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Le bâton à bouillie…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 juin 2018, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine et c’est la saint Marc’han (Marcan). Une légende raconte que Saint Broladre et Saint Martin, patron de Roz sur Couesnon délimitèrent leur paroisse à cheval, alors que Saint Marcan cheminait à pied. c’est la raison pour laquelle Marcan ne posséderait que 212 hectares du riche marais de Dol.

La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommée en basse-bouillie-avoine-beurre-800x532Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

Tous les chroniqueurs et historiens s’accordent pour dire que les bretons avaient une prédilection pour les jeux de bâton. Mais l’ « arracher du bâton » est aussi un jeu symbolique, car le bâton représente le pouvoir : ainsi connaît-on des scènes très anciennes dépeintes dans les églises, et pas seulement en Bretagne, où l’on bazh-yod-300x226voit un moine et un évêque lutter au bâton, mais aussi une femme et son mari, un bourgeois et un noble, etc. Le jeu, bien attesté comme jeu de veillées et d’assemblées de voisins, et qui se retrouve sous diverses formes partout dans le monde, tire probablement son origine de la nécessaire préparation journalière de la bouillie destinée à nourrir le cochon de la maison : celle-ci nécessitait l’utilisation de ces « baz-yod » ou « bâton à bouillie ».

Allez voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 19 juin 2018, premier jour de Messidor dédié au seigle dans notre calendrier républicain. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa messidorpolysémie.Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ? Si j’évoque Blaise Pascal c’est qu notre Blaise était né un 19 juin en 1623 du côté de Clermont; aujourd’hui on dit Clermont-Ferrand; mais il est vrai que Ferrand a acquis pas mal de notoriété ces temps ci. Mais bon, je ne vous invite pas à parier sur l’existence ou non de Dieu car, comme disait mon aïeule, qui avait la sentence à la bouche comme d’autres ont le cœur sur la main: dans un pari il y a toujours un con et un perdant… Non car, disait Bakounine: si vraiment Dieu existait ? Il faudrait s’en débarrasser…

Aujourd’hui donc, en notre basse-Bretagne, ceux qui n’ont rien de plus urgent à faire, vont célébrer santez Riwanon. Elle, elle avait parié depuis fort longtemps sur l’existence du grand architecte; il faut dire qu’elle était la  sœur de saint Urfol et de saint Rivoaré et la Houarvian-213x300bienheureuse maman de Houarneau (Hervé), né aveugle et devenu saint, et dont je vous ai parlé il y a quelques temps. Après la mort de son époux, Houarvian le barde, (ici paparazzité au télé objectif) elle renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, elle alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine (ils étaient tous saints dans la famille). C’est à cela que l’on distingue les cénobites des anachorètes; ils veulent bien s’ensevelir dans la solitude mais, pas tout seul… Faut pas déconner non plus. J’ai d’ailleurs retrouvé trois de ces ferventes compagnes qui interprètent Gousperou ar Raned (les vêpres des grenouilles):

