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A bout de souffle…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la relativité et de la cotriade réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 08 février 2018, 20è jour de pluviôse dédié à la serpette.

Aujourd’hui, à la demande générale de Nivobod, j’évoque Den paolig, figure tutélaire du carnaval de Douarnenez. Son intronisation devait lancer les Gras samedi mais, Den Paolig a été détruit mardi matin par un incendie. Déguisé ou pas, l’occasion est trop belle de faire « son reuz » derrière Den Paolig (le pauvre homme qui est roi de la fête durant quelques jours). L’histoire nous rapporte que Den Paolig était den paoligun épouvantail géant que l’on balançait du Grand-Pont en chantant ! Le roi du Carnaval finissait ainsi son règne éphémère dans la baie. Un peu plus tard, c’est du Vieux-Port qu’on laissait le mannequin s’en aller nuitamment vers la baie. Mais la vue de cette effigie flottante était pénible aux proches des péris en mer. On décida alors de faire disparaître le roi de la fête dans un feu de joie, sur le port, comme on le fait toujours aujourd’hui. Dans les années 1970, quand Les Gras se réveillèrent après une période de sommeil, c’est une Dame Carnaval qui sortit des mains du jeune Yann Kersalé, qui n’était pas encore l’artiste célèbre qu’il est aujourd’hui. Historiquement, cette fête se situait dans une période charnière puisque la saison de la sardine s’achevait et les marins disposaient d’un moment de répit avant d’entamer une nouvelle campagne de pêche aux maquereaux. Particulièrement dans les ports, les jours gras sont une période de licence et de désordre, un court laps de temps où les rôles s’inversent, ou les conventions tombent où les esprits se libèrent pour marquer la fin de l’hiver. Allez tiens, une minute de la fanfare « A bout de souffle » pour faire plaisir à Philippe.

A Douarn’, cette parenthèse dans la vraie vie était un réel ressourcement pour qui avait usé ses culottes courtes sur les quais du Port Rhu, quand bien même aujourd’hui le folklore a pris une place de plus en plus importante au détriment de la spontanéité qui existait jadis. Le soda à supplanté le « rouge lim’ », idéologie sécuritaire oblige. Mais la grande soirée du mardi reste incontournable, de « chez micheline » au « Malamock », on va DNZ_DOUARNENEZ-2.JPG_Marie-Line Quéaudéambuler à la recherche du temps perdu, de sa jeunesse peut-être. Illusion vite évaporée quand au petit matin il faut reprendre contact avec les réalités qui font trop souvent de notre vieille planète cette vallée de larmes…  Douarnenez l’orgueilleuse, Douarnenez l’insolente n’est plus que l’ombre d’elle même. Les costumes les plus nombreux en cette grande nuit des Gras, ce sont ceux de la maréchaussée. Les voitures du shériff patrouillent sans discontinuer, l’alcool est interdit à la vente dans les commerces et sa majesté « Den Paolig » pendouille, lamentablement, suspendu au fronton des halles d’où il regarde ses sujets s’enfoncer peu à peu dans les oubliettes de l’histoire, en attendant de finir brulé telle la Jeanne sur son bûcher. Bien sûr il y a quelques inconditionnels qui continuent à faire semblant d’y croire; mais cette fois ci on dirait bien que la fanfare « à bout de souffle », l’est vraiment…

Allez, foin de nostalgie, l’année prochaine… Je vais à Rio ! Portez vous bien et à bientôt peut-être?