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Le plein de « FIOUL »…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’Eutonologie et du boudin aux pommes réunis, bonjour !  Nous sommes le Vendredi (diryaou e brezonheg) 18 mai 2018, 29è jour 300px-Yellow_mustard_flowerde Floréal et c’est le jour du sénevé. On devrait cultiver bien davantage cette plante en Bretagne car on dit que c’est un excellent piège à nitrates. On voit de plus en plus souvent ses fleurs jaunes en bordure de champ et, sachez qu’on la nomme aussi la moutarde blanche bien qu’ici elle serve surtout de fourrage. Ce sont ses graines qui sont utilisées pour confectionner le condiment qui est à la galette-saucisse ce que le ketchup est au hamburger…

Je m’apprêtais à dire tout le bien que je pense du deuxième roman de Stéphane Grangier lorsque je suis tombé sur cette criticature de Nyctalopes. J’aurais pas dit mieux.

« Du raffinage des matières noires à la base des littératures de même couleur, on extrait des produits de viscosités diverses. Le contenu du gros baril (et la couleur d’icelui) de Stéphane Grangier, intitulé Fioul, ne prendra donc personne par surprise. Il s’agit là du deuxième roman de l’auteur, après Hollywood-Plomodiern paru chez Goater NoirStephane-Grangier en 2014, un road movie foutraque et West Coast, c’est-à-dire terminant en butée dans le Cap-Sizun finistérien (dont l’auteur est bien plus proche sentimentalement) au lieu que dans les canyons qui entourent la Cité des Anges. Quelques-uns des lecteurs de ce blog auront peut-être entendu parler de cette maison d’édition rennaise dont les Nyctalopes ont déjà chroniqué des romans (Thierry Paulin, Marek Corbel) ou un recueil collectif (Sandinista ! Hommage à The Clash), dans lequel Paulin, Corbel et Grangier se côtoient car, à Rennes, on écrit et on publie aussi en camaraderie.

Déjà manifesté dans Hollywood-Plomodiern, le plaisir de Stéphane Grangier à faire clapoter dans la même nappe bitumineuse les méandres de mecs cabossés par la vie, pas glorieux et même fumiers sur les bords, se réitère dans Fioul. S’additionnent, s’embrouillent et s’enfoncent, dans le roman, un auteur en panne fioul_def-270x388d’inspiration et de force pour parcourir le prochain mètre (à moins qu’il ne s’arrose le moral de gnôle et de poudre), pas très heureux dans ses choix féminins, des bandits manchots (du bulbe) lancés à sa poursuite, réveillés d’une congélation barbouze par un coup de fil, des flics à problèmes qui remontent la piste sanglante et, loin au dessus, des pontes noirs salauds de la finance grise. D’une préfecture sur les bords de la Vilaine, nous carburerons jusqu’à un département du Var en prise avec des vilains, proches du FN.  Pour finir, il y aura une mare où les cloques de goudron éclateront et feront sombrer les losers de droit, sinon de destin. Il est d’ailleurs difficile d’étiqueter un roman qui mélange des éléments de polar, de thriller économique et de fibroscopie biographique.

Ecrit avec une langue crue, verte, Fioul est pourtant bien d’un noir hydrocarbure. Epais également car l’auteur est généreux, ce qui parfois fait naître l’idée d’un découennage de bon aloi. Au risque de nous faire perdre les saillies de l’auteur ou les épices de poésie sale dont il a le secret, capable par exemple de ressortir un doigt d’un rectum enrobé d’effluves « sylvestres ».

Un texte noir et visqueux qui se répand inexorablement. On fait confiance à l’étanchéité de sa combinaison ou on fait demi-tour. »

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

A la St Tudon, le cénobite tient bon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Jeudi 17 mai 2018, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des buglosse-300x256Boraginaceae ce qui, vous l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

Bon, il parait que c’est la saint Thudon. Thudon était le père de  Gouesnou qui a laissé son nom à une commune non loin de mon ermitage. Or donc, à la même époque que saint Thénénan, aux alentours de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudocroix-de-st-thudon-200x300na. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez  à deux km du bourg de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao; et on désigna le lieu-dit sous le nom de St-Thudon tout cela est en Finistère evel just… Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu à St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face. Selon l’abbé Castel, cette croix est située sur un itinéraire ancien qui remontait depuis le Passage, au Relecq-Kerhuon. Selon la chronique, Thudon mourut en 665, à l’âge de 85 ans.