Le chant est un dialogue entre un enfant et un maître (un druide pour de La Villemarqué). Le maître demande à l’enfant ce qu’il souhaite savoir, ce à quoi l’enfant lui demande la première strophe (une « série » pour de La Villemarqué). Le maître chante la première strophe, puis repose la question. L’enfant demande alors la deuxième strophe. Le maître chante la deuxième strophe puis répète la première strophe. Puis l’enfant demande la troisième strophe et ainsi de suite. Le chant se déroule avec ces répétitions des statue des soeursprécédentes strophes déjà chantées, jusqu’à ce que la douzième strophe soit chantée. Simple comptine pour les enfants, exercice pour entraîner la mémoire, ou véritable leçon druidique ? A moins qu’il ne s’agisse d’un reste de calendrier préchrétien ?  Mais revenons à Riwanon; or donc, elle s’y forma un ermitage avec des rameaux d’arbres, et y persévéra dans l’abstinence et l’oraison. Elle mourut saintement (evel just) le 19 juin de l’an 535 vers 17h selon le médecin légiste. Son fil Hervé qui était revenu pour l’occasion, l’inhuma avec piété et respect dans l’oratoire où elle avait passé tant d’heures dans la prière. C’est maintenant l’église paroissiale de Lanhouarneau. Ceci étant, si vraiment vous êtes à court d’idées, rappelez vous que Le 19 Juin 2018 est en réalité le Jeudi 5 Gidouille 145 St Ugolin, mansuet d’après le calendrier de pataphysique.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Karrig an Ankou…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’écologie et du point de croix réunis, bonjour ! Nous voici le Lundi18 juin 2018, mais rassurez vous, je ne vais pas en remettre une couche sur l’appel du grand Charles. En vérité, c’est le trentième et dernier jour de Prairial consacré au chariot (avec un seul « r ») cela fait partie des mystères de la langue française… D’ailleurs, le Conseil Supérieur de la langue française, recommande l'ankoul’orthographe charriot avec deux « r ». En effet, pourquoi en mettre deux à carrosse, charrue, charrette, carriole et un seul à chariot ?  D’ailleurs en Breton, on en met deux à Karrig. Mon aïeule, dont je vous ai si souvent parlé, avait le don inné de la pédagogie active. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la faible lueur de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les Bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

Et bien, l’Ankou est venu chercher un immense guitariste de Blues et de Rock: Matt Murphy. Il est connu pour être le guitariste des Blues Brothers. The Blues Brothers est le nom d’un groupe de blues composé des comédiens Dan Aykroyd et John Belushi et de quelques-uns des plus grands musiciens de la musique soul. C’est matt & Johnégalement le titre d’un film sorti en 1980, racontant l’histoire fictive de ce groupe. En 1980, le film devenu culte  réalisé par John Landis, sort sur les écrans de cinéma, avec les apparitions d’Aretha Franklin, James Brown, Cab Calloway, Ray Charles, John Lee Hooker, Carrie Fisher, Frank Oz, Steven Spielberg, John Candy, Joe Walsh, Pinetop Perkins, Chaka Khan et Paul Reubens. Il se déroule à Chicago et dans sa région. Matt Murphy lui, est né en 1929 à Sunflower, Mississippi. Mais c’est à Chicago, où il alla s’installer en 1952 et qu’il entama sa longue association avec Memphis Slim, que sa carrière débuta. Son sens du rift blue aux accents rock and roll lui valut de jouer avec les plus grands noms du blues comme Chuck Berry, Ike Turner, Etta James, Memphis Slim, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Willie Dixon. Quand à John  Belushi, devenu cocaïnomane, il meurt à Hollywood d’une surdose de speedball en mars 1982.

Voila pour débuter cette semaine. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Vas-y Frankie…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du pain perdu et de la liberté retrouvée réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 16 juin 2018 soit le 28è jour de prairial et c’est le thym-bio-150x150jour du thymus que des paresseux ont pris l’habitude de nommer le thym. Cette plante de la famille des lamiacées est aussi nommée, serpolet et, dans le sud, les occitans  disent farigoule. Le thym est utilisé depuis fort longtemps et pas seulement sur les côtes de bœuf. Je m’en suis servi l’autre soir pour aromatiser des langoustines rôties flambées au whisky. Attention, des vraies langoustines du Guivilnec, élevées sous la mer, un vrai régal.

Dans la nuit du 16 juin 1816, les poètes Lord Byron et Percy Shelley devisent avec leurs compagnes respectives, Claire et Mary, ainsi qu’un ami, le docteur John Polidori, dans une grande villa des bords du lac Léman, en Suisse. En raison d’un été exceptionnellement pourri, consécutif à l’éruption d’un volcan en Indonésie, cela fait plusieurs jours qu’ils ne peuvent sortir… Pour passer le temps, les mary_shelley-241x300jeunes gens entament un concours d’histoires macabres sur une suggestion de Lord Byron : « We will each write a ghost story » (« Nous allons chacun écrire une histoire de fantôme »). C’est ainsi que la maîtresse de Shelley, Mary Godwin (19 ans), raconte l’histoire du docteur Victor Frankenstein, qui tenta de créer la vie à l’égal de Dieu. L’histoire lui est inspirée par la vie d’un alchimiste allemand du siècle précédent, Konrad Dippel. Elle prend forme dans les jours qui suivent, après que la jeune fille a passé quelques nuits cauchemardesques. Elle débouche sur la publication deux ans plus tard du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne, l’un des grands mythes de l’Occident contemporain et une mine intarissable pour les scénaristes du septième Art.

