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Italie: coup d’éclat ou coup d’Etat…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 31 mai 2018, douzième jour de Prairial dédié à la bétoine  (et non pas à l’abbé Toine). Aujourd’hui c’est le jour de la Visitation. Il y a longtemps de cela, j’ai résidé à Rennes, rue de la visitation. Sous ma fenêtre, de l’autre côté de la rue il y avait une institution pour jeunes filles de la bourgeoisie locale, style couvent des oiseaux. A l’instar de Maxime Le Forestier je crois que certains jours j’étais amoureux de tout un pensionnat.

Humeur du jour…

L’Italie aurait dû avoir un gouvernement anti-système, et elle va finalement se retrouver avec un technocrate passé par le FMI. De qui s’agit-il ? Ecoutons charles Sannat: « Il est sans majorité, il ne représente rien et pourtant, c’est lui que le président italien charge de former un gouvernement. Son nom ? Carlo Cotarrelli ! Son expérience ? Le FMI !Ses convictions ? Pro-européennes. Mondialistes. Europhiles. De surcroît, il aime et adore… l’austérité, la vraie, la pure, celle du FMI !»

Ce qui s’est passé dans la soirée du dimanche 27 mai peut être considéré comme un coup d’ Etat légal en Italie. Le Président Mattarella a bloqué le processus démocratique et contraint le Premier-ministre désigné à la démission, à la suite du véto qu’il avait mis sur le nom de Paolo Savona comme Ministre des finances. Ce véto avait été provoqué par les positions eurosceptiques et anti-matarella et cotarellieuro de Paolo Savona, par ailleurs ancien ministre de l’industrie et ancien président de la Cofindustria, le MEDEF italien. En opposant son véto à la nomination de Paolo Savona, le Président Mattarella a bien outrepassé les pouvoirs qui lui étaient conférés dans le cadre de la Constitution. De ce point de vue, on peut considérer qu’il s’agit d’un « coup d’ Etat », un « coup d’ Etat » certes légal mais bien un « coup d’ Etat ». La réaction des deux partis soutenant le gouvernement de M. Conte, le M5S et la Lega, ne s’est pas fait attendre. Dès dimanche soir le dirigeant du M5S, M. Luca di Maio annonçait que son mouvement allait déposer une proposition de mise en examen du Président pour abus de pouvoir.

Le Président de la République italienne s’est donc arrogé des droits qu’il n’a pas. Il convient de relire la Constitution italienne. Celle-ci dit, dans son article 92 : « Il Governo della Repubblica è composto del Presidente del Consiglio e dei ministri, che costituiscono insieme il Consiglio dei ministri. Il Presidente della Repubblica nomina il Italian President Mattarella signs a decree to dissolve parliament at the Quirinale Presidential palace in RomePresidente del Consiglio dei ministri e, su proposta di questo, i ministri. » Les commentaires, en particulier ceux de Constantino Morati, un des rédacteurs de la Constitution italienne, sont très clairs sur ce point : « La proposition des ministres faite par le Premier ministre désigné doit être considérée comme strictement contraignante pour le chef de l’ Etat ». Le refus de contresigner une nomination ne pourrait se justifier que dans le cas de condamnations criminelles ou de conflits d’intérêt par trop évident. Car le Président Mattarella ne s’est pas contenté de provoquer la démission de M. Conte. Il a aussi choisi M. Carlo Cottarelli, un ancien économiste du FMI et un partisan de la plus brutale austérité budgétaire comme Premier ministre. On ne pouvait mieux afficher son mépris pour le carlo cotarellivote des électeurs Italiens lors des élections générales de 4 mars dernier, un vote qui avait vu l’effondrement des deux partis, la PD et Forza Italia, qui avaient dominé la vie politique de l’Italie depuis une quinzaine d’année, et le succès des deux partis anti-système, opposés justement à cette austérité, que sont le M5S et la Lega. Or, le PD et Forza Italia continuent de baisser dans les sondages actuels. Il est donc probable que ces élections renvoient une majorité M5S et Lega encore plus forte que celle d’aujourd’hui. Ce qui vient donc de se passer en Italie illustre bien l’antagonisme mortel qui existe entre l’ordre libéral et l’ordre démocratique. Le « coup d’ Etat » de Mattarella devrait ouvrir les yeux à tous ceux qui, en Italie et en France, mais aussi en Espagne et au Portugal, nourrissent encore quelques illusions quant aux institutions de l’Union européennes. Sources https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-coup-detat-du-president-mattarella-par-jacques-sapir/