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vielle et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, saint Thudon fit construire un oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine lavoir-guipavas-300x220n’en continua pas moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29) dont la renommée de sa crêperie a largement dépassé ses frontières; c’est un toponyme qui désigne le « bois de Thudon ».

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Maria Lacerda de Moura…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis républicains, bonjour ! Faut-il vous le rappeler, nous sommes aujourd’hui le Mercredi 27 Mai 2018, vingt septième jour de Floréal dédié à la civette; petit mammifère plus proche du blaireau que du chat d’après Buffon.

Dans notre galerie de portraits, l’homme du jour est une femme.

J‘ai toujours eu un petit faible pour les brésiliennes, mais celle là, me plait particulièrement. Maria Lacerda de Moura poursuit des études à l’École Normale de Barbacena et devient enseignante en 1904. Politiquement, elle adhère aux idées développées par les anarchistes et en particulier, celles défendues par Francisco Ferrer Guardia, maria lacerda Glibre-penseur et pédagogue libertaire. Comme lui, elle est convaincue de l’importance du rôle de l’éducation dans le développement des individus et souligne qu’en ce qui concerne les femmes, elle est un moyen de les affranchir du poids des traditions sociales et religieuses qu’elles subissent. Elle s’engage alors dans la lutte contre l’illétrisme et œuvre pour faciliter l’accès des femmes au savoir. La création de La Ligue contre l’illettrisme constitue ainsi une concrétisation de son engagement dans ce domaine. En 1920, elle fonde à Rio de Janeiro une ligue pour l’émancipation intellectuelle des femmes qui revendique l’attribution du droit de vote aux femmes et elle est considérée comme l’une des pionnières du féminisme brésilien:

« Les prémices d’un mouvement d’émancipation se manifestent au Brésil en même temps qu’en Europe occidentale et en Amérique du Nord: le premier journal féminin, Le journal des Dames, date de 1852. quelques féministes modérées réclament le droit à l’éducation pour que les femmes puissent remplir leur rôle de mère ou pour uneMARIALACERDAWEB «question de raffinement spirituel»; d’autres, plus incisives, pour parvenir à l’indépendance économique. La bataille pour les droits civils et politiques, parfois même pour le divorce, commence, avec Bertha Lutz à la tête d’un mouvement suffragiste et Maria Lacerda de Moura qui conteste la double morale sexuelle. » Parallèlement à son engagement féministe, elle se consacre également à l’amélioration des conditions de vie des gens dans le besoin et combat en compagnie d’autres femmes pour permettre aux sans-abris d’avoir un accès au logement.

Son combat féministe se révèle ainsi également humanitaire. Elle s’installe à Sao Paulo en 1921. Elle écrit de nombreux articles dans la presse anarchiste brésilienne, argentine, uruguayenne et espagnole où elle dénonce l’oppression sexiste subie par les femmes quelle que soit leur condition sociale. La sexualité de la femme est lacerda 2l’un de ses thèmes de prédilection dont elle aborde de front tous les aspects (virginité, plaisir, maternité…), ce que peu de femmes osaient alors faire au Brésil. Enfin, elle créé la revue Renaissance en 1923. Entre 1928 et 1937, elle rejoint une communauté agricole autogérée anarchiste à Guararema, composée d’anarchistes individualistes et d’exilés ou de déserteurs espagnols, français et italiens et elle considère que cette expérience correspond à la période la plus féconde de son activité intellectuelle. Cependant, sous la pression du gouvernement de Getúlio Vargas, la communauté doit être abandonnée. Maria Lacerda se réfugie alors à Rio de Janeiro, où elle termine sa vie en poursuivant son combat et ses travaux.

Allez, voila pour ce Mercredi. En attendant un prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un cheval, une alouette…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 15 mai 2018, 26è jour de Floréal dédié au Fusain. Certains vont célébrer la naissance de François Malicet (15 mai 1843) à Nouzon dans les Ardennes. Membre du groupe  Les déshérités,  on lui doit la fameuse devise: « … et du boyau du dernier prêtre serrons la gorge du dernier flic ». Il fut tué le 7 septembre 1927 par un cambrioleur. Y’a pas de justice madame Michu…

Tout à fait autre chose.

