An Alarc’h -le cygne-

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjour ! Figurez vous, chers lecteurs, que ce Samedi 30 juin 2018 n’est rien moins que l’équivalent du 12 Messidor, dédié à l’artichaut. Quand on réside dans le Léon comme votre serviteur, le jour de artichautl’artichaut c’est un peu la fête nationale. Je parle du camus de Bretagne, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ». Dois-je vous rappeler que c’est aussi l’anniversaire de la disparition de Bakounine, notre maître à tous… Enfin, façon de parler, il utilisait souvent le fameux ni dieu ni maître, titre du journal de Blanqui. Mais, n’oublions pas que dans le calendrier de nos amis pataphysiciens, le 30 Juin 2018 est en réalité le Lundi 16 Gidouille 145 St Inventaire, poète fête suprême quarte.

Mon calendrier perso me suggère de célébrer Cast qui aurait laissé son nom à la jolie commune de St-Cast-le-Guildo (22). Le 11 septembre 1758 s’est déroulé en Bretagne la célèbre bataille de saint-Cast. L’action se situe pendant la guerre de sept ans se déroulant sur le continent européen mais aussi en Amérique, en Afrique, aux Indes et sur les mers, en impliquant toutes les grandes puissances européennes, cette guerre sera a posteriori considérée saint-cast-bataille-300x236par les historiens comme la première guerre mondiale ! L’épisode qui nous concerne se déroule entre Saint-Malo et le cap Fréhel. Les bretons qui depuis de nombreuses années sont écartelés entre la voisine française et la perfide Albion vont, une fois de plus, assister au match. Nous sommes en septembre, une flotte d’une centaine de navires britanniques débarque à Saint-Briac 10 000 hommes avec comme objectif d’attaquer Saint-Malo. Mais un vent de Noroît les prive du soutien de leur flotte qui doit se réfugier à l’abri de la pointe de l’Isle en Saint-Cast. Repoussée par le feu des batteries des forts malouins, l’armée britannique fait mouvement vers l’ouest, pillant et brûlant les châteaux et les fermes de la région, pour rejoindre ses navires. Les 8 et 9 septembre, avec une troupe d’une centaine de volontaires du Guildo, jacques-Pierre Rioust des Villaudrains, un bourgeois, ralentit les Britanniques, en attendant les forces du duc d’Aiguillon. C’est sous le feu français que les Britanniques sont obligés de rembarquer le 11 septembre. La bataille s’engage sur la grande plage de Saint-Cast. Les Britanniques la belle meunièrelaissent sur le terrain quelque 2 000 morts, et environ 740 prisonniers. C’est l’un des rares faits d’armes où les Français sont victorieux durant la guerre de sept ans. En revanche, l’histoire est moins flatteuse envers le duc d’Aiguillon. En effet, dans la lutte du Parlement de Bretagne contre le pouvoir royal, La Chalotais minimisa le rôle du duc dans la bataille. En faisant allusion aux relations que celui-ci entretint avec la meunière du Moulin d’Anne, où il avait établi son quartier général, le procureur général put déclarer que : « le duc d’Aiguillon à Saint Cast s’était plus couvert de farine que de gloire ». Le nom de la « Belle Meunière », figure de l’histoire castine, est aujourd’hui associé à une célèbre pâtisserie de la station…

Enfin, quelques années plus tard, on prétendit que lors de la bataille, des soldats Léonards et Trégorrois, reconnaissant dans les chants de guerre des régiments gallois leurs vieilles chansons barzazbretonnes, refusèrent de tirer contre « leurs frères celtes ». Mais là dessus, je ne prendrai pas de paris… Nous vivons déjà à cette époque la genèse de ce qui allait devenir le « bloc agraire breton » basé sur le poids de l’aristocratie légitimiste et l’omnipotence d’un clergé farouchement intransigeant, entourant une paysannerie peu éclairée, tous trois viscéralement hostiles au régime républicain. Le ciment de ce mariage de la carpe et du lapin sera la soi-disant culture bretonne dont Hersart de la Villemarqué, auteur du Barzaz Breiz sera à partir de 1815 un zèlé représentant.

Voila pour la petite histoire, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. Robert Spire

    L’idéologie du bas-coût mine nos folles espérances coeur d’artichaut.:-)

  2. An avel fol

    « Le ciment de ce mariage de la carpe et du lapin sera la soi-disant culture bretonne dont Hersart de la Villemarqué, auteur du Barzaz Breiz sera à partir de 1815 un zèlé représentant. »

    Vieux partisan de Luzel?
    Cette querelle est idéologique aujourd’hui et ridicule. Dans ce cas informez vous sur l’héritage familial de Luzel. Il est des enrichissements égoïstes qui furent d’une réelle hypocrisie sous la Révolution, un confort républicain ensuite. Et il y en a eu!
    Luzel n’a pas refusé que la légion d’honneur lui soit attribuée par La Villemarqué, et d’ailleurs ils se seraient même réconciliés ou du moins Luzel se serait du coup apaisé. Ils sont même morts tous les deux la même année.
    Moi j’aime Luzel et La Villemarqué, et pour le second ma foi l’inspiration aide à la création et c’est souvent ainsi … c’est une réussite littéraire quoique vous en disiez de façon visiblement partisane. Il n’a pas tout inventé non plus.
    A part ça , la culture bretonne d’hier doit être déformée par les idées des uns et des autres aujourd’hui ?
    Il y a un proverbe breton qui disait que celui qui se plaît à montrer du savoir montre qu’il est un âne.

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