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A la saint Gwendal le cénobite s’en va t-au bal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Mercredi 18 janvier 2017, 29è jour de nivôse dédié au Mercure.

Et les bas-bretons armoricains vont fêter les Gwendal. Gwenaël (puisque c’est là l’origine de ce prénom), né au commencement du VIème siècle, succéda en 532 à Gwennolé comme abbé de l’abbaye de Landévennec. En 539, il résigna son abbaye pour se rendre en Irlande où il séjourna trente quatre ans. Revenu en Armorique, il fonda sur les bords du Blavet un monastère où il mourut vers 585-590. Ce nom, dont la forme originelle Uuinhael revient à plusieurs reprises dans legouache anonyme cartulaire de Redon est un composé en vieux breton des qualificatifs uuin, « sacré, béni » et hael « noble, généreux ». Par fausse régression, ce nom a évolué en vendal dans plusieurs lieux-dits : Kervendal, noté anciennement Kervennal, et dans Saint-Guendal, nom d’une chapelle en Douarnenez noté Saint Guenel en 1691 (ci-contre une gouache de belle facture dont l’auteur restera à jamais inconnu). Pour la trouver (la chapelle, pas la gouache), il faut aller en direction de Confort-Meilars par la D 785. Elle se niche sur la gauche à environ 1 km après la sortie de Pouldavid (29). Dans le placître de la chapelle du même nom, en bas tout près de la route.

C’est un grand monument qui possède un toit incliné et un petit bassin. Elle est surmontée d’une croix. On y jetait des pièces, vite récupérées par les garnements. Aussi les pèlerins les cachaient dans les interstices, entre les pierres de construction. Le tout était dissimulé par des morceaux de faïence. Elle aurait le pouvoir Douarn-st-Vendal-300x214de guérir de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) et, plus largement, tous les maux qui entravent la marche. Encore aujourd’hui, et particulièrement le jour du pardon, des personnes s’aspergent les membres en souffrance de l’eau de la fontaine. Son pardon était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreux même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé « pardon va e kostez » en raison de la configuration du terrain. Certains l’appelaient aussi « pardon an dud affliged ». Quant au prénom Gwendal, qui jouit d’une vogue certaine, il apparaît donc comme une forme évoluée et populaire de Gwenhael. L’acception « au front béni » est donc erronée.  Largement répandu de nos jours, le succès de ce prénom est sans doute à mettre au crédit du célèbre groupe du même nom.

Bon, ben, je crois que j’ai tout dit, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.