Selon l’ONG Oxfam, depuis 2009, les entreprises du CAC 40 ont reversé plus de deux tiers de leurs bénéfices (67,4% pour être précis) à leurs actionnaires sous forme de dividendes. «La France est ainsi le pays au monde où les entreprises cotées en bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires. C’est aussi deux fois plus que dans les années 2000 où les entreprises ne versaient pas plus de 30 % de leurs bénéfices à leurs actionnaires», fustige le rapport intitulé CAC40 : des profits Oxfamsans partage.  Désormais, seuls 27,3 % des bénéfices des sociétés du CAC 40 vont au réinvestissement et 5,3 % aux salariés, d’après l’enquête d’Oxfam et de Basic  (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne). Selon ses auteurs, «en 2016, les entreprises du CAC 40 ont ainsi reversé près de 15 fois plus de bénéfices à leurs actionnaires (sous forme de dividendes) qu’à leurs salariés (sous forme d’intéressement et participation). Si elles avaient choisi de maintenir en 2016 le même niveau de dividendes qu’en 2009 et d’augmenter la rémunération des employés plutôt que celle des actionnaires, l’ensemble des travailleurs du CAC 40 dans le monde auraient pu voir leurs revenus augmenter en moyenne d’au moins 14.000 euros sur la période, soit plus de 2.000 euros par an et par employé.» Or, dans le même temps, l’étude constate «la spirale des inégalités» qui s’accroit entre  les hauts dirigeants et la plupart des employés. Résultat, en 2016, «les PDG du CAC 40 gagnaient en moyenne 257 fois le SMIC et 119 fois plus que la moyenne de leurs salariés au sein de leurs entreprises alors que ce dernier écart n’était que de 97 en 2009».

Les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes. L’étude cite par exemple le cas d’ Arcelor Mittal qui a versé des dividendes de plusieurs centaines de millions d’euros entre 2012 et 2015 malgré les pertes de l’entreprise. Rappelons que le CAC 40, c’est 1 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit la moitié du PIB de la France, et un bénéfice record de 93 milliards d’euros en 2017. L’Oxfam souligne que ces entreprises ont totalement effacé les effets de la crise de leurs bilans, avec des bénéfices en hausse de plus de 60 % depuis 2009, mais… partageredistribués à 67,4 % aux actionnaires, contre 5,3 % aux salariés seulement. Dans cette classe de cancres de la morale, Oxfam prend tout de même le soin de désigner des bonnets d’âne : ainsi, les entreprises qui redistribuent la proportion la plus grande de bénéfices aux actionnaires sont Arcelor, Engie et Veolia. Ces deux dernières entreprises ont, entre 2012 et 2015, reversé plus de dividendes qu’elles n’ont fait de bénéfices ! Rappelons que l’Etat est d’ailleurs actionnaire de ces compagnies. En ce qui concerne l’écart salarial, Carrefour, LVMH et Danone dominent le classement. En une journée de travail, Bernard Arnault, PDG de LVMH, gagne plus que ce que touche un salarié moyen de son entreprise en un an. Les PDG des autres entreprises du CAC40 ne sont pas trop mal lotis, puisque le salaire annuel minimal y est de 1,5 million d’euros.Sources: Le site de Marianne-

Allez, faut pas que ça vous démoralise; rappelez vous l’histoire du pâté garanti 50% alouette: un cheval, une alouette,un cheval, une alouette… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour ! Puisque nous sommes le Lundi 14 mai 2018, 25è jour de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié cette date dans leur calendrier.

 

Selon une légende chinoise, les carpes du fleuve jaune, après avoir remonté le fleuve, s’envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l’origine des koi nobori, qui représentent plus généralement la force et la persévérance des carpes qui remontent à contre-courant les rivières et cascades. Koinobori signifiant comme chacun le sait, « banderole de carpe » en koi noborijaponais, sont des manches à air en forme de carpe Koï hissées au Japon pour célébrer Tango no sekku, évènement traditionnel qui est désormais une fête nationale, le Kodomo no hi (jour des enfants). Ces bannières sont accrochées le long de perches en bambou, La première et la plus large, magoi, est noire et représente le père ; la deuxième, higoi , est rouge et représente la mère, puis l’on ajoute une carpe pour chaque enfant de la famille. Parfois, on suspend aussi des rubans rouges et blancs ou une manche à air multicolore symbolisant les flots des rivières. Après Fukushima et avant la prochaine catastrophe, les japonais doivent surtout se dire aujourd’hui, CARPE DIEM en relisant le célèbre poème d’Horace:

Tremble, Leuconoé, de chercher à connaître
L’heure de notre mort; fuis les calculs pervers
De Babylone. À tout il vaut mieux se soumettre
Que Jovis te concède encor d’autres hivers,
Qu’il les borne au présent, dont mugit l’onde étrusque,
Sois sage, emplis ta cave, et d’un si court chemin
Ôte le long espoir. Je parle, et le temps brusque
S’enfuit. Cueille le jour, sans croire au lendemain.