Épilogue tragique, la suite est obscurcie par des drames en série. Harriet, la femme légitime de Percy Shelley, se suicide, n’en pouvant plus des frasques de son génie de mari. Le poète se remarie avec frankeinsteinMary Godwin le 30 novembre 1816. Il meurt en mer le 8 juillet 1822, à 30 ans, au large de La Spezia (Italie), et est incinéré sur la plage, d’une manière très romantique, en présence de son ami Lord Byron. Ses cendres seront inhumées à Rome. Lord Byron, quant à lui, mourra de maladie le 19 avril 1824, à 36 ans, en participant à la défense de Missolonghi, aux côtés des Grecs. Mary Shelley décédera beaucoup plus tard, le 1er février 1851, à 54 ans, à Londres, d’une tumeur au cerveau. Elle aura eu deux enfants de son tumultueux mariage avec Percy… en sus du monstre du docteur Frankenstein. Sources: Fabienne Manière sur le site Hérodote.net.

Pour ma part, j’ai un faible pour le papa de Mary, William Godwin, penseur et théoricien anglais, considéré comme l’un des précurseurs de l’anarchisme. D’abord pasteur dissident, il abandonne la religion et publie, en 1793, « Enquête sur la justice politique », œuvre philosophique qui contient les principales bases politiques et économiques de l’idéal libertaire. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La reine du scat.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la vérité toute nue et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 15 juin, 27è jour de Prairial dédié à la verveine. Pour notre part, nous dédions ce billet à la reine du scat. Bon, ce n’est pas parce que on aime le scat que l’on est obligatoirement scatophile.

Décédée un 15 juin en 1996 à Beverly-hills, elle était née au mois d’avril 1917 à Newport. Elle s’appelait ELLA FITZGERALD. Un timbre de voix remarquable, une grande capacité d’improvisation, particulièrement en scat, voila ce qui a fait son succès. Personne n’a oublié cette interprétation de « Mack the knife » d’après « l’opéra ELLAde quat’sous » (vidéo). Au cours d’un concert à Berlin en 1960, elle est victime d’un trou de mémoire. Elle poursuit en improvisant alternativement, scat et paroles inventées. Elle commence à chanter dès l’âge de seize ans au théatre Apollo de Harlem à New York. Elle commence véritablement sa carrière solo en 194. Au début, chanteuse de swing, elle aborde aussi le bebop, elle est la reine du scat, et elle a joué du blues, de la samba, du gospel, et même des chants de Noël. Ses concerts sont souvent enrichis par des imitations d’autres chanteurs; elle imite en particulier à la perfection les voix et les gestes aussi bien de Rose Murphy que de Louis Armstrong.

ELLA FITZGERALD a interprété les plus grands compositeurs comme Ella FitzCole Porter, Gershwin, Duke Ellington, avec qui elle fera une tournée fantastique en Europe. Elle a accompagné aussi bien Dizzy Gillespie que Count Basie ou Franck Sinatra. S’il fallait citer un ou deux disques de sa production, je garderai, « Porgy and Bess » et « Ella and Louis ». Mais toute son œuvre est à consommer sans modération. A la fin de sa vie, victime d’un terrible diabète, elle était devenue pratiquement aveugle et du être amputée des jambes.

Voila pour aujourd’hui, en attendant un prochain billet, portez vous bien.

