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La bataille de St-Cast…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjour ! Figurez voartichautus, chers lecteurs, que ce Vendredi 30 juin 2017 n’est rien moins que l’équivalent du 12 Messidor, dédié à l’artichaut. L’artichaut, c’est bien connu, est au Léon (29) ce que la bêtise est à Cambrais, le nougat à Montélimar, Colombine à Pierrot et Castor à Pollux.  Je parle du camus de Bretagne évidemment, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ».

Mon calendrier perso me suggère de célébrer les Cast qui aurait laissé son nom à la jolie commune de St-Cast-le-Guildo (22). Le 11 septembre 1758 s’est déroulé en Bretagne la célèbre bataille de saint-Cast. L’action se situe pendant la guerre de sept ans entre Saint-Malo et le cap Fréhel. Les bretons qui depuis de nombreuses années sont écartelés entre la voisine française et la perfide Albion vont, une fois de plus, assister au match. En juin 1758 les britanniques pillent Cancale, en août attaquent Cherbourg. Par ces manœuvres de diversion, ils  saint-cast-batailletentent de fixer en France des régiments qui seraient utiles aussi bien aux Colonies Américaines qu’en Allemagne, où les troupes royales affrontent les Prussiens, alliés des Britanniques.  Les troupes françaises fortes de 7 000 hommes environ, sont sous les ordres du Duc d’Aiguillon gouverneur de Bretagne. Les troupes du royaume de Grande-Bretagne, fortes de 42 500 hommes environ, dont 10 000 fantassins sous commandement du général Thomas Bligh. Le 3 septembre, une flotte d’une centaine de navires britanniques débarque à Saint-Briac 10 000 hommes avec comme objectif d’attaquer Saint-Malo. Mais un vent de Noroît les prive du soutien de leur flotte qui doit se réfugier à l’abri de la pointe de l’Isle en Saint-Cast. Repoussée par le feu des batteries des forts malouins, l’armée britannique fait mouvement vers l’ouest, pillant et brûlant les châteaux et les fermes de la région, pour rejoindre ses navires.

Les 8 et 9 septembre, avec une troupe d’une centaine de volontaires du Guildo, jacques-Pierre Rioust des Villaudrains, un bourgeois, ralentit les Britanniques, en attendantvllaudrain D les forces du duc d’Aiguillon. C’est sous le feu français que les Britanniques sont obligés de rembarquer le 11 septembre. La bataille s’engage sur la grande plage de Saint-Cast. Les Britanniques laissent sur le terrain quelque 2 000 morts, et environ 740 prisonniers. C’est l’un des rares faits d’armes où les Français sont victorieux durant la guerre de sept ans. Guerre qui compta, parmi ses étonnants projets, une tentative d’invasion de la Grande-Bretagne proposée au duc de Choiseul, et une tentative de débarquement au Brésil de l’amiral d’Estaing en 1762…

En revanche, l’histoire est moins flatteuse envers le duc d’Aiguillon. En effet, dans la lutte du Parlement de Bretagne contre le pouvoir royal, La Chalotais minimisa le rôle du duc dans la bataille. En faisant allusion aux relations que celui-ci entretint avec la meunière du Moulin d’Anne, où il avait établi son quartier général, le procureur général put déclarer que : « le duc d’Aiguillon à Saint Cast s’était plus couvert de farine que de gloire ». Le nom de la « Belle Meunière », figure de l’histoire castine, est aujourd’hui associé à une célèbre pâtisserie de la station…  Enfin,caradeuc_chalotais_01f quelques années plus tard, on prétendit que lors de la bataille, des soldats Léonards et Trégorrois, reconnaissant dans les chants de guerre des régiments gallois leurs vieilles chansons bretonnes, refusèrent de tirer contre « leurs frères celtes ». Mais là dessus, je ne prendrai pas de paris… Nous vivons déjà à cette époque la genèse de ce qui allait devenir le « bloc agraire breton » basé sur le poids de l’aristocratie légitimiste et l’omnipotence d’un clergé farouchement intransigeant, entourant une paysannerie peu éclairée, tous trois viscéralement hostiles au régime républicain. Le ciment de ce mariage de la carpe et du lapin sera la soi-disant culture bretonne dont Hersart de la Villemarqué, auteur du Barzaz Breiz sera à partir de 1815 un zèlé représentant.