Voila, je pose ça là, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Thank you Satan…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 mai 2018, ce qui tend à prouver que tout arrive, et ce 11è jour de prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, bigoudenie-st.pierre-Penmarch-03m’autorise à la ramener quelque peu… En Bretagne armoricaine, on s’apprête à célébrer les Buan: Saint BUEN, ermite, fondateur de la paroisse de Loc’hbuen, autrement dit Locarn (22). On ne sait rien (ou si peu de chose) de cet obscur saint breton. Un saint de ce nom est honoré au pays de Galles. Il était le fils d’Ysgwn et le petit fils de Llywarch Hen, le barde guerrier du 6e siècle et prince breton. Impuissant face aux Angles, Llywarch s’était réfugié en Galles. Le nom semble identique au qualificatif buan « rapide » c’est ainsi que mon aïeule nous apostrophait lorsque nous trainassions: «hasta buan !».

Comment ne pas saluer l’anniversaire de la naissance de BAKOUNINE ?
Révolutionnaire russe, véritable fondateur du mouvement anarchiste international, théoricien et homme d’action, incarnation même de l’esprit de révolte. Il est né le 20 ou 30 mai 1814 (8 ou 18 mai dans le calendrier Julien) à Premoukhino (Russie). Issue de l’aristocratie, il fait ses études à l’école militaire de St-Petersbourg, d’où il sort officier d’artillerie à 17 ans. Mais, passionné par la philosophie de Hegel, il renonce à la carrière militaire et part étudier à l’Université de Berlin puis à Dresde. En 1844, il est à Paris, il y rencontrebakounine Proudhon et fréquente les milieux socialistes. Il est expulsé de France, en 1847, mais retourne à Paris pour participer à « l’ivresse révolutionnaire » de février 1848. Arrêté et emprisonné, il est condamné à mort le 14 janvier 1850, par le tribunal de Saxe, puis extradé en Autriche, il est finalement livré à la police Tsariste le 17 mai 1851. Enfermé à la forteresse Pierre et Paul, il se résout à faire une confession qui lui vaut d’être déporté en Sibérie, d’où il s’évade et rejoint Londres en décembre 1861.

Il reprend son activité révolutionnaire, parcourt l’Europe de la Suède à l’Italie où il crée une société secrète « La Fraternité Internationale ».  En 1873, Il écrit « L’Etat et l’Anarchie » un des textes les plus significatif de sa pensée théorique. En juillet 1874, il est à Bologne (Italie), pour prendre part à un mouvement insurrectionnel mais celui-ci échoue et il regagne Locarno (Suisse) où Carlo Cafiero l’héberge. Malade et fatigué, il meurt deux ans plus-tard. L’anarchiste Arthur Lehning, s’est consacré à la conservation et à l’édition de ses œuvres. D’autres comme Fritz Brupbacher, où Madeleine Grawitz, lui ont consacré des biographies.
« Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres… »

Sur ces bonnes et belles paroles, je vous souhaite le meilleur; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Catherine Sauvage…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 29 mai 2018, dixième jour de Prairial, dédié à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous dirons que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 145 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Coup de chapeau à Catherine SAUVAGE.