Quand Zénon, Zénon !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la philosophie et de la soupe à l’oignon réunies, bonjour ! Nous voici le Jeudi 14 juin 2018, 26è jour de prairial dédié au jasmin. jasmin-300x218Avant de donner son nom à une révolution méditerranéenne (le jasmin est la fleur emblématique de Tunisie) cette plante avait conquis les parfumeurs. L’un d’entre-eux, Jean Patou, disait à propos du jasmin, qu’il fallait 10 600 fleurs pour produire une once de parfum. On dit que Cléopâtre serait allé à la rencontre de Marc-Antoine sur un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin… Il est vrai qu’elle avait du nez !

Voici pour notre galerie de portraits, un rajout qui peut surprendre tant on a pris l’habitude de situer la naissance de l’anarchisme au XIXè siècle du côté de Proudhon et de Bakounine. Mais, puisque nous sommes à la veille de l’épreuve de philo du bac, petit exerZenoncice d’école. Je fais partie de ceux qui pensent que les véritables racines sont peut-être à chercher du côté du stoïcisme c’est à dire chez ZENON DE CITIUM. Fils d’un riche marchand phénicien installé à Chypre, Zénon montre dès sa jeunesse un goût pour la philosophie. Son père lui achète, au cours de ses voyages, des traités socratiques. Il vient à Athènes en -312, et devient l’élève de Cratès de Thèbes qui comme chacun le sait, animait l’école dite des cyniques, de Stilpon, de Xénocrate et de Diodore Cronos. (après ça, Michel Onfray peut aller se rhabiller).

Après avoir étudié différents systèmes philosophiques, il décide de fonder sa propre école et il choisit le portique appelé Pœcile (le portique peint), qu’on nommait aussi Pisianactée ; le premier de ces noms fut donné au portique, à cause des diverses peintures dont Polygnote l’avait enrichi. Sous les trente tyrans, mille quatre cents 332px-Zeno_of_Citium_in_Thomas_Stanley_History_of_Philosophycitoyens y avaient été mis à mort. Zénon, voulant effacer l’odieux de cet endroit, le choisit pour y tenir ses discours. Ses disciples y vinrent l’écouter, et furent pour cette raison appelés stoïciens (de stoa : portique), aussi bien que ceux qui suivirent leurs opinions. Après ça, vous pouvez vous présenter à « questions pour un champion ». Il devient rapidement très populaire au point que les Athéniens lui élèvent une statue de bronze, lui remettent les clefs de la citadelle et lui offrent une couronne d’or. Zénon est à mes yeux le premier anarchiste utopique de l’ancienne Grèce et aussi un précurseur important de l’anarchisme que nous connaissons aujourd’hui. Dans « Le bois tordu de l’humanité », Isaiah Berlin -ed Albin Michel- décrit les propos de Zénon comme suit : « Les hommes sont raisonnables, ils n’ont pas besoin d’être commandés; les êtres raisonnables n’ont aucun besoin d’un État, ou d’argent, ou de lois, ou de n’importe quelle vie organisée et institutionnelle. Dans la société parfaite, les hommes et les femmes porteront des vêtements et l’alimentation par un pâturage commun sera identique.« 

À 71 ans (dans certains écrits, il est question de 98), victime d’un accident, il décide de mettre fin à ses jours. Aucun de ses ouvrages ne nous est parvenu, nous n’avons que leurs titres, rapportés par Diogène Laërce, et quelques fragments dans des compilations. Le Stoïcisme doit beaucoup aussi à Sénèque (le style est le vêtement de la pensée. Dans lettre à Lucilius) ou encore à Epitecte et même à l’empereur Marc-Aurèle qui fut l’un de ses ardents propagandistes.

Bon, je ne suis pas sûr d’avoir mon bac avec ça mais, après tout, pour un jeudi matin, c’est pas mal. Dois-je vous rappeler chers visiteurs, que vos commentaires sont les bienvenus; ils m’aident à faire un peu le tri dans ce bric à brac qu’est ce blogue. Allez, portez vous bien, restez stoïque et à demain peut-être.

