Les Pâques irlandaises…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 mars 2017, quatrième jour de germinal tulipes à la torchedédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend (lâle), c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe…Ici à gauche, ce sont des tulipes en Bretagne et plus précisément à la pointe de la Torche.

Un peu d’histoire…

Au printemps 1916, le lundi de Pâques précisément, en pleine guerre mondiale, un groupe d’Irlandais se soulèvent contre le colonisateur britannique. Les Britanniques et les Irlandais loyaux à la Couronne voient cette tentative comme un mauvais coup porté aux soldats qui se battent dans les tranchées. Rappelons que dès le début du dublin_paques2conflit européen, les Irlandais se portent massivement volontaires dans l’armée britannique pour combattre les Allemands. Au total 200 000 environ. Mais quelques militants du Sinn Fein nationaliste et de l’IRB (Irish Republican Brotherhood) préfèrent appliquer l’adage : « England’s difficulty is Ireland’s opportunity » (Les difficultés de l’Angleterre sont des occasions à saisir pour l’Irlande). Ces hommes forment ce que l’on appellera un peu plus tard l’Irish Republican Army (IRA)… Faut-il rappeler qu’en Bretagne, en 1940, certains firent la même tragique erreur avant d’opter pour la collaboration avec les nazis.

Ils occupent plusieurs bâtiments stratégiques au centre de Dublin, dont la Poste, l’Hôtel de ville, le Palais de Justice et des gares, et déploient le drapeau tricolore au-dessus de la Poste.L’armée britannique amène de l’artillerie lourde et bombarde consciencieusement le centre de Dublin. Après cinq jours de résistance, les insurgés capitulent sans conditions. Bilan humain : irishune soixantaine de morts parmi les insurgés, une centaine parmi les assaillants et plus de deux cents parmi les civils, environ 3 000 arrestations. Un Conseil de guerre condamne à mort tous les meneurs (James Connolly, blessé, doit être calé contre une chaise pour être fusillé comme il convient). Parmi les condamnés à mort figure John MacBride dont le fils, Seán MacBride, deviendra Premier ministre de la République d’Irlande avant de fonder Amnesty International et d’obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix en 1974. Un certain Eamon de Valera échappe à l’exécution du fait de sa citoyenneté américaine (il est né d’un père espagnol et d’une mère irlandaise). Il deviendra le premier Président de la République d’Irlande…

La Bretagne quant à elle oubliera peu à peu les noms de Fouéré, Mordrel, Debauvais, Célestin Lainé, le bezen Perrot, et autre Bagadou stourm de triste mémoire. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

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