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Les morts sont tous des braves types…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la tectonique des blagues et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous voici le Jeudi 07 Décembre 2017, 17è jour de Frimaire dédié au cyprès; et comme disait mon aïeule au cours d’un de ses périples: ma doué benniged, venir de si loin pour voir deux cyprès… Inutile de vous dire combien l’actualité est marquée par la disparition de 220px-Vincent_Willem_van_Gogh_065deux monuments dont un immortel, d’Ormesson et Johnny… Décidément, la semaine est placée sous le signe de la nécro et, les chaînes d’info n’y vont pas avec le dos de la cuiller, c’étaient les plus grands, les plus beaux, les plus talentueux, les plus plus. Et l’on ressort de la naphtaline, Pivot pour l’un, Dick Rivers pour l’autre pour nous rappeler si besoin était, combien ces deux là font partie du patrimoine du seizième arrondissement, que dis-je, du patrimoine français, international, universel, inter-galactique. Oui, mon vieux Georges, tu as mille fois raison: les morts sont tous des braves types…

Bon, c’est pas tout, le thermomètre dégringole, il faut allumer le feu. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Berrigans brothers…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la parabole et du veau marengo réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 06 décembre 2017, 16è jour de frimaire dédié à l’Ajonc…

C‘est le jour anniversaire de la disparition de Philip Berrigan, un curé comme je les aime, anar, antimilitariste… Au sein du mouvement américain contre la guerre du Vietnam, deux frères, Daniel et Philip Berrigan, ont organisé des actions de désobéissance civile pour s’opposer à la poursuite de la guerre et influencer l’opinion publique. the TimeDaniel était prêtre jésuite et Philip, prêtre joséphite (si, si, ça existe). Ils étaient accompagnés de plusieurs catholiques membres du mouvement Catholic Worker, fondé dans les années 1930 par l’anarchiste d’inspiration chrétienne Dorothy Day. Le célèbre poète trappiste Thomas Merton a également donné son appui à ces actions. Leur première action de désobéissance civile a lieu le 17 octobre 1967 à Baltimore, alors que Philip Berrigan et trois de ses compagnons s’introduisent dans un bâtiment de l’armée et versent du sang sur les registres du personnel militaire… Philip et ses collègues sont arrêtés, poursuivis devant la cour et condamnés à six ans de prison. Une fois libéré, Philip quitte sa congrégation et épouse Elizabeth McAllister, elle aussi catholique anarchiste.

Le 17 mai 1968, les deux frères Berrigan ainsi que sept autres compagnons s’introduisent dans le bureau de recrutement de Catonsville, au Maryland, empilent les dossiers militaires et les brûlent avec du napalm fait maison. Ils seront condamnés à trois ans de prison. Plus tard, le 9 septembre 1980, avec six de leurs compagnons, les Berrigan fondent le mouvement Ploughshares (socs de charrue) – en référence à un verset du livre du prophète Isaïe berrigandans la Bible, où il est dit : « Ils briseront leurs épées pour en faire des socs, et leurs lances pour en faire des serpes » (Isaïe 11, 4). La première action du mouvement consiste à entrer illégalement dans une usine de missiles nucléaires, à King of Prussia, en Pennsylvanie. Les militants y abîment des ogives nucléaires et versent du sang sur les fichiers. Par la suite, ces chrétiens, catholiques et protestants confondus,ont organisé des actions contre les interventions américaines en Amérique centrale, notamment au Salvador, contre la première guerre du Golfe, en 1991, la guerre du Kosovo, en 1999, l’invasion américaine en Afghanistan, en 2001, et le bombardement de l’Irak, en 2003.

La dernière action de désobéissance civile de Philip Berrigan a eu lieu en décembre 1999 quand, avec ses compagnons de Ploughshares, il a endommagé des avions de guerre dans une grande usine de Baltimore. Condamné à trente mois de prison, il a été libéré le 14 décembre 2001. Il est mort le 6 décembre 2002, à 79 ans; il aura passé onze ans en prison.
Sources : un article de Grégory Baum. Wiki.

Comme quoi, si je doute de l’existence des islamistes modérés, je veux bien croire à celle des prêtres anarchistes. Allez, Dieu reconnaitra les siens; portez vous bien et à demain peut-être.

