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Palestinien, peau de chagrin…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis du spiritisme et du tarot de Marseille réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Vendredi 31 Mars 2017 mais, je n’y suis pour riepervenchen. Ce onzième jour de Germinal était dédié à la pervenche. Alors qu’en Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Gwion qui, dans la légende de Taliesin, est le fils de Ceridwen, déesse de l’inspiration. C’est aussi le pseudonyme d’un poète du VIe siècle qui vécut à la cour d’Urien, roi du minuscule royaume du Rheged (nord-ouest de l’Angleterre) il aurait laissé son nom à la commune de Plouvien (29), non loin de mon ermitage..

Alors que dans le calendrier des postes c’est la saint Benjamin et, pour marquer l’évènement, une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, inédite depuis 1999, a été approuvée jeudi par le cabinet de sécurité du gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahou. Cela n’était pas arrivé depuis près de 25 ans : Israël a approuvé jeudi 30 mars la coloniescréation d’une nouvelle implantation juive en Cisjordanie. Une fois construite, la nouvelle colonie sera la première installée en Cisjordanie depuis 1999; les autres étaient des extensions ou des implantations illégales. L’exécutif précise dans un communiqué que le secteur d’Emek Shilo a été retenu pour la construction. Dans la journée, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, avait annoncé que son gouvernement allait concrétiser son engagement pris pour reloger les colons d’Amona, évacués du site jugé illégal par la Cour suprême israélienne car se trouvant sur des terrains privés palestiniens. « J’ai promis d’établir une nouvelle implantation. Nous tiendrons cette promesse aujourd’hui », avait-il déclaré devant la presse.

Faut-il le rappeler, ces implantations en terre palestinienne sont jugées illégales par la plupart des membres de la communauté internationale. Je rappelle qu’en décembre 2016, le Conseil de sécurité de l’Onu a voté une résolution exhortant Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est ». C’est une première depuis vingt ans, qui571017_carte-colonisation-territoires-occupes-cisjordanie tombe le jour ou les Arabes israéliens célèbrent la journée de la Terre, qui commémore la répression meurtrière par Israël d’une manifestation contre la saisie de terres en 1976. Les constructions effectuées dans les sites existants ont porté à 400 000 le nombre d’Israéliens vivant en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël lors de la guerre des Six-Jours en 1967 et peuplé de 2,8 millions de Palestiniens. En outre, 200 000 Israéliens se sont installés à Jérusalem-Est. Autant dire que la solution «à deux Etats» n’est pas près de voir le jour…

Bon, je ne vais pas tarder à me faire taxer d’antisémite, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Hélène ou le règne végétal…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 mars 2017, dixième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, dédié au couvoir.   

Je tiens René-Guy CADOU pour un des poètes majeurs du XXè siècle. Beaucoup ont tenté de mettre ses vers en musique, d’autres l’ont chanté, Servat, Manu Lann huel, Jacques Douai ou Julos Beaucarne. J’ai choisi de vous proposer Michèle Bernard; à vous de juger.

 

Voila peut-être pourquoi je ne suis pas « un gars de la ville » et que je vous écris tous les matins depuis mon ermitage campagnard. Comme Cadou: « J’ai choisi mon pays à des lieues de la ville Pour ses nids sous le toit et ses volubilis » . René-Guy CADOU était un enfant de la Brière, Ste Reine ( j’y connais une excellente auberge où l’anguille grillée est à nulle autre pareille…) mais Cadou & hélènetoute son œuvre est ouverte à la Bretagne. Le 22 octobre 1941, trois camions bâchés roulent vers la Sablière de Châteaubriant, transportant les 27 otages qui seront fusillés quelques instants plus tard : l’instituteur Cadou rejoint alors à vélo l’école du village où il enseigne et croise le chemin des otages. Les poèmes de « Pleine Poitrine » s’ancreront sur cet épisode terrible de la barbarie nazie, pour revendiquer dans ce ton si personnel de la poésie de Cadou, la liberté, l’amour, la fraternité des hommes… A lire absolument « Hélène ou le règne végétal ». Il n’avait pas 35 ans lorsqu’il nous a quitté et, on peut supposer que ce qui serait devenue une œuvre immense, repose avec lui au cimetière de la bouteillerie à Nantes. Sa poésie a été publiée en œuvre complète chez Seghers en 1976.