Dès le lycée, elle s’oriente vers le théâtre où elle joue sous son véritable nom, Janine Saunier. Après huit ans d’études du piano, au chant et à l’art dramatique, elle rencontre dans les années 1950 Léo Ferré, qui lui compose entre autres Paris Canaille et Graine d’ananar. C. SauvageEn 1954, elle obtient le « Premier prix du disque » pour la chanson L’Homme de Ferré. En tournée au Canada, elle fait la connaissance de Gilles Vigneault qui lui donne Mon Pays, Le Corbeau, la Manikoutai. Arrivée à Paris, elle adopte le patronyme Sauvage, elle va chanter au « Quod-Libet », à « l’Arlequin », au « Bœuf sur le toit » et puis bien sur à « L’écluse ». Elle rencontre Léo FERRE, qu’elle contribue à faire connaître en interprétant ses chansons : « Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m’écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d’artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les « Trois Baudets » qu’il avait créé.  »

Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Robert Desnos, Paul Éluard, Alfred Jarry, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Charles Trenet, Gilles Vigneault. Elle a toujours accordé sa préférence à la poésie mise en musique. Léo Ferré et Gilles Vigneault l’ont considérée comme leur meilleure interprète. « Je chante Léo depuis toujours… il représente l’une des grandes rencontres de ma Toi-qui-disais-Le-siecle-d-orcarrière, l’autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l’ai connu lorsqu’il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret « Les Trois Maillets » au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de L’Homme m’a valu le Grand Prix du Disque. » Léo Ferré, dit d’elle : « c’est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d’une centaine de mes chansons. » Elle a enregistré «  Avec le temps » avant Léo Ferré, en 1972.

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l’Olympia, en 1955, puis en 1960, à Bobino pour un long tour de chant. Toujours dans cette salle, elle fait un retour en 1968 et occupe la tête d’affiche. Elle interprète aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu’elle rencontre au bobino 1968Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.Elle chante et popularise, notamment, Léo Ferré, Prévert, Gainsbourg, Bertolt Brecht. Elle reçoit le prix de l’académie du Disque Charles Cros. Sa dernière apparition en scène a été pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994.Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L’échange de Paul Claudel, Le Cercle de Craie caucasien de Bertolt Brecht.Catherine Sauvage est l’une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l’« Appel des 250 ». Elle meurt en mai 1998.

Bon allez, c’est pas tout, j’ai une tondeuse qui me tend les bras. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vive la Commune…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la botanique pour les nuls et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble serpoletjusqu’à ce Lundi 28 mai 2018, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

Bon allez, puisque la grande marée populaire appelée de ses vœux par Mélenchon n’a pas débordée, commémorons l’avènement de la semaine sanglante. Le 28 mai 1871 marque, au rouge, la fin de la VarlinCommune de Paris. Toute la semaine, les Versaillais ont assiégé les fédérés, les derniers tomberont au cimetière du père Lachaise. Les hommes de Thiers vont s’acharner sur les communards. Arrestations, exécutions sommaires, déportation, emprisonnement… Cet épisode de l’histoire, qui n’a pourtant duré que 70 jours, a marqué à jamais l’épopée du peuple parisien. Séparation de l’église et de l’ Etat, respect des immigrants, droits des travailleurs, égalité des sexes et autres avancées sociales. Et puis, des milliers, sans doute des dizaines de milliers de morts. Parmi eux, Eugène Varlin.

