La chasse à l’enfant…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 09 janvier 2017, 20è jour de nivôse, consacré 220px-Jean-François_Millet_II_008au van, mais si, vous savez, ce panier d’osier qui permettait de séparer le bon grain de sa balle et j’ai justement choisi de vous parler d’une enfant de la balle qui deviendra une grande dame aujourd’hui disparue et qui méritait mieux que l’oubli dans lequel l’ont relégué les médias. Marianne OSWALD. C’est aussi la date anniversaire (1514) de notre bonne Duchesse: Anne de Bretagne.

Elle était née en 1901 en Moselle de parents juifs émigrés de Pologne. Marianne Oswald entame sa carrière de chanteuse dans les années 20, dans les cabarets de Berlin. En 1931, du fait de la montée du parti Nazi et de la menace qu’il faisait peser, elle s’exile à Paris, où elle introduit Oswalddans la chanson française des techniques propres à l’expressionnisme allemand. Elle va interpréter tout à tour Brecht, Kurt Weill mais aussi Cocteau et Prévert. Celui-ci lui écrira une chanson que je vous donne à écouter ici. En effet, pendant l’été 1934, un fait-divers scandalise Jacques Prévert : une trentaine d’enfants s’étant évadés du bagne de Belle-Île-en-Mer en réponse aux violences des surveillants du réfectoire, l’administration propose une prime de vingt francs pour chaque enfant capturé.

Les badauds et les touristes se joignent donc au personnel du bagne pour leur donner la chasse. Prévert réagit en écrivant d’une traite le poème Chasse à l’enfant, mis en musique par Joseph Kosma et enregistré par Marianne Oswald le 20 octobre 1936. Prévert avait aussi l’intention de tirer de l’anecdote un film, mais celui-ci ne verra jamais le jour. Marianne Oswald s’est ensuite beaucoup investie à la radio et prévertmême à la télé. Les moins jeunes se souviendront de l’émission « Ah, les beaux jeudis ! ». Enfants, Lorsque la météo était maussade (ce qui est rare en Bretagne) avec les copains du quartier, nous nous retrouvions agglutinés autour du poste de TSF pour écouter Jean Nohain et Marianne Oswald… Elle nous a quitté en 1985, voici ce qu’en disait Jean Cocteau:« Je suppose que c’est cette puissance rouge d’incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l’habite, cet acharnement de braise, cette haleur de gaz d’acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l’efficacité de cette chanteuse, de cette mime que bien des esprits repoussent, mais qui s’impose malgré tout. »

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

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