Tout le monde peut pas s’appeler Durand, au gué, au gué…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la propédeutique et de la sauce Nantua réunies, bonjour ! Nous régressionsommes le Lundi 11 septembre 2017, 25è jour de Fructidor dédié à l’écrevisse. En raison d’un mouvement d’humeur d’une partie du personnel des « Cénobites tranquilles », soucieux de faire preuve de solidarité avec le mécontentement croissant du petit peuple, nous ne sommes pas en mesure de vous présenter le programme habituel. Naaan, je galèje.

Tiens, connaissez vous Jules Gustave Durand ? C‘est comme cela, il y a des gens qui s’appellent Jules Durand comme d’autres Jacques Martin. Des vieux noms bien franchouillards qui sentent le calendos et le beaujolpif. Des noms à vous réconcilier avec l’identité nationale, desjules-durand noms qui sentent bon le terroir, la baguette et le béret, des noms capables de procurer une érection à Phillipot. Mais, ainsi que j’essaie de le montrer dans cette galerie de portraits, derrière ces noms, des hommes et des femmes, méconnus, oubliés, Ils pourraient se nommer Jean ou Peter ou Ivan ou Paolo, il y a des hommes et des femmes qui ont depuis longtemps aboli les frontières, et qui appartiennent à la grande communauté des gens de « bien » qui ont lutté contre les gens de « biens ».
Le 20 février 1926, mort de Jules Gustave DURAND, né le 6 septembre 1880 au Havre. Anarchiste, syndicaliste révolutionnaire, secrétaire du syndicat des charbonniers du Havre.

Initiateur de la grève illimitée d’août 1910, il sera victime d’une machination politico-judiciaire suite à la mort d’un « jaune » lors d’une rixe. On essayera de prouver que Durand avait fait voter la mort de ce affiche-Duranddernier dans son syndicat. La corruption de plusieurs témoins et une campagne ignominieuse de la presse locale entraînèrent, le 25 novembre 1910, sa condamnation à mort. Mais le 28 novembre, par solidarité et pour lutter contre cette injustice, la grève est générale au Havre, et s’étend au secteur international des docks anglais et américain. Puis une protestation générale, initiée par la Ligue des Droits de l’homme, aboutit à sa libération, le 15 février 1911. Malheureusement, Jules Durand, maintenu 40 jours en camisole de force, était devenu fou, et finit sa vie à l’asile. La révision de son procès, le 15 juin 1918, l’innocenta totalement.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

2 commentaires

  1. Mildred

    Vous avez fort bien fait de prendre sur vous pour nous rendre sympathique ce Jules Gustave Durand « anarchiste, syndicaliste, révolutionnaire ». Mais peut-être n’auriez-vous pas dû ajouter qu’il avait été « initiateur de la grève illimitée du 10 août 1910″, parce qu’il vous sera difficile d’empêcher certains de vos lecteurs de le classer parmi « les fainéants, les cyniques et les extrémistes » !

    • erwandekeramoal

      Je pensais mon lectorat exempt de ces catégories. Bien à vous et merci de passer par ici.

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