Bon, je vois que je digresse un maximum, signe qu’il est temps de mettre un terme à ce billet. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La bourrache et paturache…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la météorologie et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes en cette période que de joviaux jardiniers avaient baptisé Les saintes glaces, et qui, allez savoir pourquoi, est, subito, devenue; les saints de glace. Mamert, 290px-Borage-overv-hrPancrace et Servais qui sont censés annoncer l’ultime retour du froid avant les beaux jours. Ils donnent lieu à tous les dictons que vous connaissez, mais, en Bretagne, c’est saint Yves qui est considéré comme le dernier saint de glace. Cela donnait l’occasion à mon aïeule, qui ne pouvait jamais faire comme tout une chacune, de nous en servir un, de dicton, des plus croquignolets: craignez le petit Yvonnet, c’est le pire de tous quand il s’y met ! Vous voilà prévenus…

Quand je vous aurai dit que ce Samedi 12 Mai 2018 est le 23è jour de Floréal dédié à la bourrache, vous saurez presque tout. Sauf à rajouter qu’au Moyen-âge, la bourrache, était considérée comme une plante magique et aphrodisiaque et qu’elle donnait de l’assurance et de la hardiesse dans les entreprises amoureuses. Un rameau de bourrache fleurie, permet au séducteur de remporter le succès auprès d’une femme. Ceci permettait à mon aïeule, jamais en manque d’un mauvais calembour, de rajouter: la bourrache et paturache sont les deux mamelles de la Franche. Étonnant, non ? Elle n’avait 31-05-FestDeiz-web-Nono-300x200pourtant rien d’auvergnat étant bretonne élevée au leurre salé (non, non, y’a pas de coquille) et maîtrisait l’art de la bourrée autant que celui du jabadao. La bourrée et le jabadao étant, comme vous le savez, deux danses populaires et néanmoins régionales qui se pratiquent encore dans les veillées des uns et les festou-noz des autres. A tel point que devant une telle richesse, l’UNESCO, canal historique de la culture Onusienne, a décidé d’inscrire le fest-noz au patrimoine immatériel de l’humanité. Je n’ai rien contre l’accordéon mais, c’est pas demain qu’on verra la bourrée auvergnate faire l’objet de tant d’attentions de la part de l’UNESCO. J’ai bien connu une auvergnate chez qui la bourrée était devenue une seconde nature; surtout en fin de semaine, mais ça, c’était avant.

Allez, cela suffira pour un samedi matin, il faut que je prépare ma pâte à crêpes. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être

L’essaim de glace…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’école des sages et du camembert au lait cru réunis, bonjour ! Nous voici, déjà, le Vendredi 11 Mai 2018 c’est à dire le 21è jour de floréal, dédié généralement à la fritillaire (ça ne s’invente pas) mais, il faut le reconnaître, c’est une très jolie fleur.

J’en profite pour évoquer la chanteuse de jazz et actrice Lena Horne décédée à l’âge de 92 ans. Dans les années 1940-1950, elle faisait salle comble à New York et Hollywood, mais n’avait pas le léna hornedroit de s’asseoir à la même table qu’un client blanc. Elle avait commencé comme danseuse au Cotton Club en 1934, avant de devenir la première actice noire à signer avec la Metro-Goldwyn-Mayer. Elle est devenue célèbre en 1943 dans le rôle de Selina Rogers dans Stormy Weather et l’interprétation de la chanson-titre. Elle s’était rapprochée du mouvement des droits civiques à la fin de la seconde guerre mondiale, ce qui lui avait valu d’être prise pour cible par le maccarthysme. En 1963, elle s’était jointe à la marche de Martin Luther King à Washington. Elle était mariée avec Lennie Hayton, un arrangeur de la MGM. Cette union inter-raciale mettra un frein à sa carrière.