Voila pour la petite histoire, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Une p’tit’ soupe et au lit…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des droits de l’homme et de Gibraltar réunis, bonjour ! (des droits de Gibraltar ! Oui c’est très mauvais, je vous l’accorde…) Nous voici le Jeudi 29 juin 2017 c’est à dire le 11è jour du mois de Messidor, généralement consacré à la coriandre. Les étymologistes se disputent à propos de l’origine du mot: Grecs pour les uns, de source Mycéenne pour les autres – Koriadnon, pour Ariane la fille de Minos – En Arabe le mot se dit Kuzbur, même si dans l’Algérois on dit hachiche qui veut dire coriandre-300x234littéralement: Herbe. Mais, même bien séchée, je vous déconseille de la fumer. La coriandre se marie très bien avec les carottes sous toutes les formes. Mais ça le fait aussi avec les patates. Avec l’été venu, imaginez une petite salade de pommes de terre au cumin, légèrement citronnée et parsemée de coriandre; un vrai régal qui mériterait un article chez Madame « dans ma cuizine » (j’espère que vous lui avez souhaité un bon anniversaire). La coriandre c’est comme le cochon, tout est bon de la feuille à la racine en passant par la fleur et la graine. On lui prête même des vertus antiseptiques dans les bains de bouche destinés à calmer les douleurs dentaires et ça… Ça m’intéresse.
Pour ceux qui s’intéressent à la littérature gastronomique, je leur conseille: Bouquet de coriandre, publié en 2007 et écrit par Rachel SAMOUL, un recueil de treize nouvelles, où la coriandre joue un rôle essentiel.

Tout à fait autre chose et qui n’a rien à voir: Un lecteur me demande où il pourrait dénicher le texte de la chanson «la maternité» de Charles d’Avray à qui j’avais consacré un billet il y a quelques temps.  Si l’un ou l’une d’entre vous peut l’aider, merci d’avance.

Allez, c’est assez pour un Jeudi, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est-y qu’ça s’rait l’été…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la démocratie référendaire et du poulet basquaise réuni, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 28 juin 2017, dixième jour de Messidor dédié à la faucille et, normalement c’est l’été depuis quelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui L'étésignifiait « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour à propos des fêtes de l’été a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non ! Mais que serait une faucille sans son marteau, hein !

Je livre à votre sagacité légendaire cette réflexion de Léonardo BOFF, prix Nobel alternatif en 2001 et chef de file de la théorie de la libération au Brésil. Il a été membre de l’ordre des frères mineurs franciscains mais, la congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par celui qui léonardo Boffallait devenir Benoist le seizième, lui a cherché des poux dans la tonsure. Aujourd’hui il a rejoint le statut de laïc avec femme et enfants. Il a une bonne tête et personnellement, je lui donne le bon dieu sans confession…
«Je suis convaincu que la crise actuelle du capitalisme n’est pas simplement conjoncturelle et structurelle. Il s’agit de la phase terminale. Le génie du capitalisme à s’adapter à toute circonstance est sur sa fin. Je réalise que peu de gens soutiennent cette thèse. Deux raisons, cependant, me conduisent à cette interprétation.»

La première est la suivante: la crise est en phase terminale parce nous tous, mais particulièrement le capitalisme, nous avons dépassé les confins de la Terre. Nous occupons et pillons la planète entière, brisant son équilibre délicat et épuisant ses ressources et services au point de capitalismene pouvoir reconstituer ce que nous avons pris. Dès le milieu du XIXe siècle Karl Marx écrivait prophétiquement que le capital avait tendance à détruire ses deux sources de richesse et de reproduction : la nature et le travail. C’est ce qui se passe aujourd’hui. La nature est en effet soumise à un stress considérable, jamais connu auparavant, du moins durant le dernier siècle. Les événements extrêmes que l’on peut constater dans toutes les régions et les changements climatiques, qui tendent à un réchauffement mondial croissant, parlent en faveur de la thèse de Marx.

Le capitalisme rend le travail précaire ou s’en passe. La conséquence directe est le chômage structurel. Des millions de personnes ne vont jamais entrer dans le monde du travail, même comme armée de réserve… L’ensemble de la société est sacrifié au nom d’une économie faite non pas pour satisfaire les besoins humains, mais pour payer la dette aux banques et au système financier. La deuxième raison est liée à la crise humanitaire que le capitalisme génère. Auparavant, elle était Marxlimité aux pays périphériques. Aujourd’hui elle est mondiale et a atteint les pays du centre… Les victimes, reliées par des nouvelles voies de communication, résistent, se rebellent et menacent l’ordre existant… Le capitalisme lui-même créé le poison qui peut le tuer. Au fur et à mesure que la crise s’aggravera, les multitudes qui ne supportent plus les conséquences de la surexploitation de leurs vies et de la vie sur Terre croîtront. Et elles continueront à se rebeller contre ce système économique en train d’agoniser, non pas sous l’effet de la vieillesse, mais du venin et des contradictions qu’il a créés, punissant la Terre Mère et accablant la vie de ses fils et filles.»