https://youtu.be/eqbv94PSd8w

Le 5 octobre 1839, naissance d’Eugène VARLIN à Claye Souilly, près de Paris. Relieur, militant ouvrier, internationaliste, communard et libertaire. En 1865, il participe à la fondation d’une société d’épargne et de crédit mutuel des ouvriers relieurs. A la création de « l’ A.I.T » (l’Internationale), il adhère à l’organisation et devient un des secrétaires du bureau parisien. Il sera délégué au congrès de l’ A.I.T à Genève en 1868, et de Bâle en 1869. Il s’y prononce pour l’égalité l'assassinat de varlindes sexes ou encore pour « la collectivisation de la terre par les communes solidarisées ». Il est aussi, en 1868, à l’origine de coopératives de consommation. Lorsque la répression s’abattra sur l’ A.I.T, Varlin sera condamné une première fois à 3 mois de prison, puis contraint de s’exiler en Belgique pour se soustraire à une nouvelle condamnation en 1870. Il rentre en France à la chute de l’empire, devient le commandant d’un bataillon de la garde nationale, participe aux élections du 8 février 1871 puis, à partir du 18 mars, jour de l’insurrection, il fait partie du Comité central de la garde nationale. Le 26 mars, il est élu membre de la Commune de Paris. Il participe aux derniers combats de la semaine sanglante. Arrêté le 28 mai 1871, il est roué de coups, puis fusillé par les Versaillais, après avoir crié « Vive la République vive la Commune ».(à gauche son exécution peinte par Maximilien Luce)

« C’est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l’exploitation, de l’agiotage, des monopoles, des privilèges, auxquels le prolétariat doit son servage, la Patrie, ses malheurs et ses désastres« . Eugène Varlin, pendant la commune. Merde, cela fait déjà presque 150 ans mon vieux Jean-Luc…

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.

La conjuration des égaux…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du soufisme éclairé et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! Puisque aussi bien nous sommes le Samedi 26 mai 2018 et que ce jour était le 7è de Prairial dans le calendrier républicain, autant vous le dire tout de suite, il était dédié au fromental encore nommé, l’avoine élevée. Et quand bien même vous contesteriez ceci, ce ne serait pas une raison suffisante pour élever l’avoine. Oui, bon, d’accord…

L’homme du jour est: François Noël Babeuf, connu sous le nom de Gracchus Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort à Vendôme le 26 mai 1797 (8 prairial an V), c’est un révolutionnaire français. Il forma la « conjuration des Égaux » contre le Directoire et babeuf Gfut exécuté. A partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 14 vendémiaire an III, Le Tribun du peuple. Ce journal, où il combat avec la dernière violence la réaction thermidorienne, acquiert une forte audience. Il adhère, à la même période, au Club électoral, club de discussion des sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Arrêté et emprisonné à de multiple reprises, Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. En conséquence, il est à nouveau arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrit en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »).

Abandonnant le prénom Camille, qu’il avait adopté en 1792, il se fait alors appeler Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d’une réforme agraire dans la Rome antique.(Aujourd’hui encore il existe un groupe de réflexion à Gauche-social-libéral qui porte ce nom et est constitué en partie d’anciens haut fonctionnaires …) Babeuf défend la nécessité d’une « insurrection pacifique ». Cette impossibilité babeuf Dd’agir légalement aboutit à la création de la « Conjuration des égaux ». Le réseau des « Égaux » recouvre tous les arrondissements de Paris et de nombreuses villes de province. À sa tête, un « Directoire secret de salut public », dirigé par Babeuf, coordonne la lutte. Le but est de continuer la révolution, et d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ». Grâce aux informations d’un indicateur, la police arrête Babeuf, Buonarroti, Darthé et les principaux meneurs des Égaux le 10 mai 1796 (19 floréal an IV). Une tentative populaire de les libérer échoue le 29 juin. Aujourd’hui on assiste davantage à la conjuration des égos…