Chez Laurette ou chez Marie-Rose…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du Rythm and Blues et du maquereau vin blanc réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 13 Juin 2018, 25è jour de Prairial dédié à wild-bill-300x225la tanche, il n’est donc pas trop tard pour s’en payer une…Vous connaissez dorénavant ma tendresse particulière pour le saxo et ceux qui en jouent. Voici un salut tout particulier à l’un d’entre eux qui fût sans doute le premier à enregistrer un disque de Rock et dont le titre est resté dans l’histoire: « We’re gonna rock, We’re gonna roll ». Il s’agit de WILD BILL MOORE, né à Houston au Texas en 1918, c’était un 13 juin. Il est décédé en 1983 à Los angeles.

Son tout premier disque, il l’a enregistré avec Christine Chapman qui n’était autre que la femme de Memphis Slim. On lui doit aussi d’avoirjuke box collaboré au désormais mythique « What’s Going on » de Marvin GAYE. Chacun se souvient du fameux « Rock around the clock » et de la reprise tout aussi fameuse que l’on doit à Bill Haley et qui fit sa réputation après la sortie du film « graine de violence » en 1955. Ce morceau, emblématique de la série « Happys days » a été enregistré en 1952 et marque sans doute le début du succès que va connaître le Rock. Et bien, « We’re gonna rock » date lui de 1948… Sur 33t.

En France à la même époque, Boris Vian et son ami Henri Cording (qui deviendra célèbre sous le nom de Henri Salvador) tente d’implanter le rock face à la variété. Je me souviens que dans les années 60, sur le jukebox de «chez Marie-rose», sur le port, à douarenez-029-300x189Douarnenez, il y avait surtout de la chanson française: Brel, Brassens, Aznavour… Mais on y trouvait quelques perles made in USA, Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley. C’était avant que la pop music débarque. Ah, le jukebox de Marie rose… Nous on écoutait « dans le port d’Amsterdam » en buvant un rouge lim’ tout en refaisant le monde. Parfois passait Georges Perros à peine débarqué de son invraisemblable moto et on se rapprochait de lui comme dans le cercle des poètes disparus. En règle générale ça se terminait à cinq mètres de là, chez « Micheline » café restaurant de la rade.

Bon allez, c’est pas tout, j’ai mon lait qu’est su’l’feu… Portez vous bien, à bientôt peut-être et n’oubliez pas, vive le p’tit commerce.

Les beaux jeudis…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la liberté d’opinion et du caille-lait réunis, bonjour ! Hé oui, car nous sommes le Mardi 12 juin 2018 et donc, le 24 de prairial, journée du caille-lait, drôle de plante de la famille des rubiacéescaille-lait (appelée aussi gaillet) qui doit son nom au fait qu’elle possède une enzyme qui fait cailler le lait. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse.  Voici une très belle photographie d’un papillon encore appelé Sphynx du caille-lait.

On dirait une leçon de choses.
Enfant, je fréquentais l’école communale de garçons, rue Victor Hugo à Douarnenez. C’est d’ailleurs la seule école que j’ai réussi à fréquenter vraiment. Le maître d’école faisait tous les mercredis après-midi « leçon de choses ». Car à cette époque là, le mercredi b9ab7b4587c4cb78509c8bf764428501--old-time-radio-baby-brothersc’était le jeudi, vous suivez… Le jeudi, lorsque le temps était mauvais (ce qui est évidemment extrêmement rare en Bretagne) on se retrouvait autour de la TSF pour écouter « Les beaux jeudis » émission animée par Alain Saint Ogan (l’inventeur de Zig et Puce) et Arlette Peters; il devait y avoir aussi Jean Nohain. Donc, lorsque le temps le permettait, la leçon de choses se déroulait en extérieur et, avec trois bouts de ficelle le maître nous faisait découvrir les lois de la nature. c’était une double leçon tendant à faire apprendre à la fois une chose et un mot, un fait et son expression, un phénomène et le terme qui le désigne, et par extension toute une classe de phénomènes et toute une classe de mots qui les expriment.