Voila, c’est un peu long mais bon, faites un effort de temps en temps. parce que c’est pas Macron et son troupeau d’encravatés qui vont vous parler comme cela. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Quand cuisine rime avec Potemkine…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du septième art et de la sole meunière réunis, bonjour ! Nous bretons cuisinevoici le Mardi 27 juin 2017, hé oui, que le temps passe vite. C’est le 9è jour de messidor dédié à l’absinthe et c’est le moment ou jamais de souhaiter un bon anniversaire à madame dansmacuizine, éminente collègue de la blogosphère qui atteint l’âge canonique de… Et qui vient d’engranger, une fois encore, les zonneurs de la presse avec plusieurs pages dans le magazine Bretons en cuisine intitulées: Dans la « cuizine » de Stéphanie , joyeuse cuisinière blogueuse, tout un programme.

Le 27 juin 1905 donc, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, le principal cuirassé de la flotte de guerre russe. Il devait son nom à un dignitaire russe très proche de la grande Catherine et qui finit sa cuirassécarrière comme généralissime des armées russes. C’est lui qui inventa les villages en carton, pour satisfaire la Tsarine au cours de son fameux voyage dans le midi de l’Empire (1787). Tout le long du Dniepr, pays aride et inhabité, des villas et des jardins furent installés afin de charmer les yeux de l’auguste visiteuse. Des masses populaires furent amenées des coins les plus éloignés de l’empire, des troupes furent échelonnées le long de la route avec mission d’acclamer la souveraine et d’exprimer l’enthousiasme des peuples nouvellement conquis. Aujourd’hui, chez nous, quand Macron 1er se déplace, c’est un peu la même chose…Il n’y a que des gens qui l’applaudissent et qui ne sont pas plus grand que lui.

Mais revenons à notre cuirassé. Le drame survient à Odessa, sur la mer Noire. Un marin est tué par un officier pour s’être plaint de la viande avariée. Aussitôt, l’équipage se soulève à l’instigation d’un meneur révolutionnaire, Afanasy Matiouchenko. Tandis que huit officiers rejoignent les mutins, le commandant et plusieurs autres officiers sont tués et jetés la mer. C’est que, depuis la défaite de Tsushima, un mois escaliersplus tôt, face à la flotte japonaise, les officiers de la marine tsariste ont le plus grand mal à se faire respecter par leurs hommes. Les marins du Potemkine s’emparent du navire et hissent les drapeaux rouge et noir de la révolution. Deux autres navires se joignent à la sédition. Le surlendemain, l’insurrection s’étend au port d’Odessa et à d’autres ports de l’Empire. L’état de siège est déclaré et la répression fera plusieurs centaines de morts. Après une longue errance dans la mer Noire, la plupart des mutins finiront par obtenir l’asile politique en Roumanie, dans le port de Constantza. La mutinerie s’inscrit dans la série de troubles sociaux, politiques et militaires, qui empoisonnent le régime tsariste en cette année 1905.

Sa célébrité vient surtout du film qu’en tirera le réalisateur soviétique Serge Eisenstein en 1925 : «Le cuirassé Potemkine». Chacun se souvient de la scène du landau qui dévale les marches du fameux escalier d’Odessa, un travelling de six minutes. Cette scène mythique a été reprise aussi bien par Brian de Palma dans les incorruptibles que par Terry Gilliam dans Brazil.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La course à l’échalote (bis)

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 26 juin 2017, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote. Parce que c’est après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés ramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire qu’ici, dans le Léon les-johnnies(Nord-Finistère, 60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille. Mais aujourd’hui la concurrence est rude. Présente depuis une vingtaine d’années, l’échalote de semis est accusée de tirer les prix vers le bas et de grignoter les marges des producteurs, notamment à l’export. La filière s’est mobilisée et créé un logo pour identifier ce qu’elle appelle « la vraie échalote ». Aujourd’hui, elle veut aller plus loin et réclame à l’Europe de cesser d’appeler échalote ce qui à ses yeux n’est qu’un vulgaire oignon car, le paysan breton, lui, ne s’en laisse pas conter. Même avec des mensurations allongées, un oignon reste un oignon. Et l’oignon déguisé en échalote est, pour lui, une histoire triste à pleurer.