Barde à papa…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des décalcomanies et des sardinades réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 05 décembre 2017, il pleut toujours sur Brest houarvianet c’est le 15è jour de frimaire dédié au Chevreuil. En Bretagne c’est aussi la Saint Houarvian. Houarvian était un barde de la Bretagne insulaire qui, à cette époque là (aux environs de 510), s’était rendu à la cour du roi Franc Childebert 1er pour participer au concours de l’Eurovision et suivre un stage de harpe celtique auprès de l’ancêtre d’Alan Stivell. C’est alors qu’il rentrait chez lui en char-stop qu’il eut une vision. C’est bien connu, le char-stop est propice aux visions surtout si vous fumez quelques substances illicites…

Donc, cette vision lui commanda d’attendre sa promise au bord de la fontaine de Landouzan, près du Drennec, en Finistère. Il ylandouzen rencontra Riwanon et demanda sa main à son frère Rivoaré. Ils se  marièrent à la mode de Bretagne et, vers 525, Riwanon donna naissance à saint Hervé. Puis ils se séparèrent pour mener une vie érémitique. Ce qui ne veut pas dire, mécréants que vous êtes, qu’ils étaient au RMI… L’histoire de Riwanon dans cet ancien billet. Aujourd’hui on peut visiter la chapelle de Landuzen, restaurée grâce au travail de l’association « Mignoned landuzen », au Drennec et qui possède une cuve baptismale datant semble t-il de l’époque gallo-Romaine. (photo)

Bon allez, je fais court car aujourd’hui c’est lundi (oui, le jour de l’écriture ne correspond pas forcément au jour de parution), jour de marché à Lesneven et je dois aller faire le plein de légumes si je veux que ma potée soit prête quand rentrera ma fiancée de son dur labeur. Portez vous bien et à demain peut-être.

L’ésotérisme de mon aïeule…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des gymnopédies et de la trois-fromages réunies, bonjour! Nous sommes le Lundi 04 décembre 2017, 14è jour de frimaire dédié au sapin et, si j’en crois le calendrier des postes, c’est la Ste Barbe qui aurait vécu au milieu du IIIe siècle à Nicomédie en Asie Mineure, aujourd’hui Izmit. Son père, un satrape du nom de Dioscore, voulut protéger sa virginité (ou la protéger du prosélytisme chrétien). Il sainte-barbeGravure-167x300l’enferma dans une tour à deux fenêtres. Mais un prêtre, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa (de quoi j’me mêle ! ndlr). Son père la tortura jusqu’à qu’elle abjure mais elle ne céda pas; il la décapita illico. Allez savoir pourquoi Barbe était un prénom très usité en Bretagne et que portait mon arrière grand-mère. Elle est honorée au Faouët, dans le Morbihan ( pas mon arrière grand-mère mais la sainte).  La Chapelle Sainte-Barbe, lieu célèbre de pèlerinage est accrochée aux flancs de la montagne, à 1.500 mètres du bourg. Elle est enfouie dans la forêt, à pic au dessus de l’ Ellé et c’est un vrai bijou d’architecture élégante et fine comme on n’en voit pas souvent en Bretagne. Oyez son histoire.

Vincent, seigneur de Toulboudou, en Locmalo, chassant un jour de l’année 1489 dans la vallée de l’ Ellé, fut surpris par un orage formidable. Un bloc de rocher, détaché par la foudre, roulait sur la pente de la montagne et allait l’écraser. Il n’eut que le temps d’invoquer sainte Barbe et le roc s’arrêta, comme cloué sur le sol. A chapelle-300x200la place même où il avait été si miraculeusement épargné, le seigneur fit élever une chapelle par son architecte du génie. Sainte Barbe est, bien évidemment la patronne des pompiers mais aussi des alchimistes.Nombre d’occultistes se sont penché sur les similitudes entre l’iconographie qui la concerne et la seizième lame du tarot de Marseille, la maison Dieu à cause de la tour. D’aucun y voit la colonne, le pilier, l’axe, l’Unité de l’être qui se manifeste par les trois plans symbolisés par les trois fenêtres de la tour : à l’instar d’Hermès le Trismégiste. Ici, la pierre dressée est la matière à transmuter en corps de Gloire, alors seulement, dit le sage, la mort sera abolie, et l’on possédera les « clés du royaume des ciels. ». Car curieusement, ces clés de saint Pierre, qui se trouvent sur le lambris Porte-de-la-chapelle-sainte-Barbe-Sainte-Barbe-Morbihan--225x300situé à côté de la statue de sainte Barbe sur la grande place alchimique de Bruxelles, se retrouvent également sur la porte de la chapelle de sainte Barbe au Faouët.  De part et d’autre du portail du beffroi se dressent les statues des quatre Vertus cardinales : Prudentia (la Prudence) et Justitia (la Justice) à gauche, Fortitudo (la Force) et Temperantia (la Tempérance) à droite, autres arcanes du Tarot et vertus cardinales dont Fulcanelli nous donne une description alchimique dans ses « Demeures Philosophales », au chapitre « Les gardes du corps de François II duc de Bretagne ». On pourrait en parler des heures mais…

Allez, c’est pas tout, j’ai du pain sur la planche et du lait sur le feu. Portez vous bien et à demain peut-être.

