Monsieur Pointu, s’il vous plait…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du subtil distinguo et de la cuisse de grenouille réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 7 juin 2018 dix neuvième jour de Prairial dédié au tilleul dans le calendrier républicain et jour anniversaire de la mort de Paul CORMIER alias monsieur Pointu…

Le nom et la silhouette du célèbre violoneux ont fait le tour de la planète depuis 1970. Mais si on remonte un peu plus loin, on constate que le musicien qui a donné naissance à ce personnage était déjà actif sur la scène musicale depuis au moins trois décennies. Adolescent, il faisait déjà danser la famille et la parenté lors de noces et autres soirées familiales au milieu des années trente, avec un premier violon fabriqué par son père. Par la suite, pointu Dtout en occupant différents métiers, Paul Cormier apprend la guitare et chante les chansons à la mode qu’il entend à la radio, sur les ondes de stations lointaines. C’est ainsi que le bluegrass et la musique hillbilly viennent s’ajouter aux airs folkloriques qu’il a appris au contact de musiciens de son entourage. À 17 ans, on le retrouve parmi les invités de l’émission musicale numéro un à Québec: Les Montagnards Laurentiens. Il y participe fréquemment jusqu’à ce qu’on le convoque pour servir dans l’armée canadienne, en 1942.  Démobilisé à la fin de la guerre, il s’installe dans la région de Chicoutimi où sont déménagé ses parents et travaille à la fonderie d’Arvida. Toujours aussi passionné de musique, il perfectionne son jeu, participe comme principal invité à une émission intitulée L’Écho des chantiers à la station CBJ de Radio-Canada à Chicoutimi et forme bientôt un duo avec son frère Aurèle.

Paul ne délaisse pas le violon pour autant et se mérite le titre de Champion violoneux des quatre comtés (Lac Saint-Jean, Chicoutimi, Charlevoix et Saguenay) en 1950. De retour à Québec, il emporte le premier prix d’un concours d’amateurs tenu au Colisée de Québec ainsi que la grande finale qui se tient un peu plus tard à Montréal. Désormais il s’oriente définitivement vers une carrière instrumentale. Ajoutant de nouvelles cordes à son bagage musical, il apprend la contrebasse. Cet instrument est très en demande dans la seconde les raquettes Gmoitié des années cinquante et lui permet d’accompagner plusieurs artistes comme Roger Miron, Léo Benoit. Il séjourne un certain temps aux Etats-Unis de 1965 à 1967, période au cours de laquelle il se joint au groupe Joe Mayo and His Ramblers. Un tournant majeur attend le musicien au mois de mai 1970. Gilbert Bécaud, qui prépare une tournée au Québec, est à la recherche d’un violoneux pour accompagner une nouvelle chanson qu’il veut intituler « La vente aux enchères ». Le chanteur auditionne alors plusieurs instrumentistes mais il recherche précisément quelqu’un qui ait de la facilité pour l’improvisation tout en lui donnant la réplique sur le plan vocal. Son choix se porte sur Paul Cormier et les deux hommes entreprennent aussitôt de créer un personnage facilement reconnaissable que l’on identifie dès son entrée en scène. C’est ainsi que naît Monsieur Pointu: chapeau melon, chandail à col roulé et une immense fleur à la boutonnière de son veston. Il accompagnera le Monsieur 100 000 volts du music-hall français pendant plusieurs tournées, dont deux tournées mondiales qui les mèneront sur les cinq continents, entre 1970 et 1978. Il faut avoir écouté au moins une fois « viens dans les bois » ou encore « L’un dans l’autre on est heureux ». Mais aussi ce titre inclassable et unique en son genre « Ote tes raquettes & embarque dans mon char ». Tout en se produisant avec ses musiciens réguliers, le violoneux continue de répondre aux nombreuses invitations des artistes qui ont recours à ses services. En 1997, il se rend participer à un nouvel enregistrement de Gilbert Bécaud, à Enghien-les-Bains, en France, et tous les deux se retrouvent sur la scène du nouvel Olympia, à Paris, pour la réouverture officielle de la salle du Boulevard des Capucines, en novembre 1997.

Voila pour aujourd’hui, un peu de poésie dans ce monde de brute…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. Robert Spire

    « Monsieur Pointu, s’il vous plaît ! »…j’ai encore la voix de Bécaud dans la tête.:-)

  2. Sceptique

    Souvenir du Québec: le Char, prononcé chââr, c’est la voiture!

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