beaux de Bretagne, par contre, le potier, installé sur la même place, n’est pas des plus commerçants. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre saint pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dix petites anarchistes…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la propédeutique et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi  26 octobre 2018, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

J‘évoquais hier le temps libre dont je disposais, à l’insu de mon plein gré et que je consacrai en partie à la lecture, faute de pouvoir m’adonner à la cueillette des champignons. Après m’être régalé avec le dernier opus des passagers du vent (Bourgeon), j’ai plongé tête la première dans le récit romancé de Daniel de Roulet: Dix petites anarchistes aux éditions Buchet Chastel. AnarchisteNouveauQuel plaisir d’y retrouver Bakounine, Malatesta, Louise Michel, Nathalie Le Mel… Nous sommes en Suisse à la fin du vingtième siècle. A Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une industrie horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, tout plein de l’ardeur de la Commune de Paris, éveille l’idée qu’une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l’autre bout du monde, une communauté où règnerait « l’anarchie à l’état pur ». Valentine, dernière survivante des « dix petites anarchistes », nous fait le récit de cette utopie en acte qui les conduit de Suisse en Patagonie jusqu’à Buenos Aires, en passant par l’île de Robinson Crusoë. L’extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de « se réjouir de l’imprévu sans perdre la force de s’insurger ». Une sorte d’espèce de genre de road movie à déguster sans modération.

Allez, vive la sociale, à bas les calottes, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les passagers du vent…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du club des poètes disparus et du Waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 Octobre 2018, quatrième jour de brumaire dédié à la betterave. En Bretagne armoricaine, on célèbre Goueznou, saint homme qui a laissé son nom à une commune finistérienne (Gouesnou).

Comme vous le savez, si vous suivez attentivement les chroniques du cénobite, je suis assigné à résidence depuis plusieurs semaines suite à un ennui de santé. Mais bon, à quelque chose malheur est bon comme disait mon aïeule qui avait un proverbe pour chaque Couv_344648situation. Je profite donc de cette sédentarité forcée pour refaire mon retard en matière de lecture. Au rayon BD je viens d’avaler avec voracité le dernier François Bourgeon: Le sang des cerises chez Delcourt. Dans Rue de l’abreuvoir, premier tome du Sang des cerises, on retrouve Zabo, la quarantaine toujours aussi rebelle, qui se fait appeler Clara. Elle se prend d’amitié pour Klervi, une jeune bretonne venue tenter sa chance dans la capitale, quelques années après la Commune de Paris. Fidèle à l’esprit de la série, François Bourgeon mêle la grande histoire à la fiction, racontant le quotidien des « petites gens », et surtout de femmes éprises d’indépendance.

Au travers Le Sang des cerises, troisième et dernier cycle des Passagers du Vent, François BoKlerviurgeon ressuscite une époque oubliée et fait le lien avec La Petite Fille Bois-Caïman grâce à Zabo qui s’appelle désormais Clara. Dans un Paris qui vient à peine d’amnistier ses Communards et qui accompagne Vallès au Père-Lachaise, ce nouvel album est l’occasion d’un voyage sur lequel plane l’ombre de Hugo. Clara va se prendre d’amitié pour Klervi, une jeune bretonne « montée à Paris ». Une fois encore, le perfectionnisme de Bourgeon nous séduit. Tout simplement magnifique.

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Y have a dream…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la philosophie transcendantale et du waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 octobre 2018 qui correspond au troisième jour de brumaire qui fut dédié à la poire, ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par tropYa bon fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa Louise McCauley Parks. L’idée m’en est venue en voyant cette actu d’un gros porc raciste à bord d’un vol Ryanair qui insulte sa voisine au seul motif qu’elle est noire. Que croyez vous qu’il advint? Le personnel de la compagnie, au lieu d’expulser cet ignoble individu à demander à la dame de changer de fauteuil. Nous sommes en 2018 mon vieux Martin!

Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demanROSA PARKSde de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiers rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin. Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles. Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se KKKsouvient des fontaines publiques réservées aux Blancs… Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ici à droite, une marche du KKK) La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt pendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Ku Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs.

Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer. Elle est décédée le 24 busoctobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un hommage public. Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations… A Yaoundé, capitale du Cameroun, une avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes a été créé il y a quelques années.(a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. »

A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits. Bon allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être

Maréchal, nous voilà…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 23 octobre 2018, deuxième jour de Brumaire, dédié, qui l’eut cru, au céleri. En ces temps troublés où les fanatismes religieux tentent de s’engouffrer dans les failles de la République, évoquons Sylvain Maréchal.

C’était un écrivain, poète, pamphlétaire français, précurseur de l’anarchisme. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et développe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Belle utopie non ? Très vite, ses critiques du pouvoir absolu et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses œuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il marechalsubstitue aux saints des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire. Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la révolution française et défend les pauvres, tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Il ne prend pas parti dans le conflit entre les Girondins et les Jacobins et s’inquiète du tour pris par la révolution. Sa rencontre avec Babeuf et sa conjuration des Égaux, va en faire l’un des précurseurs du mouvement libertaire et l’un des premiers anarchistes. Publiant de manière anonyme après son emprisonnement de 1788, Sylvain Maréchal échappe ainsi aux poursuites judiciaires et peut écrire jusqu’à sa mort. Sylvain Maréchal, « l’homme sans Dieu », est sans doute l’un des plus fervents partisans de l’athéisme durant la Révolution.