A la place du cielRené Guy Cadou
Je mettrai son visage
Les oiseaux ne seront               
Même pas étonnés
Et le jour se levant
Très haut dans ses prunelles
On dira: «le printemps
Est plus tôt cette année?»

Voila, c’était pour vous réconcilier avec la vie, au cas ou l’affligeant spectacle de nos politicards vous donnerait envie de faire votre trou dans l’eau. Portez vous bien, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tous les jours et à bientôt peut-être.

De Cézembre à St Malo…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’humanisme et de l’andouillette de Senven-Lehart réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 mars 2017, c’est à dire le 9è jour de germinal, dédié à l’aulne. Tiens, dans les années 480, un 29 mars, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais ça fait un peu moquette. C’est un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur danger de mortleurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…). Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée plein Sud, avec les Ebihens peut-être… C’est l’endroit d’Europe le plus bombardé de toute la Seconde guerre mondiale. En quatre semaines, pendant l’été 1944, près de 20 000 bombes ont été déversées sur l’île. Beaucoup sont toujours enfouies dans le sol et peuvent à tout moment exploser. C’est pour cela que 90% de l’île est interdite au public. Mais ce site idyllique va (hélas) s’ouvrir davantage aux touristes. La marine nationale y termine ces jours ci une opération de déminage consistant a aménager un sentier avant que les militaires ne transmettent l’île au conservatoire du littoral.

Mais revenons à notre Malo à nous qu’on a… Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les Malorecettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain  Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Alet. C’est à dire qu’il vivait du RMI que lui versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Bon allez, je vous quitte car les jardins de  l’ermitage réclament ma présence. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Saint Louis blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Amérique profonde et du beurre de cacahuète réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 28 mars 2017, huitième jour de Germinal, dédié à la jonquille dans le calendrier républicain, mais en réalité pour les pataphysiciens, le Vendredi 6 Clinamen 144 – St Ganymède, professionnel. Puisque ce 28 mars correspond au 8è jour de germinal et qu’il est dédié aux jonquilles, célébrons le printemps en rendant un petit hommage à celui qui s’est autoproclamé « le père du blues ».

William Christopher HANDY.

Il est le créateur des célèbres Memphis blues et Saint Louis blues que l’on entend ici sur cette vidéo qui gratte comme un vieux bourbon. Il est décédé un 28 mars ce qui me donne l’occasion d’en dire quelques scaleImagemots. Il était né dans l’Alabama, d’esclaves affranchis dit-on, et son père était pasteur. Comme beaucoup de bluesmen c’est dans l’église qu’il fit ses premiers pas de chanteur et de musicien. Copropriétaire d’une maison d’édition musicale à Memphis au début du XXè siècle, il a surtout eu l’idée de transcrire en partitions les blues qu’il entendait dans les quartiers noirs populaires et de les publier sous son nom. Ce rôle de diffuseur n’est pas à négliger même si sa légende dépasse la réalité. En 1958, un film s’empare de sa vie et son rôle est tenu par Nat King Cole lui même.

La publication en 1912 de la partition de Memphis Blues introduit son style de blues en douze mesures dans de nombreux foyers. En mêWilliam Christopherme temps, on le cite comme ayant inspiré l’invention du pas de danse Fox Trot par Vernon et Irene Castle, un groupe de danse de New-York. Cette chanson est également considérée par beaucoup comme la toute première chanson de blues. La ville de Memphis , berceau du blues, a immortalisé Handy en donnant son nom à un parc et en lui érigeant une statue (que l’on voit ici à droite) en 1980 ainsi qu’en décernant chaque année les W.C. Handy awards du blues. Bien que lui même ait très peu enregistré, ses blues sont devenus des standards. Allez, on l’ajoute sans remords à notre galerie de portraits.(Il semblerait qu’au singulier comme au pluriel, on mette toujours un « S » à remords… Je n’en suis pas sûr.) Sources: La grande encyclopédie du blues de Gérard Herzhaft.