Pour éviter que le peuple ne les libère, les Égaux sont transférés à Vendôme. Une haute cour est constituée, et le procès s’ouvre le 20 février 1797 en présence de deux ministres. Babeuf, à qui on reproche l’initiative du complot, et Darthé sont condamnés à mort. En entendant sa condamnation à mort, Babeuf se frappa, dans le prétoire même, de plusieurs coups de stylet et fut porté mourant le conjurationlendemain à l’échafaud. Darthé, qui avait également tenté de se suicider, est guillotiné avec lui le 8 prairial an V. Buonarroti, Germain et cinq autres accusés sont condamnés à la déportation. Cinquante-six autres accusés, dont Jean-Baptiste-André Amar, sont acquittés. Ses enfants furent adoptés par Lepeletier et Turreau. Certains parlent d’un courant politique qui serait propre à Babeuf, le babouvisme dont se rapprocherait Auguste Blanqui, revendiquant l’égalitarisme et esquissant un pré-socialisme utopique. Friedrich Engels et Karl Marx ont reconnu en lui un précurseur, et en la Conjuration des Égaux « le premier parti communiste ». Babeuf est souvent considéré comme le premier véritable militant communiste. Selon Rosa Luxemburg, Babeuf est « le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires du prolétariat ».

Hopala, c’est un peu copieux pour un samedi. Allez merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Nantes. En Bretagne ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la quadrature du cercle et des mightys réunis, bonjour ! En ce Vendredi 25 mai 2018, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je mélissevous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui l’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Puisque on vous dit que Nantes n’est pas en Bretagne…

Oyez ceci: Nous sommes au mois de mai 843.  Le Duc de Bretagne Nominoé désirant agrandir le territoire breton, passa la Vilaine à la tête d’une forte armée qu’il commandait avec son fils Erispoë. Les forces franques nantaises s’avancèrent vers la Vilaine sous la conduite du Renaud d’Herbauges. Ils se rencontrèrent à Messac et c’est le comte Renaud qui remporta la victoire. Plusieurs sources Nominoe mentionnent également la possibilité que Nominoé était alors atteint par une maladie assez grave et que le commandement des troupes dirigées contre la région nantaise, fut confié à son fils uniquement. Cela expliquerait d’autant mieux le caractère hasardeux de la rencontre dite de Blain. Renaud croyant l’ennemi complètement hors de combat, réunit une troupe assez nombreuse et reprit la direction de Nantes. Arrivé à Blain, il s’arrêta pour faire reposer ses soldats. Chef et soldats étaient là, nous dit la Chronique de Nantes, étendus sur l’herbe près des bords de l’Isac, dans le plus complet abandon, lorsque soudain une troupe nombreuse se jeta sur eux : c’était le fameux Lambert II de Nantes que Charles-le-Chauve avait chassé de Nantes. Il avait fait alliance avec les Bretons, et à la tête de soldats rassemblés sur les frontières de l’Anjou, il s’était avancé sur la Vilaine, afin de réunir ses forces à celles de Nominoé. Ennemi juré de Renaud qui avait pris sa place comme chef du comté nantais, il se mit à sa poursuite, voulant satisfaire sa vengeance et réparer le désastre. Il surprit les Nantais désarmés, et en fit un grand carnage ; lui-même, de sa propre main tua le comte Renaud : c’était le 25 mai 843. Cette victoire bretonne, suivie d’autres, conduisit en 851, au Traité d’Angers, par lequel les pays Nantais et Rennais devenaient possession de la Bretagne.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

I have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Hermétisme et du chocolat Poulain réunis,Colvert bonjour ! Nous sommes le Jeudi 24 mai 2018, cinquième jour de prairial dédié au canard. Dois-je vous rappeler que le 24 Mai 2017 est en réalité le Samedi 7 Merdre 145 Nativité de M. Plume, propriétaire selon le calendrier de pataphysique.

