Oyez l’histoire du petit Jean…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’internationale ouvrière et du pâté de lièvre réunis, bonjour ! Nous voici donc le Jeudi 15 décembre 2016, 25è jour de Frimaire dédié au grillon et, aujourd’hui, en Bretagne, on va célébrer Santig Du. Celui-ci n’est pas un saint comme les autres. En effet, ce n’est pas le Vatican mais le peuple qui en a fait un saint. Vox populi, vox dei !

De son vrai nom Jean Divoutou, il est né à St Vougay dans le Léon (finistère) vers 1279 et mort de la peste à Quimper en 1349. Le brave homme avait l’habitude d’aller pieds nus et les bretons  le surnommaient Yann Diarc’hen, c’est à dire Jean sans sabots. Sur ses origines, voici ce qu’en disait Albert le Grand: « Le Bien-Heureux Jean, surnommé Discalcéat, ou Deschaux, à cause qu’il alloit toûjours nuds pieds, nasquit de parens de mediocre fortune, gens de bien & craignans Dieu, qui DUfaisoient leur residence  dans l’Evesché de Leon, en Basse Bretagne.On dit que sa mere estant enceinte de luy, desira manger d’une certaine espece d’oyseau qui ne se trouve pas en ces quartiers, & alloit ce desir tellement augmentant, qu’elle couroit risque de perdre son fruit ; mais Dieu la preserva extraordinairement ; car un jour, comme elle estoit en sa chambre, avec quelques siennes voisines, un oyseau tel qu’elle desiroit entra dans la chambre & se laissa prendre aisément, dont elle satisfit son appetit. Elle accoucha de ce benit enfant, environ l’an de grace 1280 sous le Pontidicat de Nicolas III, l’Empire de Rodolphe I & le regne de Jean I du nom, Duc de Bretagne, fils de la Duchesse Alix & de Pierre de Brenne, ou de Dreux, dit Mauclerc, son mary. Il fut nommé sur les sacrez Fonds, Jean, &, par humilité, voulut toute sa vie, estre nommé Iannic, qui est un diminutif breton de Jean, comme qui diroit Petit-Jean »

Il a consacré une grande partie de sa vie aux pauvres de Quimper et son culte est resté vivace jusantig-dusqu’à il n’y a pas longtemps. Il a laissé des traces dans l’histoire par ses actions durant le siège de Quimper par les troupes de Charles de Blois et surtout au cours de l’épidémie de peste qui frappa la Cornouaille à cette époque. Mon aïeule, qui savait aussi se montrer pieuse sans être bigote, nous a mené à plusieurs reprises jusqu’à la cathédrale de Quimper où, près de ses reliques, existait une petite tablette où des anonymes venaient y déposer du pain pour les nécessiteux; pratique qui remonterait au XVè siècle. Aujourd’hui on donne aux restos du cœur car, force est de constater que la modernité n’a pas supprimé la pauvreté. Ci-dessus, sa statue dans la vallée des saints bien sur.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

3 commentaires

  1. Gencyve

    Quel joli conte de Noël très bien narré comme d’habitude. L’aïeule si souvent citée aurait-t-elle ouvert une brèche dans l’athéisme du cénobite de Keramoal en visitant, dans son adolescence, la cathédrale dédiée à saint Corentin.
    Bonne journée à l’ermitage.

    • erwandekeramoal

      Que nenni ! Pierre DAC ne m’en voudra pas de lui emprunter la réponse: « ce n’est pas parce que on est au régime que l’on ne peut pas consulter le menu… »

  2. Gencyve

    Le cénobite a toujours la bonne répartie!!!

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