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La crise, quelle crise ?

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la relance Keynésienne et du céleri rémoulade réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 26 Août 2017, neuvième jour de Fructidor dédié à la réglisse. En attendant, le cénobite fait sa rentrée.

Tiens, j’ai dégotté ça dans le magazine Challenges

Le document date du 16 août et a été enregistré en toute discrétion auprès des autorités néerlandaises, pays où Chanel a établi l’entité (Chanel International BV) qui contrôle le groupe de luxe et ses filiales. Comme à son habitude, Chanel n’a pas publié de communiqué sur le sujet. Le groupe refuse, en effet, de publier le moindre chiffre sur ses résultats. C’est bien dommage, car cette année, particulièrement, ce document de 90 pages nous apprend beaucoup de choses. Il révèle notamment que tous les chiffres du groupe sont en très nette baisse. Le chiffre d’affaires, d’abord, qui recule de 9% à 5,67 milliards de dollars, mais aussi le résultat opérationnel, qui baisse de 20%, à 1,278 milliard et le bénéfice net, qui recule, lui, de 35%, à 874 millions de dollars.

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Heureusement, chez Chanel, tout n’est pas en recul. Les frères Wertheimer ne se sont pas oubliés. Alain, qui est installé à New-York et Gérard, qui dirige l’activité montres depuis Genève, en Suisse, possèdent 100% du capital du groupe. Ils se sont voté 3,4 milliards de dollars en dividendes au titre de 2016. Une somme énorme. Presque disproportionnée… C’est deux fois plus que les 1,6 milliard qu’ils s’étaient attribués l’an dernier. C’est presque deux tiers du chiffre d’affaires du groupe et c’est surtout quatre fois ce que l’entreprise a déclaré en bénéfice net ! La ponction a été si forte, nous apprend encore ce document de 92 pages que Challenges et le magazine suisse Bilan se sont procurés, que la trésorerie de l’entreprise est tombée, pour la première fois depuis longtemps, sous le milliard de dollars!

Les deux frères, qui étaient évalués dans notre dernière édition des Fortunes professionnelles françaises, à 21 milliards d’euros, à la sixième place de notre palmarès, vont très certainement gagner quelques rangs à la faveur de ce dividende, en tout point exceptionnel. Cela fera d’eux, en tous cas, les détenteurs d’un étrange record digne du Guinness Book: celui du dividende le plus élevé reçu par un actionnaire d’une société européenne… Pendant ce temps là, Bruno Lemaire demande un effort aux retraités et Gattaz s’offre un château à 11 millions d’euros. Quand on vous dit que c’est pas la crise pour tout le monde ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.