Vous lisez actuellement les articles publié le novembre 25th, 2017

Page 1 de 1

Danse, danse, Katel Gollet…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des confessions de St Augustin et des praires farcies réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 novembre 2017, 5è jour de brumaire, et dans le calendrier républicain, c’est le jour du cochon… Dans celui des postes, c’est la Sainte Catherine là où tout bois prend racine. Et comme le disait mon aïeule qui n’en ratait pas une: pour la Ste Catherine, le porc couine! J’en profite donc pour souhaiter une bonne fête à ma filleule Katel. Oui, à l’Ouest du Couesnon, on dit Katell (aujourd’hui on met deux L, ça fait plus riche) plutôt que Catherine. Il sont comme cela les bretons, il faut toujours qu’ils se singularisent; non contents de porter des chapeaux ronds, ils ne peuvent pas appeler un chat un chat et une Catherine une Catherine… Ma doue benniget!

 

Oyez la légende de Katel Gollet, elle m’a été contée par un soir d’hiver et par un vieux colporteur dans une auberge des monts d’Arrée aujourd’hui disparue. Il affirmait la détenir de son grand-père qui lui même l’avait recueilli de la bouche d’un mourant alors qu’il croupissait dans la boue du camp de Conlie; là où l’armée bretonne du général de Keratry était censée se préparer à bouter le prussien katel_goll_guim-272x300hors des frontières:  Katel était une belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau. Sa beauté dit-on, n’avait d’égale que son goût pour le plaisir et la danse. Le tonton, voulant se décharger de cette lourde tutelle, voudrait bien lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Mais la belle entêtée préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage. Pour faire patienter son oncle, elle déclara qu’elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d’affilée. Nombreux furent les jeunes gens du canton à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant.

L‘hécatombe était telle que son oncle l’enferma dans une des tours du château. Mais Katel s’en échappa et se rendit au pardon de la plougastel_d_katell-168x300Martyre accompagné d’un nouveau cavalier. Gavottes, plinns, jabadaos s’enchaînèrent, les deux danseurs s’en donnant à cœur joie. Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l’infatigable Katel qui, prise dans le feu de la danse et de l’alcool, invoqua les puissances de l’enfer demandant de nouveaux musiciens. C’est ainsi que le diable l’entraîna dans une gigue infernale et lui fit franchir les portes du royaume des damnés (le Yeun ellez). La scène est représentée sur le calvaire de Guimiliau (29) ainsi que sur celui de Plougastel-Daoulas (29). Vous pouvez par ailleurs voir le film « Non ma fille tu n’iras pas danser » de Christophe Honoré (2009) et qui reprend le thème de la légende de Katel Gollet, Catherine, fille damnée.

Allez, à raconter aux petits nenfants le soir à la veillée. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.