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Simone Weil, mystique & laïque…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la philosophie sans boudoir et du p’tit LU réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 03 février 2017, 15è jour de pluviôse officiellement dédié à la vache; ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre. J’évoque les Ptits LU en référence aux folles journées qui se déroulent à Nantes en ce moment.

Voici une philosophe dont on parle peu, peut-être à cause de son homonymie avec Simone Veil, la femme politique. La notre de Simone Weil nait en 1909, un 3 février, à Paris au sein d’une famille de la bourgeoisie juive mais agnostique. Elle aura la chance de pouvoiweilr bénéficier d’une éducation classique. Au Lycée Henri IV à Paris, elle est une des premières filles à avoir accès au cours de philosophie d’un professeur célèbre : le philosophe Alain, qui écrira plus tard: « La religion conduit à l’irréductible irréligion ». Simone Weil sera influencée par la stature de ce professeur, par ses idées non-conformistes et ses rébellions contre l’autorité universitaire. Elle devient elle-même professeur de philosophie et s’engage sur le plan politique. On la surnomme « la vierge rouge » et l’administration universitaire la nomme assez loin de Paris, craignant sans doute les remous.

Dans les villes de province où elle enseigne (au Puy, à Bourges…) elle fréquente les ouvriers, les chômeurs, discutant avec eux dans les cafés, leur donnant des cours de culture générale pour les instruire afin de les éclairer sur le rôle important de la classe ouvrière. Pour mieux comprendre les rouages de l’oppression sociale, elle se fait embaucher comme ouvrière en usine, malgré sa santé précaire. En 1936, elle rejoint les brigades internationales, en Espagne, où elle combat comme un soldat dans cette atroce guerre civile (La photo à gauche la montre armée et dans la célèbre combinaison de la CNT) Elle fera partie de la Encounter-with-Simone_Weil-Filmstill-06.-240x300fameuse colonne Durruti formée d’anarchistes principalement. En voyage en Italie, sa vie personnelle bascule soudain lorsque, dans une église à Assise, elle vit un moment spirituel intense. « Quelque chose de plus fort que moi m’a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux », écrira-t-elle. Elle en est marquée jusqu’à la fin de sa courte vie et va développer cette approche spirituelle qu’elle nomme « connaissance surnaturelle ». Fatiguée, malade, diminuée, elle trouvera la mort dans un sanatorium de Ashford le 24 août 1943, elle n’a que 34 ans. Au regard de notre actualité, je vous laisse juger de la pertinence de cette citation extraite de son livre: La pesanteur et la grâce. «L’obéissance à un homme dont l’autorité n’est pas illuminée de légitimité, c’est un cauchemar.». Nous devons à laure Adler une magnifique biographie parue chez Actes Sud en 2008. C’était véritablement une femme admirable, entre Calamity Jane et Sainte Thérèse de Lisieux, elle me fait penser à Hannah Arendt, autre philosophe de premier ordre.

Bon allez, portez vous bien et à demain peut-être.