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Comme on fait son lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Mercredi O4 mai 2016 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi… Tiens, justement, en Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle et de l’Armorique réunis. Oui, à cette époque là, le granite flottait bien mieux qu’aujourd’hui.

Dans les monts d’Arrées (29), à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales du bonhomme ainsi que la marque de son corps (photo de droite). Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du 220px-Image_018.lit_de_Saint-Eneourmanoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer en ce lieu pour prier et dormir. Il existe aussi en pays bigouden, non loin de Pont-L’abbé (29) la commune de Ploneour-Lanvern: Le nom « Plonéour » signifie en breton la Plou de Eneour, auquel a été rajouté le nom de « Lanvern » (qui vient du breton Lan (ermitage) et du nom Wern ou Guern qui signifie « marais d’aulnes ») lorsque cette ancienne paroisse a été rattachée à la commune nouvellement créée de Plonéour. La légende dit que le menhir qui se dresse sur la place centrale de Plonéour-Lanvern serait le mât du bateau qui aurait amené saint Enéour de Grande-Bretagne en Cornouaille. Le nom breton de la commune est Ploneour-Lanwern.

 

La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de Galles. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on 29NevezEglise10-300x275n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, est toujours me dit-on, la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mâts et autres navires. Ici en photo, c’est un trois-mâts,  à navigation mixte, et portant sur sa proue l’inscription « Souvenir des marins de 1904″. Il a été conçu par Yves Guillou, qui avait fait son service à bord de « l’Hirondelle » et réalisé au couteau à partir d’un tronc d’arbre. Vous remarquerez que si le navire est à sec de toile, certaines vergues sont peintes de façon à imiter les voiles ferlées.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.