Souviens toi de l’Amoco…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la fraternelle union et du chutney réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 16 mars 2017 et ce 26è jour de ventôse nous rappelle qu’il était généralement dédié au pissenlit dans le calendrier républicain. Pour les pataphysiciens, le 16 Mars 2016 est en réalité le
Dimanche 22 Pédale 144 St-Sengle, Déserteur – fête suprême seconde.

Souviens toi de l’Amoco…
Pour les plus jeunes, je rappelle que l’Amoco Cadiz est le nom d’un pétrolier « supertanker ». Son naufrage, au large des côtes bretonnes, en mars 1978, provoqua une marée noire considérée, aujourd’hui encore, comme l’une des pires catastrophes écologiques de l’histoire.amoco 1
Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz, un pétrolier de 234 000 tonnes de port en lourd construit en 1974, immatriculé au Libéria, long de 330 m et affrété par la compagnie américaine Amoco Transport, filiale de la Standard Oil, s’échouait au large des côtes bretonnes, en face du village de Portsall. Je me souviens m’être rendu sur place avec un groupe de jeunes armés de pelles et de seaux. Dérisoire !

Sur les rochers de Portsall (Finistère), à environ 1,5 km des côtes. 220 000 tonnes de pétrole s’échappèrent de la carcasse du bateau et se répandirent en quelques jours, souillant 400 km du littoral breton (Finistère et Côtes d’Armor). Une panne de gouvernail a été à l’origine amoco 2de cette catastrophe qui a déclenché la colère et l’indignation. « De nombreux bénévoles ont participé au nettoyage du port, aidés de l’armée. Beaucoup d’oiseaux ont été mazoutés et parmi eux, rares sont ceux qui ont survécu. En effet, très souvent, ils plongent au milieu de la nappe de pétrole pour pêcher. Ils ne peuvent plus s’envoler et ils meurent d’épuisement. D’autres s’empoisonnent en avalant du pétrole lorsqu’il nettoient leurs plumes. D’autres, enfin, meurent de froid car le pétrole provoque une diminution de l’étanchéité de leur plumage. (récit d’une classe de Portsall) »

L‘Amoco Cadiz appartenait en effet à un gigantesque groupe américain la  » Standard Oil of Indiana  » dont le siège est à Chicago. Cette société a des activités réparties dans 40 pays et son chiffre d’affaires annuel s’élève à plusieurs milliards de dollars. Pourtant, c’est pour quelques dollars de plus que la Standard Oil a pris le risque d’un accident de l’Amoco Cadiz : ses armateurs n’ont en effet pas jugé utile de les mairesl’immobiliser le temps d’effectuer les réparations qui auraient pu éviter la catastrophe. Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait… Je crois que c’est à Marc TWAIN que l’on attribue cette maxime. Une bande de Bretons pugnaces sous la conduite d’Alphonse ARZEL et de Charles JOSSELIN vont décider de défier le géant américain. 14 fois ils se rendront devant le juge Mac Garr à Chicago. Ce n’est que 15 ans plus tard qu’ils obtiendrons enfin les indemnités tant espérées. 40 millions de dollars (320 millions de francs) ont dû être versés par les Etats-Unis. On voit ci-contre une photo de la délégation bretonne au cours de l’un de ses nombreux voyages aux Etats-Unis. Cet anniversaire méritait qu’on s’y arrête quelques instants.

Avec votre permission, c’est d’ailleurs ce que je vais faire tout de go. Merci d’être passé et surtout, portez vous bien. Ah oui, à demain peut-être.

3 commentaires

  1. Q

    j’etait jeune mais ce souvenir de petrol sur les plages est toujours poingnant.

    Il me semble qu’il y avait une histoire d’assurance, Amoco esperant voir le gros super tanker etre detruit car non profitable.

  2. Rémi Begouen

    Je t’ai peut-être croisé à Portsall du temps de ce maudit Amoco…: je venais de St-Brieuc manifester (plutôt que de « m’armer de pelles et de seaux dérisoires ») devant l’énorme étrave telle qu’on la voyait alors – celle de la photo -…
    Ma surprise a été grande une douzaine d’années plus tard de revoir les lieux, accompagné de ma fillette adolescente puisqu’elle est née peu avant ce drame:
    Déjà, la sinistre étrave s’était enfoncée au point que, par temps calme, on n’en voyait plus que le bout du nez. Et, mieux, on m’assura que les eaux étaient enfin salubres au point de pouvoir s’y baigner, ce que fit la belle adolescente Anna!…

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