Petits veinards que vous êtes, je vous glisse un dessin de Flavien, intitulé « leçon de choses », paru dans Siné Hebdo du 19 Août 2009 (Etienne, encore en train de rêver ?). Revenons à nos leçons, tout leçon de chosescela c’était longtemps, longtemps, avant la télé, l’internet, l‘Ipod, l’Ipad, l’aïoli…Mais, tous ceux qui ont connu dans leur vie d’écolier l’expérimentation des vases communicants, l’examen attentif des nervures d’une feuille de chêne ou l’observation de la flamme qui s’éteint lorsqu’elle est privée d’oxygène s’en souviennent sans doute avec une certaine nostalgie. Ce sont ces « leçons de choses », emblématiques de l’école primaire républicaine, qui manquent peut-être aujourd’hui aux programmes de  l’éducation nationale.

C‘était, mes très chers frères, la leçon de choses de ce Mardi. Bon, c’est pas tout ça, je dois aller faire un sort aux Caille-lait qui envahissent mes hortensias. Allez, portez vous bien et n’oubliez pas: vive le p’tit commerce.

Marc Ogeret nous a quitté…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis des amours saphiques et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! Aujourd’hui, Lundi 11 juin 2018, 23è jour de prairial, dédié au chèvrefeuille, aujourd’hui donc, à l’heure où les forces de la réaction occupent le haut du pavé et font ressurgir les vieux démons qui ont toujours constitué son fond de commerce, je voulais dire quelques mots d’un magnifique interprète qui vient de nous quitter; répondant ainsi à un commentaire de notre ami Zap pow: « Quoi ! Pas le moindre hommage à Marc Ogeret ? »

Il sera inhumé avec un œillet rouge, symbole du Paris populaire qu’il a tant chanté et aimé. Le Paris des luttes et des travailleurs, dont les chants enflammèrent la Révolution française, la Commune, le Front populaire ou la Résistance, pour ne pas remonter jusqu’à François Villon. Ogeret, c’était une gouaille, un phrasé. Un chanteur Ogeret Gde poèmes ou « à textes », comme l’on disait jadis. Beaucoup se souviennent de ses albums, notamment Ogeret chante Aragon – son plus grand succès – ou bien le magnifique Chansons contre, récompensé (pour une seconde fois en 1970, après un premier prix en 1962, par l’Académie Charles-Cros). Il remet au goût du jour les grands classiques, parfois oubliés, des chants engagés des décennies passées, comme « La Marseillaise anticléricale » ou le superbe « Gloire aux soldats du 17e », en mémoire de ce bataillon de soldats qui refusa, en 1907 à Béziers, de tirer – sur ordre du ministre de l’Intérieur et président du Conseil, Georges Clemenceau – sur des vignerons en proie à la misère (ces soldats seront ensuite déportés en Tunisie dans un bataillon disciplinaire).

Né en 1932, il arpente la rive gauche dès les années 1950, d’abord aux terrasses des cafés de la Contrescarpe, de la rue Mouffetard et bientôt dans des cabarets, comme chez Georges rue des Canettes, àmarc-ogeret_exact1024x768_p la Vieille Grille ou à la Colombe, enchaînant des textes de Seghers, Ferré, Genet, Aragon… Il est vite repéré pour sa voix, son talent et ses chansons militantes, et Brassens le fait passer en première partie à Bobino en 1965. Très actif durant les années 1970 et au-delà, proche du PCF avec une teinte libertaire, il chante régulièrement à la Fête de l’Huma, dans les rassemblements syndicaux, tout en étant lui-même un infatigable pilier du Syndicat des artistes-interprètes. Il enchaîne au cours des décennies suivantes récitals et tournées, à Paris au théâtre Dejazet ou au Sentier des Halles, mais aussi à travers la France, la Suisse, la Belgique, le Canada ou jusqu’en Égypte.

