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Le saint et l’empereur…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’épigramme* et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 06 octobre 2017 qui correspond au 15è jour de Vendémiaire dédié à l’âne… Voici un exemple d’épigramme que l’on doit à Prévert:

« Ils sont à table
 Ils ne mangent pas
 Ils ne sont pas dans leur assiette
 Et leur assiette se tient toute droite
 Verticalement derrière leur tête. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Paroles – La Cène)

En Bretagne Armoricaine on célèbre les Ivi ce qui, bien évidemment, n’a rien à voir, quoique. En effet, la tradition désigne le moine Ivi comme le fondateur de Pontivy (56). Il ne pouvait pas se douter qu’un millénaire plus tard, par arrêté du préfet Jullien du 18 brumaire an XII (9 novembre 1804), Pontivy, l’ancienne place forte, prendra pour nom « Napoléonville » jusqu’en 1870. Venu du monastère écossais de Lindisfarne au 7e siècle, il aurait édifié un oratoire sur les bords du Blavet. C’était, nous dit-on, un grand voyageur ce qui explique (même si c’est tiré par les cheveux) qu’on en fit le patron des touristes… De son petit 300px-StIvi-185x300monastère et du pont construits par ses soins naquit une modeste bourgade qui devint une ville lorsque les Vicomtes de Rohan la choisirent pour être la capitale de leur fief : « Pont-Ivi ». Fils de Branon et d’Egida, de lignée noble, il refuse le métier des armes. Fait diacre par l’évêque Cuthbert de Lindisfarme (Holy Island, sur la côte de Nothumberland), il se retire au monastère de Lindisfarme. La vie érémitique le tente et il s’embarque pour la Bretagne. Il serait mort vers l’an 700 à Saint-Yvi (29). Ses reliques seront ramenées en Angleterre et placées dans l’église du monastère de Wilton (comté de Wilts). Ce serait l’un des derniers saints d’origine insulaire à avoir émigré en Bretagne. Son culte était bien répandu si l’on en juge par le nombre de lieux dont il est l’éponyme, comme Pontivy (56), Loquivy en Lannion (22), Loguivy-Plougras (22), Saint-Divy (29).

Dans le Trégor on l’invoquait contre les coliques des jeunes enfants : « leur chemise était jetée dans l’eau de sa fontaine, au bord du Léguer ; si les manches flottaient, la guérison était assurée. ». Ah, d’accord, j’comprends fontaine-saint-ivy-lannion-300x253mieux, patron des touristes, turista, coliques… Tout s’explique ! Dans le Finistère, une chapelle et une fontaine sont dédiées à  Saint Evy (avatar probable de Saint Ivy) dans le village de Saint Evy en Saint-Jean-Trolimon (canton de Pont-Labbé – 29 -). On peut raisonnablement penser que la chapelle a été construite sur une source reconnue « guérisseuse » antérieurement à l’ère chrétienne. Son eau est en effet censée détenir des vertus dont celle d’améliorer le sort des rhumatisants. Mais il faut respecter la coutume. Le pèlerin doit d’abord effectuer trois fois le tour du sanctuaire. Ensuite, il consomme de l’eau et s’en jette sur les membres atteints.

Alors, si vos raideurs se déplacent, essayez de l’invoquer. Allez, le bonjour vous va, à bientôt peut-être.