L’homme du jour s’appelle Elmore James, il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago. Né sur une petite plantation James-297x300-gaucheil  partage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du Delta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues. Il a gravé son premier disque, Dust my broom, sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baisse JAMES E.et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il en restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec des compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, (ici en vidéo) cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau. Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, c’est vraiment très sympa à vous de passer par ici de temps en temps. Portez vous bien et, à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le Mercredi 23 mai 3018, quatrième jour angéliquede prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Vous le savez (peut-être) j’aime la Scandinavie en général et la Norvège en particulier. J’ai du être viking dans une vie antérieure…Cette introduction pour vous parler de Henrik IBSEN. Décédé un 23 mai en 1906. Apothicaire, Henrik Ibsen ne tarde pas à quitter le laboratoire où il s’ennuie et à écrire deux drames historiques, ‘Catilina’ et ‘Le Tertre du guerrier’. Ses pièces seront longtemps refusées à Christiana (Oslo). En 1864, il quitte la Norvège et voyage en Europe. Après avoir été instructeur au théâtre de Bergen, il part à Copenhague où des rencontres philosophiques etibsen artistiques alimentent son œuvre : ‘Dame Inger d’Ostraat’, ‘La Fête à Solhaug’… Le théâtre d’Oslo dont il devient directeur à son retour en Norvège fait faillite, il part alors en Europe et développe de nouveaux grands thèmes comme celui de la défense de l’individualisme. Après ses pièces traditionnelles, il n’écrira plus que des drames contemporains où il décrit les tares de la société bourgeoise et l’affrontement entre l’individu et la ‘majorité compacte’ : ‘L’ Union des jeunes’, ‘Une maison de poupée’, le rôle de Nora, la joyeuse épouse, a été récemment confié à Audrey TAUTOU (malheureusement on dit certains critiques) ‘Le Canard sauvage’, ‘Hedda Gabler’… Ces pièces, aux personnages denses, expriment, grâce à une profondeur psychologique et symbolique, la position ambiguë de l’auteur : s’il critique la morale traditionnelle et défend l’idée que tout homme détient une passion, la clef du tragique ‘ibsénien’ réside dans le doute, lié à la condition humaine, qui reste infranchissable. Individualiste forcené, il se plaisait à répéter: L’Etat est la malédiction de l’individu… A droite, une lithographie de Frank Weddekind.

Allez, merci d’être passé par ici; portez vous bien et à bientôt peut-être.

All that meat and no potatoes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du bas de laine et de l’armoire normande réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 21 Mai 2018 et, mon p’tit calendrier républicain m’indique que le 21 mai, deuxième jour de prairial, est généralement dédié à l’hémérocalle… Avouez que c’est une chance, Fabre Hémérocalled’Eglantine, l’un des inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non; le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Outre le fait qu’il s’agit d’une très jolie fleur et que certains cuisiniers téméraires la mélangent à leurs salades, je n’ai pas la moindre idée de ce qui a présidé à un tel choix. A la vérité, il me manquait une dizaine de lignes pour compléter ce billet, voilà qui est chose faite.

Les cénobites tranquilles ne pouvaient passer sous silence le jour anniversaire de la naissance de Fats Waller l’un des plus grands pianistes de jazz que la Virginie est connu. Thomas Wright Waller naît le 21 mai 1904 dans le quartier de  Harlem à New York (États-Unis). Son père, le prêcheur baptiste Edward Waller, lui enseigne Waller-Gdans sa jeunesse, dès six ans, quelques rudiments d’orgue à l’église et de piano à la maison. Il pense alors faire du garçon son successeur à la chaire dominicale. Mais, Fats préfère le swing des pianos bars à celui du gospel. Tout en jouant avec une dextérité incroyable, « Fats » Waller régale le public de ses histoires ; ses performances qui le distinguent des autres pianistes attirent les foules qui le considèrent davantage comme un amuseur que le musicien surdoué qu’il est vraiment. Ecoutez « All That Meat And No Potatoes ». Boulimique de la vie (enregistrements, tournées, bouffe, boisson), Thomas « Fats » Waller est au fond de lui désabusé de n’être pas pris au sérieux et de ne pas être considéré comme un vrai jazzman. La tournée californienne de 1943 est la dernière.

