Come on Clara !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’antistrophe et des huitres de Prat-ar-Coum réunies, bonjour! Nous sommes le Mercredi 03 janvier 2017, 14è jour de mac nab Gnivôse dédié au grès. Demain c’est le jour anniversaire de la naissance de Maurice MAC-NAB à Vierzon (1856). Poète, chanteur, interprète, il fait ses débuts au cabaret des « Hydropathes » puis au « Chat noir ». Il meurt subitement à l’âge de 33 ans (tuberculose). Il est l’auteur du fameux Métingue du Métropolitain, œuvre parodique qui deviendra pourtant un des classiques de la contestation. On trouve encore quelques vieux militants qui sont capables de l’entonner dans les noces et banquets. En voici une des nombreuses versions.

Puisque nous sommes encore en période de fêtes, voici un cadeau rien que pour vous. C’est un des nombreux contes de maurice Mac-Nab.

« Grande, raide, sèche, jaune, édentée, parcheminée et coiffée d’un chapeau extraordinaire, l’Anglaise entra dans un bureau de poste les pieds en avant. Elle tourna à demi la tête et dit avec une voix de brouette mal graissée :
-  Come on, Clara!  
Clara est petite, mince, plate, rousse ; elle a des dents très longues et suit sa maîtresse les pieds en avant. L’Anglaise demande soixante timbres-poste pour affranchir soixante lettres adressées à soixante personnes différentes. Elle allonge cinq doigts osseux, saisit les timbres et répète :
- Come on, Clara!
Clara fait demi-tour avec la grâce d’une locomotive. Droite, les talons joints et les bras pendants, elle lève les yeux au ciel, entrouvre la bouche et tire la langue! Alors l’Anglaise, grande, raide, sèche et jaune passe successivement les soixante timbres-poste sur la langue de Clara, petite, mince, plate et rousse, et les applique un par un d’un coup sec sur les soixante lettres adressées à soixante personnes différentes. Puis elle se dirige vers la porte en disant encore une fois :
- Come on, Clara!  
Toutes deux disparaissent comme des ombres, les pieds en avant. Dernièrement, j’ai rencontré la pauvre Clara, toujours petite, mince, plate et rousse, mais elle avait les lèvres collées et ne pouvait plus ouvrir la bouche. »

On lui doit aussi la « thèse pour le doctorat du mal aux cheveux et de la gueule de bois », très utile en ces lendemains de ripaille. Bref,mac nab D le genre de gars avec qui on ne devait pas s’ennuyer. Il appartenait à une famille d’origine écossaise. Son arrière-grand-père, Édouard Mac Nab, s’installa en France et est à l’origine de la branche française ; il fut garde du corps de LOUIS XV; il échappa de peu à la guillotine sous la Terreur et devint conseiller général du Cher sous l’Empire. Son grand-père, Alexandre, fut sous-préfet de Sancerre et épousa en 1810 Marie-Rose de Francières, originaire de Vierzon, où sa famille possédait le château de Fay, à l’ouest de la ville. Son père, Édouard (1811-1885), fut maire de Vierzon-Villages. A droite, son portrait par Fernand FAU.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

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