Jaoua, qu’est-ce que tu fais là.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’histoire ancienne et de la galette de Pleyben réunies, bonjour ! Nous somme le Samedi 02 décembre 2017, 12è jour de Frimaire dédié au Raifort. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête… Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Chez nous, on célèbre (ou pas) les Tadeg. On peut lire aussi, Tudeg, en tout cas, cela vient du vieux breton « tad » le père… Mon arrière grand-père se faisait appeler Tadig, petit-père. Tudeg a laissé son nom à la commune de Landudec en pays bigouden où il est invoqué contre la surdité (hein?). Mais l’histoire de ce saint, plus ou moins légendaire, se déroule plus haut en Cornouaille du côté du statue-TudegFaou. En effet, le seigneur du coin le fit assassiner en compagnie de son compagnon Jud alors qu’ils célébraient la messe.(à droite une des rares statues de St Tudeg, ici à Poullaouen) Le seigneur du Faou donc, voyant sa cote diminuer dans les sondages, imaginât de mener campagne en stigmatisant ces étranges étrangers qui débarquaient avec leur religion sans oublier le bruit et l’odeur… Il se répandait dans tout le canton en haranguant la foule : avec tous ces immigrés, la délinquance augmente ! A cette allure là, bientôt l’Armorique sera chrétienne. L’Armorique aux gaulois. Halte aux flux migratoires… Bref, autant de slogans qui flattaient les bas instincts de la populace. (C’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses pareilles, madame Michu). Puis, in fine, de la parole aux actes, il décida d’en finir définitivement avec deux de ceux là…

C’est Jaoua, un autre saint homme, qui fit rendre grâce au puissant seigneur du Faou qui avait massacré Tadec et Jud en le condamnant à ériger une abbaye qu’il devrait financer pour expier son double  c3a9pc3a9e-jaouacrime. D’où l’expression daou laz (double meurtre en breton). Aujourd’hui, l’abbaye de Daoulas est devenue un haut lieu de l’expression culturelle en Bretagne. Mais si l’on en croit les experts de l’expertise, L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de Daou glaz que l’on pourrait traduire par deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune. Jaoua, qu’est-ce que tu fais là ? est-on tenté de murmurer en le rencontrant dans la vallée des saints réalisée par Goulven Jaouen, dans un granit de Louvigné-du-Désert.

Un millénaire s’est écoulé et, mêmes causes, mêmes effets… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la cloche de bois…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la solidarité internationale et du Picon bière réunis, bonjour ! Et nous voici en décembre, kerzu e brezhoneg, tout doucettementle cenobite face à son clavier on se rapproche de l’hiver. Plus précisément, nous sommes le Vendredi 01 décembre 2017, onzième jour de frimaire dédié à la cire.  Pour ma part, c’est jour anniversaire, neuf ans déjà que j’ai quitté le navire de la vie « active » et que j’ai mis sac à terre en cet ermitage de Keramoal, accueilli en grande pompe par tous les lapins du canton. Après m’en être longuement entretenu avec moi même, la conclusion est tombée: Aucun regret. Selon certains calendriers, c’est la St Eloi et, comme le disait qui vous savez: A la saint Eloi, le cénobite reste coi. Enfin, pas longtemps non plus; faut pas exagérer… Comme vous le voyez sur cette  illustration, il faut fournir un papier chaque jour que fait le bon diable.

Qui se souvient de Joseph Jean-Marie TORTELIER ?

Cet ouvrier menuisier né en Ille et Vilaine (Bain-de-Bretagne – 1853 Joseph_Jean-Marie_Tortelier- il a longtemps travaillé à Rennes) est mort le 1er décembre 1925. Anarchiste, révolutionnaire, il était surtout un militant farouche de la grève générale. Arrêté comme Emile POUGET et Louise MICHEL, il fait trois mois de prison. Il anime la ligue des anti-propriétaires dont l’action consistait surtout à venir en aide aux ouvriers qui ne pouvaient plus payer leur loyer en les aidant à déménager « à la cloche de bois ». Cela ne vous rappelle pas la crise des « subprimes » ça ? Voici un petit texte anonyme de l’époque; je sais pas pour vous, mais moi, ça me mets en joie.

« Aux ventrus déclarant la guerre,
nous avons pour enn’mis: patrons, curés, soldats;
mais c’est contr’ le propriétaire
que nous livrons gaiement nos plus joyeux combats.
C’est nous qu’on voit, à l’approche du terme,
à l’appel des copains, accourir d’un pied ferme… ».

En 1901, il figurait sur une liste de « disparus-recherchés pour être mis sous surveillance spéciale » le décrivant : « 1m66, cheveux et sourcils châtains foncés, moustache assez forte, teint brun, maigre…souvent coiffé d’un béret bleu ou d’un chapeau de paille  ». Le Libertaire du 11 décembre 1925 annonçait sa mort ; il fut enterré le 4 décembre à Eaubonne en Seine-et-Oise où il s’était retiré ; au nom des vieux militants, L. Guérineau prononça quelques mots d’adieu.

Allez, portez vous aussi bien que possible et, à bientôt peut-être.