Et après ceux de Léna Horne, voici les saints de glace…

Les saints de glace sont traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année. D’après les croyances populaires d’Europe du nord et de la mer Méditerranée, Mamert, Pancrace et Servais sont ainsi implorés par les agriculteurs et mis à contribution pour éviter l’effet sur les cultures d’une baisse de la température qui s’observe saints-de-glace-263x300à cette période et qui peut amener une période de gel (phénomène de la lune rousse). Une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre. La plupart des calendriers mentionnent actuellement d’autres saints à souhaiter ces jours-là : Estelle, Achille et Rolande. Le changement date de 1960. L’Église catholique romaine a décidé alors, de « remplacer » les saints associés aux inquiétudes agricoles (réminiscence de paganisme au regard du Vatican) par d’autres saints et saintes qui n’auraient aucun lien avec ces croyances populaires. Mais à quels saints se vouer…J’vous jure !

Comme disait Maïa l’abeille à son cousin qui avait le bourdon: « tout cela laisse l’essaim de glace » , allez, portez vous bien, soyez indulgent envers les humoristes à quatre sous, et à demain peut-être.

Ca branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des sixties et du poulet fermier réunis, bonjour ! Nous voici le thumb-le-statice---une-belle-fleur-a-faire-secher-8706.gifJeudi 10 mai 2018, 21è jour de floréal dédié à la statice, rien à voir avec l’Insee, c’est une petite plante que l’on peut apercevoir sur nos côtes. Le statice de l’ouest que les scientifiques nomment Limonium Binervosum; est une plante herbacée vivace de la famille des Plumbaginaceae. Avouez que ça vous en bouche un coin…

Tout à fait autre chose.

Durant la nuit du 10 au 11 mai 1968, au quartier latin à Paris, de nouveaux affrontements vont se dérouler, c’est la « Nuit des barricades ». Dès le début de la soirée, 20 000 manifestants occupent le quartier latin, qui prend un aspect insurrectionnel. Les rues se couvrent de barricades, certaines hautes de 3 mètres. Ici à droite, c’est la rue Gay-Lussac. La population sympathise avec les émeutiers. Après l’échec des négociations, à 2 heures 15, les CRSgay-lussac se lancent à l’assaut des premières barricades de la rue Gay-Lussac. La police ne prendra la dernière que trois heures plus tard, après de très violents affrontements qui feront plus de 350 blessés (dont 251 chez les policiers). 469 manifestants seront interpellés et 188 véhicules seront incendiés ou endommagés. La contestation va alors gagner le monde du travail, les syndicats et les partis politiques, la grève générale sera effective à partir du 13 mai. A la fin du mois de mai, les accords de Grenelle aboutissaient à une augmentation du SMIG de 25%, une hausse des salaires, une diminution du temps de travail… Sur les murs, les graffitis chantaient l’avènement d’un nouveau monde: « Il est interdit d’interdire » – « Sous les pavés, la plage » – « L’imagination au pouvoir »… cinquante années se sont écoulées, l’heure est peut-être venue d’en remettre une couche !

En vérité, je vous le dis, il y aura d’autres barricades et oui, ça branle dans le manche, les mauvais jours finiront comme le chantaient les communards…En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Ce soir j’attends Madeleine…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’huile et du pastis à l’eau réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 09 Mai 2018, vingtième jour de Floréal dédié au sarcloir. Mais, en y regardant de plus près, notamment chez lez pataphysiciens, on voit que ce jour est en réalité le Vendredi 20 Palotin 145 St Ti Belot, séide.

 
Voici le portrait d’une militante anarchiste Madeleine LAMBERET qui nous a quitté un 9 mai en 1999 après une vie fort bien remplie. Elle était née à Paris en 1907 dans une famille de libres penseurs. Sœur cadette de Renée Lamberet, Madeleine avait commencé à dessiner Lamberetdès l’âge de neuf ans et à peindre dès ses quatorze ans. Elle étudia à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, notamment la gravure, puis dans les ateliers de divers grands peintres dont Signac, Vuillard et Maurice Denis. Elle fit sa première exposition en 1929 au Salon d’automne. Elle obtint plusieurs prix dont en 1934 le prix Blumenthal, dont elle ne reçut que la moitié, parce qu’étant une femme ! Au début des années 1930 elle découvrait l’Andorre, les Pyrénées et l’Espagne dont elle aimait à peindre les paysages et ses habitants et y entra en contact avec le mouvement libertaire.

