La carotte et le bâton…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la rubrique à brac et du fourre-tout réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 19 avril 2018, trentième et dernier jour de Germinal dédié au greffoir. En effet nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre aux jardin de Keramoal de se parer de toutes ses couleurs.

Or donc, profitons en pour fêter comme il se doit les Yestin.  Évolution du vieux breton Iostin, emprunté au latin Justinus, dérivé de Justus, « juste ; intègre », dont procède le français Justin. Ce saint du VIe siècle est contemporain du Gallois Dewi. D’origine insulaire, il aurait installé son ermitage non loin de la Lieue de Grève, près de Pestin-les-Grèves (22). Entre Finistère et Côtes-d’Armor, admirez Saint-Michel en grèves et sa jolie baie. Au milieu de cette vaste la-croixgrève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève -photo de droite). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte. On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Mais revenons à notre Jestin. Parti en pèlerinage à Rome, il trouve sa cellule squattée à son retour par Eflamm qui voulut la lui rendre. Iostin s’y opposa, et les deux saints anachorètes vécurent ensemble à partir de ce moment.  Et voila comment d’anachorètes on devient cénobites… Iostyn serait le fils de Geraint, roi ou prince de Domnonée, et le descendant de Constantin. Il est l’éponyme de Plestin-les-Grèves (22) qui est une plestin-les-greves_21ancienne paroisse bretonne primitive dont le nom est formé à partir du mot ploue, signifiant « paroisse » en vieux-breton. Elle a pour éponyme Iostin, moine breton dont le pardon était célébré le quatrième dimanche après Pâques dans la chapelle du même nom autrefois située près de Pen-ar-Voërn. . Une statue, aujourd’hui dans l’église paroissiale, l’y représente en vêtements sacerdotaux. Une fontaine, jadis miraculeuse, guérissait de la fièvre ceux qui la vidaient à trois reprises. Il existe aussi un saint Iestyn vénéré au Pays-de-Galles comme fondateur de paroisse, Llaniestyn est un village d’Anglesey où une église est sous son vocable. Il est figuré en ermite, portant un bourdon à tête de chien dans la main droite. Le bourdon est ce bâton fidèle ami des pèlerins et/ou des compagnons. Voici comment, en Lozère, on décrivait sa préparation: « Cueillez le lendemain de la Toussaint une forte branche de sureau que vous aurez soin de ferrer par le bas ; ôtez-en la moelle ; mettez à la place les yeux d’un jeune loup, la langue et le cœur d’un chien, trois lézards verts et trois cœurs d’hirondelle, le tout réduit en bourdon collecpoudre par la chaleur du soleil entre deux papiers saupoudrés de salpêtre. Placez par-dessus, dans le cœur du bâton sept feuilles de verveine cueillies la veille de la Saint Jean Baptiste ; puis une pierre de diverses couleurs qui se trouve dans le nid de la huppe ; bouchez ensuite le bout du bâton avec un pommeau de votre fantaisie et soyez assuré que ce bâton vous garantira des brigands, des chiens enragés, des animaux venimeux ou féroces et vous procurera la bienveillance de ceux qui vous logeront ».

Et voila comment en partant de Plestin les grèves on arrive à St-Jacques-de-Compostelle. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

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