Son vaste répertoire comprenait des chansons d’amour ou de marins, d’Aristide Bruant, de Félix Leclerc ou Jean Vasca, mais surtout les grands textes de la Résistance ou de la Commune de Paris, à laquelle il consacre un album (de nouveau récompensé par Ogeret jeunel’Académie Charles-Cros). Il reprend aussi « la Butte rouge », et certaines chansons longtemps censurées comme « Le Déserteur » durant la guerre d’Algérie ou « La Chanson de Craonne » des poilus et mutins de la Grande Guerre. C’est donc une figure de la chanson populaire et du Paris révolutionnaire, entre poètes, troubadours et musiciens-interprètes, qui vient de s’éteindre. Il laisse plus d’une vingtaine de disques, à l’instar de Chansons de révolte et d’espoir (1973) dont le titre résume en quelque sorte la couleur et le timbre de ses tours de chant. Sources: recension de différents articles de presse.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Enterre mon coeur à Wounded Knee…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’allégorie et de la soupe à l’oseille réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 09 juin 2018, 21è jour de prairial, habituellement dédié au barbeau. C’est le jour anniversaire de la mort de COCHISE, grand chef indien qui résista à la colonisation blanche. Il fut, de 1861 à 1872, dans le sud-est de l’Arizona, le plus célèbre chef de guerre de sa tribu (les Chiricahuas) et unifia la nation apache avec Geronimo.

Il fut le chef du groupe Chokonen de la tribu Apache Chiricahua et ne fut pas, dès le début, hostile aux blancs. Il commença à se battre contre eux en 1861 à cause d’une gaffe commise par le cochiselieutenant George Bascom de l’armée américaine. Cette année-là, Cochise et quelques-uns des siens se rendent chez les soldats pour se disculper d’un enlèvement d’enfant dont on les accuse. (Plus tard, on apprit qu’une autre bande d’indiens l’avait capturé). Ils sont alors traité en prisonniers. Cochise s’échappe mais le lieutenant fit pendre les indiens qui l’avaient accompagné. Dès lors, Cochise rejoint Mangas Coloradas pour combattre les blancs. Vers la fin de 1861, les soldats quittèrent la région de Chiricahua, pour partir à la guerre dans l’Est. Bascom mourut plus tard au cours d’une bataille, fauché par une boule de canon. Pendant dix ans Cochise effectuera des raids contre les ranches isolés, les mines, les diligences et les soldats américains, qui le feront entrer dans la légende de la résistance indienne. En 1865, la guerre de Sécession mangasétant terminée, de nouvelles forces militaires sont envoyées dans l’Ouest pour en finir avec la guérilla apache. La troupe de Cochise, très mobile, se réfugiant dans les collines entre deux raids parvient à tenir l’armée en échec jusqu’en 1871. Après sa reddition, Cochise est sommé de conduire sa tribu dans une réserve du Nouveau Mexique. Il refuse et prend à nouveau le maquis. Au matin du 30 avril 1871(en France débute la Commune de Paris), 150 mercenaires anglais, mexicains et indiens Papago attaquèrent un camp indien endormi, où ils massacrèrent une centaine d’innocents, des femmes et des enfants pour la plupart.à gauche Mangas Colaradas.

Les survivants furent placés en esclavage. Le président américain, Ulysse S. Grant, fut indigné par cet épisode, et envoya une commission de paix en Arizona, conduite par le général Oliver Howard et Vincent Coyler. Howard arrangea également une rencontre avec Cochise à l’automne, grâce à l’intervention de Thomas Jeffords. Cochise était amer, mais réalisait qu’il menait un combat perdu d’avance. Après onze jours de négociation, le général jeffordsaccorda à Cochise une réserve sur les terres Chiricahua, avec Jeffords en tant qu’agent. En contrepartie, Cochise tint parole, son peuple vécut paisiblement jusqu’à sa mort en 1874.à droite, Thomas Jeffords. A partir de cette date, le gouvernement brisa le traité signé par Cochise et déplaça sa tribu de leurs montagnes vertes vers le désert aride de l’Arizona. Le plus jeune fils de Cochise, Naiche, et Geronimo s’enfuirent avec la tribu et se cachèrent dans les montagnes de Chiricahua. Ils réussirent à rester libres pendant dix ans, ne se rendant finalement qu’en 1886. Si vous êtes intéressé par la culture amérindienne, n’hésitez pas à lire ou à relire « enterre mon cœur à Wounded Knee » de Dee Brown chez Albin Michel. En 2007 Yves Simonneau en a fait une adaptation pour le cinéma.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.