Tiens, c’est l’anniversaire de la disparition de Brownie: Clifford Benjamin Brown est un trompettiste de jazz et compositeur américain né à Wilmington dans l’Etat de Delaware le 30 octobre 1930 et mort lors d’un accident de la route le 26 juin 1956. Clifford Brown était apprécié pour son jeu lyrique, fait de longues phrases mélodieuses et clifford-brownd’une virtuosité extrême. On peut rapprocher son jeu de celui de Fats Navarro. Il jouait à l’oreille, comme le lui avait appris son mentor Robert Lowery. Il a inspiré de nombreux disciples, comme Freddie Hubbard, Lee Morgan ou Wynton Marsalis. Il ne reste malheureusement que peu de traces de ses nombreuses représentations (concerts, jams, studios…), Clifford Brown étant tellement modeste qu’il a cherché tout au long de sa courte carrière à se faire oublier. Dans la vidéo, il interprète embraceable you mis à l’honneur aussi bien par Sinatra que par Ella Fitzgerald. Il est évoqué dans le 187e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Bon, c’est pas tout, je dois encore faire les courses et trouver un bel onglet de bœuf pour accompagner mes échalotes. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’été des blogueurs…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la médecine douce et du cidre brut réunis, bonjour ! Nous concombre-2sommes le Dimanche 25 juin 2017, septième jour de Messidor dédié au concombre. Attention, il ne s’agit pas de celui de Mandryka dont la philosophie à peine masquée me fait toujours autant rigoler; mais bien de la plante potagère herbacée et néanmoins rampante de la famille des cucurbitacées…Bon, c’est pas pour me vanter mais, il fait beau sur Brest !

En ce 25 juin je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.
« Plaise à tous les saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. »
Ces quelques mots sont extraits d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec – Retraites paysannes- et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la fin des années 70 au cours Milig Dd’une soirée en son manoir du Poul en Mellionnec. La demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes. Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix. Et comme ce mois de Juin voit aussi éclore la cuvée 2017 de «la radio des blogueurs», voici le choix que je vous invite à partager: http://lolobobo.fr/index.php?post/2017/06/23/lancement-radioblogueurs2017

Allez, bel été à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Au Feu !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 juin 2017, sixième jour de Messidor, qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours tantadavant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu). Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d allumer des feux aux quatre coins de la ville… Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si danses-nocturnespuissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à Jean-Baptiste (y-a pas de petit profit). Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule ésotérique, nommée la verven-Dieu mais que je ne peux dévoiler…

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour danse-10préserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantad, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

J’voudrais pas crever…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Mulet-150x150Nous sommes le Vendredi 23 juin 2017, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas le poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du Poitou. Autrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou.

Tiens,  le 23 juin 1959 à Paris décès de Boris Vian, écrivain, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray, Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.  À douze ans, Boris est victime d’un rhumVianatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fréquentera les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». Son esprit fécond l’amène à collaborer au Collège de ‘Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis satrape en mai 1953. Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation Lavilliersde son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de ‘Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».  Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que j’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les singes à culs nus dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à gauche, une photo de l’époque.

Allez, merci de vos visites fréquentes, revenez quand vous voulez, c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sacré Grall…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la concorde universelle et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 juin 2017 c’est à dire que les jours vont veroniquecommencer à diminuer. C’est le 4ème de Messidor consacré à la Véronique; cette plante qui était sensée guérir de la lèpre (d’où son nom d’herbe aux ladres) et qu’utilisa la Sainte qui lui légua son nom pour soigner l’empereur Tibère. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance d’un poète qui se voulait breton et que j’ai eu le bonheur de croiser.