Bon, il faut bien le reconnaître, c’était aussi un fieffé misogyne et on lui doit un projet de loi pour interdire d’apprendre à lire aux femmes. En effet,  nous sommes au temps où l’affirmation « tous les hommes naissent libres et égaux en droits » ne concernait pas encore les femmes! Dans Fragments d’un poème Défense-dapprendre-à-lire-aux-femmes-179x300moral sur Dieu (1780), il remplace le culte de Dieu par celui de la vertu et la foi par la raison. Il parodie la Bible dans Livre échappé au déluge (1784) et s’attaque à la religion qu’il considère comme un instrument des gouvernements oppressifs et un moyen d’exploitation sociale et économique. Dans le journal « Révolutions de Paris » dont il est rédacteur en chef, Sylvain Maréchal conduit une virulente campagne anticléricale. Athée tolérant, il consacre la fin de sa vie au développement de l’athéisme en lui donnant ses lettres de noblesse avec le Dictionnaire des Athées anciens et modernes (1800).

Voilà, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale; je ne sais pas moi; bosser un peu par exemple ! Ah, ils sont vraiment pas drôles ces retraités. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le grand Georges…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 22 octobre 2018, 1er brumairejour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra ! Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur. Originaire de Cette (aujourd’hui, on écrit  Sète), petit port du Languedoc, le futur poète « monte » à Paris en février 1940. Il trouve asile chez sa tante Antoinette et apprend la musique sur son piano.

Anarchiste et pacifiste de cœur, il est indifférent au contexte dramatique de l’époque. En 1943, il est envoyé dans un camp de travailleurs à Basdorf, près de Berlin, au titre du STO. Il s’enfuit un an plus tard, à la faveur d’une permission, et se réfugie chez Jeanne et Marcel Planche, au 9, impasse Florimont (14e arrondissement). Il y restera 22 ans. Pour Jeanne, il écrit La cane de Jeanne et pour Marcel, qui tient un bistrot dans la rue d’Alésia voisine, sa plus célèbre brassenschanson : L’Auvergnat. Pour sa compagne Pupchen, rencontrée en 1947 et à laquelle il restera toujours fidèle, il écrit aussi La non demande en mariage. Ayant abandonné le piano pour la guitare en 1951, il multiplie les auditions sans succès. Au bord du découragement, le 24 janvier 1952, il obtient enfin sa chance grâce à la chanteuse Patachou qui l’a pris en affection et, malgré son trac, accepte de le produire dans son cabaret de Montmartre. La consécration vient deux ans plus tard, le 23 septembre 1954, à l’Olympia. Il va mourir en octobre 1981. Il est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, non pas au cimetière marin de Sète où est enterré Paul Valéry, mais au cimetière du Py, juste au-dessus de l’étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le ramassis » car c’est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer.

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oh, la belle vie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du piano-bar et du Mojito réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 20 octobre 2018, vendémiaire touche à sa fin, et c’est le jour dédié à l’orge. Je saisis l’occasion de l’anniversaire de la disparition de cette grande pianiste et chanteuse de jazz, pour vous en parler un peu et surtout, vous inciter à vous procurer un de ses disques.

Avant d’être découverte par Miles Davis, Shirley Horn apprend le piano dès l’âge de quatre ans. Elle doit renoncer à étudier à la Julliard School de New-York, la très réputée école de musique, faute de moyens. Elle suit donc les cours de la Howard University de Washington. Elle chante dans des clubs et signe en 1961 l’album Embers and Ashes. Miles Davis la repère et lui Horn pochettepermet de signer un contrat avec Mercury. Elle enregistre alors le disque Horn with horn. Dans les années 1960, elle décide de faire une pause dans sa carrière pour s’occuper de sa fille. Elle revient en 1978 avec l’album A lazy afternoon avec comme musiciens le contrebassiste Buster Williams et le batteur Billy Hart. Elle eut son propre groupe dans le milieu des années 50 et enregistra de nombreuses sessions pour Mercury Records, souvent avec des musiciens de bop. Pendant des années elle passa beaucoup de son temps en Europe où ses performances dans le monde du cabaret connurent un succès énorme. En 1981, elle participe au Jazz festival de La Haye où elle triomphe et sort les disques I thought about you, puis Close enought for love. Dans deux albums, elle rend hommage à Ray Charles et à Miles Davis. Avec sa voix rauque et son timbre subtil, Shirley Horn, la Diva Jazzy, marque résolument l’histoire du jazz américain. Son album du shirley Horn Gmilieu des années 90 The Main Ingredient fut une inspiration lumineuse, créant une atmosphère détendue de jam-session avec des musiciens d’exception. Cet album a été enregistré en 5 jours, alors qu’elle préparait la cuisine pour ses invités-musiciens. Elle nous a quitté un 20 octobre en 2005. Je vous propose de l’apprécier dans sa fameuse interprétation de the good life puis prenez quelques secondes pour écouter Sacha Distel en 1968 dans, la belle vie. C’est d’ailleurs Sacha Distel qui l’a composée en 62 puis refilée à Tony Bennet qui en à fait un tube repris par Sinatra, Sarah vaughan, Sammy Davis, Petula Clark, Ray Charles et tant d’autres, mais j’avoue que j’ai une tendresse particulière pour la version de Julie London. Affaire de goût…

Voila, j’ai aussi sous le coude la version Gérard Darmon…Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.