Allez, merci de vos fréquentes visites, portez vous bien et à demain peut-être.

Bois ton sang Beaumanoir !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Dimanche 26 mars 2016, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il symbolise la sagesse, en breton Bezo (coad-bezo ou bien encore Koad-argant – le bois d’argent, de bouleau, la boulaie, en Gallo la Bouillie) et dans le grand Nord Björk… Le nom local du bouleau est slavicekégalement à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

Le 27 mars 1351, sur la lande de Ploërmel (56), deux camps bretons règlent leur différend par un tournoi meurtrier. Il figure encore aujourd’hui parmi les grands mythes de l’histoire de la Bretagne… C’est l’épisode le plus mémorable de la guerre de Succession de Bretagne ouverte dix ans plus tôt par la mort du duc Jean III le Bon, le 30 avril 1341, sans enfant et sans héritier désigné… En 1317, le duc Jean III Trente2réunit au profit de son frère aîné, Guy, les comtés de Tréguier et Penthièvre. Le 30 avril 1341, Jean III mourut sans héritiers directs. Son demi-frère, Jean de Montfort marié à Jeanne de Flandre, et sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse du neveu de Philippe VI de France, Charles de Blois, revendiquent chacun pour son compte le trône ducal. Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant. Une trêve avait été signée. Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.

En 1351, un baron de la Bretagne, nommé Jean de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Bemborough, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. On verra de quel côté est le droit ». Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante champions eut toute liberté de se battre comme il combat-des-trente la stèlelui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. Il est vrai qu’à cette époque là, on s’étripait élégamment entre gentlemen. Il existe encore un monument visible sur la commune de Guillac (56) et que l’on doit à l’ingénieur du corps royal des ponts et chaussées Jacques PIOU, inauguré le 11 juillet en 1819 par le Comte de Coutard, Lieutenant-Général des armées du roi, sur lequel le nom des trente combattants bretons y est gravé.  Cette bataille ne résout rien, mais la chronique de Froissart en a fait le modèle des exploits de chevalerie, et la célèbre Ballade des Trente,(stourm an tregont) que La Villemarqué publiera en 1838 dans son Barzaz Breiz, non sans avoir plagié un poème basque, s’achève ainsi : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut pas applaudi dans la ville de Josselin en voyant revenir les nôtres, des fleurs de genêt à leurs casques ». C’est ainsi que se bâtissent les mythes et légendes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La bande à Bonnot…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Dimanche 26 mars 2017, sixième jour de germinal dédié à la Bla-betteette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Le 26 mars 1890, naissance de Raymond CALLEMIN dit Raymond la science, à Bruxelles. Anarchiste individualiste et illégaliste, membre de la bande à Bonnot. Fils d’un cordonnier socialiste, il deviCailleminent ouvrier typographe, milite un temps très bref aux Jeunesses socialistes avant de rallier, à 16 ans, les anarchistes individualistes puis la communauté d’Emile Chapelier à Stockel-Bois et collabore au journal « Le Révolté » belge. En 1910, insoumis au service militaire, il se réfugie en France où il va retrouver ses amis de jeunesse belge : Jean De Boë, Edouard Carouy et Victor Kibatchiche qui vivent en communauté avec d’autres anarchistes individualistes à Romainville (banlieue de Paris) et éditent le journal « l’anarchie » pour lequel il se charge de la gestion, mais aussi de la typographie avec Valet.

Scientiste et végétarien, Raymond est avide de connaissances et de lectures, il est rapidement surnommé « Raymond la science », par les membres de la bande qui commettentla bande à B pour vivre diverses actions illégalistes. Mais après l’arrivée du chauffeur-mécanicien Jules Bonnot, les coups de mains vont passer à une vitesse supérieure et Raymond va prendre part au premier braquage en automobile, le 21 décembre 1911, à la Société Générale de la rue Ordener, à Paris, où un garçon de recette sera grièvement blessé. Lors des derniers braquages à Montgeron puis Chantilly, le 25 mars 1912, ils laissent plusieurs morts dans leur sillage. La presse se déchaîne contre les « bandits en auto », et la police les traque.