Xavier Grall est un journaliste, poète et écrivain breton. Son œuvre mystique magnifie la Bretagne. Xavier Grall « redevient breton » lorsqu’il quitte Paris en 1973, pour retourner définitivement dans la région de Pont-Aven, à Nizon, dans la ferme de Botzulan. Il exerce à La Vie catholique (oui bon, personne n’est parfait) dont il fut le rédacteur en chef, au journal Le Monde, à l’hebdomadaire Témoignage chrétien (un peu plus gauchisant), et au mensuel Bretagne. Au début des xavier-grall-louisferdinand-celine-300x208années Xavier Grall (Crédit photo Bernard Grall1970), il fonde le journal nationaliste breton la Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où l’on retrouve ses textes sous le pseudonyme de « Saint Herbot », entre autres. Disparu le 11 décembre en 1981, à l’âge de 51 ans, Xavier Grall fut journaliste, poète, romancier. Mal édité, mal lu, on le range volontiers dans la catégorie des poètes à tirage limité. Il a pourtant marqué toute une génération qui se reconnaît dans ses textes et dans sa célébration de la terre bretonne. L’admirateur de Rimbaud était aussi le père de cinq filles à qui il n’a cessé d’écrire. Son itinéraire fait écho aux questions que se sont posées nombre de bretons qui ont eu vingt ans au lendemain de la libération : rester, partir, revenir. Plus que d’autres, il a porté l’appel à vivre et travailler au pays. Un appel romantique et quelquefois désespéré.

Je me contente de citer la 4ème de couverture de son livre « Le cheval couché » qu’il écrivit en 1977 en réponse au fameux « Cheval d’orgueil » de Per Jakez Hélias: « L’auteur ne se satisfait ni du folklore, ni du tourisme, ni du passéisme, qui voudraient figer son pays en terre des morts. Sur ses chemins, il a lu la trace des Bretons vivants. Bardes etles-filles-de-Xavier-G-273x300 militants, paysans et ouvriers… On les voit dans ce livre, tels des chevaux qui courent à la mer, à la fierté, à l’espoir. Au large… ».  Le Cheval d’orgueil est un beau tombeau pour un peuple que l’on croit mort. J’ai essayé, pour ma part d’écrire une petite stèle à un peuple que je crois vivant.Disait-il à l’époque?  Ou encore: «C’est la vie qui est étrange et fabuleuse, le trépas est un événement qui ne devrait point nous surprendre.» Vous pouvez essayer de vous procurer le film documentaire que lui a consacré Ariel Nathan, il est titré Lettre à mes filles, on le trouve en DVD.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

I’m in the mood…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’apophtegme et du Coco boer réunis, bonjour ! Cahin caha nous avons atteint le solstice d’été et, en ce Mercredi 21 juin 2017, 3è jour de messidor, nous célébrons l’oignon. Avouez que c’est quand oignonsmême autre chose que de vénérer saint Frusquin ou saint truc, sauf peut-être St Pourçain, St Amour et St Joseph. Par ailleurs, tous les gastronomes vous le diront, l’oignon rosé de Roscoff (29) mériterait à lui tout seul un jour férié. Or donc, j’ai longtemps hésité à consacrer ce billet à la fête de la musique, Jack lang, le solstice d’été, ou la soupe à l’oignon. Finalement j’ai opté pour un petit hommage à John Lee HOOKER, décédé un 21 juin (2001).

John Lee Hooker est un des onze enfants d’un métayer du Delta, prédicateur de son état et qui décédera peu après sa naissance. Il sera Lee Hookerinitié au blues par son beau-père Willie Moore. A treize ans John Lee quitte le domicile familial et atterrit à Memphis où il va pouvoir jouer avec B.B. King. En 1937, il gagne Cincinnati dans le Nord et exerce plusieurs petits boulots. Quelques années plus tard il rejoint Detroit, cité de l’industrie automobile, comme des milliers de Noirs sudistes. Très vite il devient le principal bluesman de la ville. Ce n’est qu’en 48 qu’il va enregistrer et devenir professionnel. C’est de cette époque que date le célèbre I’m in the mood.

Au début des années soixante il va écumer les festivals avec un répertoire de blues et de folk-songs accompagné par sa guitare acoustique. En 62 il fait partie de la toute première tournée européenne de l’American Folk Blues Festival. 1970 le voit s’adapter avec facilité et succès à l’émergence du Rock-blues. Succès colossal qui va faire de lui une figure emblématique, quasi patriarcale du Rock. Dans les années blues brothersqui suivirent John lee Hooker va devenir une star internationale incontestée. Parmi ses derniers albums, retenez Urban blues qui contient l’original de Motor city is burning appelé à devenir le premier tube de MC5. Hooker a influencé et collaboré avec les plus grands tel Van Morrisson, les Beattles, Santana ou Keith Richards. Une pensée émouvante pour sa participation dans le film The Blues Brothers dans lequel il interprète son tube Boom Boom. Son style, unique et authentique à la fois, en a fait l’un des artistes les plus importants de cette musique, et son influence sur le blues blanc et le Rock durant tout le XXe siècle est considérable.

 Allez, bonne fête de la musique, portez vous bien et à demain peut-être.