Tombé malade durant un concert au club Zanzibar Room à Hollywood, le pianiste meurt d’une pneumonie dans le train qui le ramène de Santa Fé à New York, en gare de Kansas City, le15 décembre 1943. On raconte qu’un jour, Fats Waller fut kidnappé par quatre  gangsters sous la menace de leurs armes et jeté dans unefats-waller-al-capone-fb-share-300x157 limousine. Étant noir et ses ravisseurs blancs, Fats était terrorisé. On l’emmena à une réception où on le fit s’asseoir au piano. Fats Waller était le cadeau d’anniversaire fait à Al Capone par ses hommes. Capone lui servit du champagne et remplissait ses poches de billets à chaque fois qu’il lui jouait un air à sa demande. Fats rentra chez lui au bout de 3 jours avec une gueule de bois et les poches remplies de billets… Quelle époque madame Michu!

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

St Yves et la houlette russe…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’apocope* et des sardines grillées réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Samedi 19 mai 2018, sant Erwan (St Yves) evel just, mais c’est aussi, je sais que vous l’attendez, le 30 de Floréal, jour habituellement consacré à la houlette (Le premier qui dit houlette russe est à l’amende). * L’apocope est une figure de style qui consiste à supprimer des phonèmes ou des syllabes en fin d’un mot. C’est très utile si vous Twittez…

La houlette donc est ce fameux bâton de berger (pas le saucisson) appelé aussi crosse. D’ailleurs il est symbolisé par la crosse que porte les évêques pour rappeler qu’ils sont pâtres au milieu de leur troupeau. « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, houletteJe ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ta houlette et ton bâton me rassurent. » (Livre 19. Psaume 23:4). Je vous laisse juger de l’éclectisme de ce blog ! C‘est encore, et depuis plus longtemps, le Heq que porte Osiris accompagné du fouet. Expliquez moi pourquoi les républicains ont jugé bon de le mettre dans leur calendrier… J’ai dans l’idée que Fabre d’Eglantine devait avoir des états d’âme ce jour là. Toujours est-il que l’expression est restée dans le langage populaire: Telle activité se déroule sous la houlette de…
Par exemple, les interventions des occidentaux pour chasser terroristes et méchants dictateurs et les remplacer par leur démocrassie se déroulent la plupart du temps sous l’égide de l’ONU mais régulièrement sous la houlette de l’OTAN.

Ainsi vont les choses de la vie: on entretient le flou, l’ambiguïté, on confond aisément le vrai et le faux. Tenez, longtemps le petit peuple a cru que les socialistes étaient de gauche et que la transition énergétique consistait à remplacer la vieille gazinière par un four à micro ondes. Mais revenons à notre égide. Ceux qui ont fait un peu Sous_légide_de_Marsde Grec ancien dans leurs tendres années se rappellent peut-être que le mot est tiré de aigís qui signifie peau de chèvre. Nous voilà bien avancé… En quoi être placé sous une peau de chèvre pourrait-il bien nous être d’un quelconque secours? C’est la mythologie qui nous donne l’explication tant attendue. Quand il était petit, Zeus se nourrissait du lait d’une chèvre portant le doux nom d’Amalthée. Quand l’animal mourut, Zeus récupéra sa peau et l’ajouta au puissant bouclier qu’Héphaïstos lui avait forgé. Notez bien que son égide, Zeus ne s’en sert pas uniquement pour se protéger… Il lui suffit de le secouer un peu pour déchaîner les éléments et semer la terreur chez les pauvres Humains. L’Illiade nous présente d’ailleurs un petit aperçu de la puissance du maître des Dieux:

« Un jour viendra où périront et la sainte Ilion
 Et Priam et le peuple de Priam, le bon lancier,
 Et où Zeus, le Cronide, ce grand prince de l’éther,
 Outré de cette félonie, agitera sur tous
 Sa sombre égide. »

Hopala Chapalain, comme disait mon aïeule, c’est pas parce que c’est la saint Erwan qu’il faut se croire autoriser à pérorer comme Pécuchet dans un diner en ville. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.