Callemin qui est hébergé chez un camelot anarchiste insoumis du nom de Pierre Jourdan et sa compagne anarchiste néo-malthusienne Louisguillotinee Hutteaux, rue de la tour d’Auvergne, à Paris, est finalement arrêté au matin du 7 avril 1912. »Vous faites une bonne affaire! Ma tête vaut cent mille francs, chacune des vôtres sept centimes et demi. Oui, c’est le prix exact d’une balle de browning! » déclare-t-il aux policiers qui l’arrêtent. Accusé de tous les délits liés aux actions de la bande, il est jugé par la cour d’assises de la Seine et est condamné le 27 février 1913 à la peine capitale, en compagnie d’André Soudy, d’Elie Monier et d’Eugène Dieudonné. « Je mourrai quand il me plaira! » Il sera guillotiné le 21 avril 1913, après avoir tenté de disculper Dieudonné.

Allez, vive la sociale et à bas la calotte. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oncle Bens…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 mars 2017, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Églantine ! En vérité Nous sommes aujourd’hui le Mardi 3 Clinamen 144 La Mandragore, solanée androïde fête suprême quarte. Voici un grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’OuLiPo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, de 1960 à 1963. Il a été réunion oulipodurant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielleoulipo). On lui doit notamment, la cuisine en jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire !

 

Poème irrationnel

Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,AVT_Jacques-Bens_2210
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Bagdad café !

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 mars 2017, quatrième jour de germinal dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend (lâle), c’est-à-direharoun « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe… A propos de turban, c’est un 24 Mars qui vit la fin de Haroun al-Rachid. En effet, le 4 septembre 786, à Bagdad, sur les bords du Tigre, Haroun al-Rachid devient calife, c’est-à-dire « remplaçant » du prophète Mahomet. Son titre lui confère l’autorité sur la totalité des musulmans à l’exception de ceux d’Espagne. Haroun al-Rachid est le troisième fils du calife El-Mahdi et d’une affranchie berbère ou yéménite. Il a vingt ans quand il succède à son frère al-Hadi, sans doute assassiné. Son règne, magnifié par les chroniqueurs et les Mille et Une Nuits, coïncide avec l’apogée de la dynastie des Abbassides.

Sous son règne, Bagdad est la cité la plus remarquable de l’univers. Elle offre l’exemple d’une civilisation raffinée dont les contes des Mille et Une Nuits nous conservent le souvenir. Ses commerçants entretiennent des relations avec le monde entier comme le rappelle le harun_al-rashidconte de Sindbad le marin. Ses poètes chantent le vin et l’amour, comme Abou Nouwas (ou Abû Nuwas). Ses théologiens et ses savants élaborent une culture de premier plan. Sa population, en trois ou quatre générations, s’élève à plus d’un million d’habitants, ce qui en fait la plus grande métropole de son époque. Dans tout l’empire mais aussi dans l’émirat indépendant de Cordoue, en Espagne, et dans le royaume du Maroc, se développe un artisanat prospère dont le souvenir se conserve dans le vocabulaire : cordonnier vient de Cordoue, mousseline de Mossoul, produits damasquinés (orfèvrerie à la feuille d’or) de Damas, maroquinerie de Maroc…

Dans ses relations diplomatiques, le calife Haroun al-Rachid fait preuve d’une grande activité. Il impose pendant quelques années un tribut aux Byzantins. Il envoie aussi une ambassade à Charlemagne et lui offre une horloge à eau ou clepsydre… Son règne témoigne aussi de la fragilité de l’autorité califale. Yahya, qui fut le précepteur du calife dans sa jeunesse, est devenu au fil du temps son principal ministre. Il installe sa famille, les Barmécides, au premières places de l’État. L’aventure connaît une fin tragique avec le massacre des Barmécides sur ordre d’Haroun al-Rachid. Aujourd’hui, la vie des habitants de la bagdadcapitale irakienne est rythmée par des attentats réguliers. des dizaines de milliers de civils y ont été tués, victimes des violences entre communautés religieuses et de celles des djihadistes de l’État islamique. Il s’agit d’une capitale chiite puisque 70 % de ses habitants se réclament de cette branche de la religion musulmane. C’est pour cette raison que l’organisation Etat islamique voulait absolument la prendre lors de leur raid qui s’est arrêté à Mossoul, à 350 kilomètres. Bagdad est la ville où il y a le plus d’attentats au monde. L’EI fait actuellement face à une offensive des forces irakiennes à Mossoul (nord), deuxième ville du pays, dont il s’était emparé en juin 2014. Les jihadistes avaient aussi pris le contrôle de vastes pans de territoires au nord et à l’ouest de Bagdad, mais les forces gouvernementales soutenues par une coalition internationale menée par les Etats-Unis ont depuis regagné beaucoup de terrain; L’EI continue toutefois de mener des attaques suicides meurtrières en Irak.