Au moment du coup d’état franquiste de juillet 1936, elle se trouvait en Andorre avec sa sœur Renée et les deux jeunes filles parvenaient à entrer en Espagne, épisode que Madeleine racontait ainsi : « En 1936 nous étions en Andorre en famille, nous avons appris les évènements de la révolution, mais il était très difficile de passer en Espagne. Quand mes parents sont partis, nous avons essayé de madeleine-passer la frontière vers la Seo d’Urgell, nous avons essayé deux fois et avons été repoussées. La troisième fois, nous sommes allées sans rien, avec une petite robe légère, rien dans les mains, rien dans les poches et nous sommes arrivées à entrer en Espagne… Nous sommes entrées à la Seo d’Urgell, Renée et moi, et nous avons été accueillies surtout par les deux miliciens dont j’ai fait les portraits, Carricondo et Peiret… ».(en photo: Madeleine Lamberet et Georges Grigoroff photo de Georges Makari). Toutes deux allaient être les témoins de la Révolution qui s’y déroulait. Tandis que Renée enquêtait sur les collectivités et accumulait informations et témoignages qui feront d’elle un historienne incontournable de la révolution espagnole, Madeleine l’accompagnait avec son carnet de dessin où elle croquait « sur le vif les militants anarchistes rencontrés » (dont Virgilio Garrido, Francisco Giner, Bernardo Pou, Baltasar Lobo et beaucoup de miliciens anonymes) et « des scènes de la vie quotidienne ».

Lors de la Retirada de février 1939 (un demi million d’hommes de femmes et d’enfants sur les routes de l’exil) elle participa avec Renée à l’aide apportée aux réfugiés internés dans les camps du sud de la France et, là encore, dessina plusieurs scènes poignantes au retiradapassage de la frontière au Perthus et au camp de Bram. Pendant la période de l’occupation nazie, elle utilisa « ses talents de graveur pour permettre aux camarades de survivre dans la clandestinité » et participa à l’atelier de faux papiers monté par le compagnon espagnol Laureano Cerrada. En juin 1998, avec le soutien du syndicat CNTF de la communication et de la culture, une exposition de ses dessins réalisés en Espagne fut organisée à L’Espace Louise Michel dans le 20ème arrondissement à Paris.

Et voila, portez vous bien et à demain peut-être.

Anarcho-ploum-ploum-tralala…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du Delta blues et de l’endive braisée réunis, bonjour ! En ce Mardi 08 mai 2018, dix neuvième jour de Floréal surnommé jour de l’arroche (encore nommée le faux épinard), plutôt que de fêter l’armistice de 1945 qui n’en fut pas un, mais une reddition des armées allemandes, je vous invite à avoir une pensée pour un trublion des plus émouvants.

Souvenons nous que c’est un 8 mai en 1999 que disparaissait une figure des plus pittoresques du pavé parisien et qui se définissait lui même comme: Anarcho-ploum-ploum-tralala… C’est en effet un 8 mai en 1999 que décède Aguigui MOUNA, de son vrai nom André aguiguiDupont. Cavanna disait de lui : « Mouna c’est une manif à lui tout seul. C’est l’indignation. Sa philosophie ? Un amour universel, boulimique. »  Sa philosophie est un mélange d’antimilitarisme, d’anarchisme et d’écologisme. Il a mené campagne contre le travail des enfants dans le tiers monde et pour l’aide aux réfugiés du Chili, et il a été l’un des premiers à s’opposer au programme nucléaire de la France. Il fut nommé chevalier des arts et des lettres par le ministre de la culture Jack Lang qui médaillait beaucoup, il faut bien le reconnaître. Pour certains, son prédécesseur se nommait Diogène, tandis que pour d’autres il s’appelait Ferdinand Lop, qui proposait de prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer afin que les étudiants puissent se baigner plus souvent. Pour beaucoup, Mouna était tout simplement un apôtre de la bonne humeur.

Quelques unes des citations qu’il aimait à faire:

C’est en parlant haut qu’on devient haut-parleur.
Du gazon, pas de béton, des moutons, pas de canons.
Aimez-vous les uns sur les autres.
La grossesse à 6 mois ! La retraite à 15 ans !
On vit peu mais on meurt longtemps.  
Riez et vous serez sauvé.
Aguigui, le cri de la vie !
Les valeurs morales ne sont pas cotées en bourse.
Mieux vaut être actif aujourd’hui que radioactif demain.

Allez, puisse cela vous apporter le sourire, portez vous bien et à demain peut-être.