Le poète a « souvent » raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 24 décembre 2016, 4è jour de nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai posé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… sabots-dans-la-cheminee-1196715089-1149832Écrire c’est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon qui, au delà de ses engagements politiques et de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont portés par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage. P’tin, on se croirait sur France-culture…

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le Aragonmensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour le front. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes.Et, quand cette écriture est mise en musique par Hélène Martin, ça donne ce joyau…

Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-sœur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. C’est à elle que l’on doit cette superbe citation: « J’ai appris que pour être prophète, il suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets). Aragon devient simple journaliste à L’Humanité et entame une nouvelle carrière aragon-et-ristat-300x225de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à demain peut-être.

4 commentaires

  1. fabig

    Les poèmes d’Aragon : j’adooore !
    Le pessimisme de défense est une stratégie pour affronter et surmonter l’anxiété. Etre conscient de toutes les choses qui pourraient se passer de travers peut vous pousser à redoubler d’efforts afin d’éviter un échec. Dixit une psycho de Simple things !

  2. Robert Spire

    Il était un poète populaire, c’est rare.

    • Rémi Begouen

      @Robert – à mon avis, seuls étaient populaires les quelques poèmes d’Aragon mis en valeur par les artistes Hélène, Léo, Marc etc.
      Pour le reste de la popularité, ce n’était pas le poète qui l’était mais, plus ou moins, le « Camarade Aragon », très cadre docile du PCF à l’époque de sa puissance… Mais même son ouvrage « les communistes » est resté peu lu… à juste titre!
      (par contre « le Paysan de Paris » est très beau…

      • Robert Spire

        Oui, tu as raison. Je dis « populaire » car Aragon avec Hugo et Verlaine sont des noms de poètes connus de beaucoup de gens , même de ceux qui ne lisent pas.

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