La peste d’Elliant…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la semaine des 32 heures et des causes perdues réunies, 220px-Page_de_garde_du_livre_la_vie_des_bienheureux_et_des_saints_de_Bretagne,_pour_tous_les_jours_de_l'annéebonjour ! Nous sommes le Mardi 10 janvier 2017, Vingt et unième jour de Nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement nommée: le gypse. En Bretagne, histoire de ne point faire comme tout un chacun, on fête les Ratian. Disciple de saint Guénolé, saint Ratian aurait protégé Elliant, Tourc’h, Langolen et les localités avoisinantes lors d’une épidémie de peste. Un chant du Barzaz Breiz transcrit par Théodore Hersart de La Villemarqué, mais qui daterait du VIe siècle l’évoque:

La peste d’Elliant
Entre Langolen et Le Faouët
Habite un saint barde
Qu’on appelle Père Raslan

Tre Langolen hag ar Faouet
Eur Barz santel a zo kavet ;
Hag hen Tad Rasian hanvet.

Dans les veillées et les festou-noz, La Peste d’Elliant ne se chante jamais sans qu’on y joigne la légende que voici :

« C’était jour de pardon au bourg d’Elliant ; un jeune meunier, arrivant au gué avec ses chevaux, vit une belle dame en robe blanche, assise au bord de la rivière, une baguette à la main, qui le pria de lui faire passer Louis_Duveau_La_peste_d'Elliantl’eau. — Oh ! oui, sûrement, madame, répliqua-t-il ; et déjà elle était en croupe sur sa bête, et bientôt déposée sur l’autre rive. Alors, la belle dame lui dit : — Jeune homme, vous ne savez pas qui vous venez de passer : je suis la Peste. Je viens de faire le tour de la Bretagne, et me rends à l’église du bourg, où l’on sonne la messe ; tous ceux que je frapperai de ma baguette mourront subitement ; pour vous, ne craignez rien, il ne vous arrivera aucun mal, ni à votre mère non plus. »

La peste (sans doute le botulisme d’après les historiens) à longtemps marqué les esprits et de nombreuses réalisations illustrent son souvenir. Ainsi, certaines silhouette sur le fût des calvaires sont accompagnées de bosses ou protubérances semi-sphériques qui sont censées rappeler les bubons de la peste. De ce fait, le calvaire est crois de pestegénéralement classifié comme une « croix de peste ». Dans son livre Mémoires d’un paysan bas-breton (dont j’ai parlé ici), Jean-Marie Déguignet y fait allusion: Cependant la Bossen, sa besogne terminée en Elliant, voulut passer en Ergué-Gabéric. Oh oui, mais la Dame de Kerdévot était là, en face, et lorsque celle-ci sut que la vieille voulait venir chez elle, elle courut vite sur le bord du ruisseau par où la mégère devait venir, et elles se rencontrèrent là, toutes deux face à face, une sur chaque bord . Il paraît qu’elles durent rester là un bon moment à se disputer, car j’ai vu là les deux pierres sur lesquelles elles durent rester en équilibre chacune sur un pied. On voyait [en] effet la marque d’un petit soulier sur la pierre du côté d’Ergué-Gabéric, et la marque d’un pied de cheval sur celle du côté d’Elliant. N’importe, la Bossen dut rebrousser chemin, et la commune d’Ergué-Gabéric fut sauvée de la peste.

Bon, ben c’est pas gai tout ça; aujourd’hui c’est la grippe qui nous caresse les narines. Vite, ma solution hydro-alcoolique. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un commentaire

  1. Sceptique

    Les pires situations peuvent être embellies par une légende. Étonnant, non?

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