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De Ostende à Lhassa…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la vérité historique et de la soupe au lait réunies, bonjour! Nous sommes le Samedi 28 janvier 2017, 9è jour de pluviôse dédié au Peuplier. Chacun se souvient de cette maxime forestière: un seul hêtre vous manque et tout est peuplier… Je sais, c’est archi-nul mais bon, j’ai des circonstances atténuantes, j’ai regardé la télé hier soir; et là, il faut bien l’avouer, le niveau est de plus en plus affligeant.

Connaissez vous Louise Eugénie Alexandrine Marie David ? Bon c’est vrai, elle est plus connue sous son nom de plume: Alexandra David-Néel. De nationalités Française et Belge, c’est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine, exploratrice et j’en passe sûrement. Elle fut en 1924, la première européenne à séjourner à Lhassa au Tibet. C’est un 28 Janvier qu’elle pénétra cette mystérieuse cité. (Ici, à droite en 1886 lors de sa présentation au roi des Belges.) L’orthodoxie voudrait que l’on alexandraprononçât Né-el et non Nil mais la mode anglo-saxonne à produit son effet. Son père était instituteur, militant républicain lors de la révolution de 1848 et grand ami du géographe anarchiste Elisée Reclus. C’est celui-ci qui l’amène à s’intéresser aux idées anarchistes de l’époque (Stirner, Bakounine) et aux féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie ». Adolescente, elle s’enfuit de Ostende pour gagner l’Angleterre. Elle devint première chanteuse à l’opéra de Hanoï. Elle abandonne sa carrière de chanteuse en 1902. C’est en 1904, à Tunis, qu’elle épouse Philippe Néel. Vie de couple qui se termina définitivement en 1911 lors de son départ pour son troisième voyage en Inde. En 1914 elle rencontre Aphur Yongden, agé de 15 ans et en fera plus tard son fils adoptif. A Lachen, elle va vivre auprès d’un des plus grands Gomchens (ermite) de l’époque et recevoir son enseignement.

C‘est un long périple à travers la Corée, Pékin, le Gobi, la Mongolie qui va l’emmener elle et Aphur déguisés en mendiante et moine jusqu’à Lhassa, nous sommes en 1924.(Photo de gauche.) Puis, Alexandra va rentrer en France où elle s’installe sur les hauteurs de Toulon. Elle va y alex-2écrire plusieurs livres relatant ses voyages. En 1937, âgée de 69 ans elle décide de repartir pour la Chine avec Aphur Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de ce conflit. Fuyant les combats elle erre en Chine et finit par se retrouver en 1946 en Inde. Elle perdra son compagnon de voyage en 1955 et, à cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport au Préfet des Basses-Alpes. Elle s’éteindra quelques mois plus tard. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange.

A lire: Pour la vie. 1898 aux éd. Les nuits rougesLe féminisme rationnel. 1909 même éditeur – Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains. 1951 ed. Pygmalion. Et bien d’autres choses encore. Une sacrée grande bonne femme qui méritait bien de rejoindre nos héros dans cette galerie de portraits.

Merci mille fois d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.