Foutue époque madame Michu. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tu quoque fili mi !

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’encyclopédie et du kebab d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 23 mars 2017, troisième jour de Germinal dans le calendrier républicain, cearme à gauche jour était dédié à l’asperge ce qui, bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre. Il y a des semaines comme celles là où le vent de la nostalgie vous entraînent loin des côtes; résultat, il faut souquer dur pour rentrer au port. Tiens, j’apprends, en jetant un œil distrait sur ma gazette, que Henri Emmanuelli à décider de passer l’arme à gauche.

Cette locution provient du langage militaire. Au XVIIe siècle, quand les soldats devaient charger leur fusil, ils le tenaient de la main gauche, afin de pouvoir utiliser leur main droite et être plus à l’aise. Cependant, les mouvements à effectuer étaient longs et nombreux, laissant les soldats très vulnérables. « Passer l’arme à gauche » pouvait donc à ces occasions être synonyme de mourir. De plus, lors des funérailles avec les honneurs militaires, les soldats passaient leur arme à gauche, canon doigt d'honneurvers le sol, en signe de deuil et de respect envers le défunt. Enfin, le mot « gauche » a toujours eu une connotation négative, d’où senestre, sinistre… Il faudrait rajouter ministres quand on les voit quitter le navire pour rejoindre la nouvelle Réale macronesque, reniant la parole donnée de soutenir le vainqueur des primaires. C’est le cas de Pompili, secrétaire d’Etat à la bio diversité, de Bernard Poignant, conseiller du Prince, de Thierry Braillard, secrétaire d’État aux sports, et, je vous fiche mon billet que cela va aller crescendo. Emmanuelli va se retourner dans son laïc tombeau. En effet, ça se bouscule au portillon pour être sur la photo: Delanoé, Bayrou, Gérard Collomb, l’inénarrable Richard Ferrand, sans oublier la figure tutélaire des soixantehuitars Cohn-Bendit ou encore Corinne Lepage et même, et oui, Robert Hue anciennement Grincheux à Disneyland. Si vous comptez Alain Minc et Jacques Attali, cela ressemble de plus en plus à un inventaire à la Prévert. En attendant, par ces temps de misère politique, il n’y a que Emmanuelli pour passer l’arme à gauche; tous les autres (presque) semble tentés de la passer à droite. «Tu quoque fili mi !» aurait dit César devant la trahison de Brutus. 

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mai, mai,mai, Paris mai…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du pendule de Foucault et de la valise RTL réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 mars 2017, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route.Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que: les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des bendit Dmanifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Rapidement ce mouvement conduit par Daniel Cohn-Bendit (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. La contestation étudiante (entamée depuis le mois de mars), s’amplifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Le 02 Mai, une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.

La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. (La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.) Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants affiched’extrême-droite du « groupe Occident » (certains sont devenus ministres) aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer. La police est sur les dents (les dents des autres évidemment) et procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police. Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite.

Et La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile.

En effet, un demi siècle plus tard, Dany le rouge a viré au bleu pâle et rejoint les rangs de Macron. Chaque mercredi nous révèle son lot de corruptions, de prébendes, de népotisme et l’extrême-droite flirte avec les 30% pendant que les égos surdimensionnés des uns et des autres empêchent l’élaboration d’un vrai projet réellement alternatif. Allez foin de nostalgie, portez vous bien et à bientôt peut-être.