Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la tragédie antique et de la politique en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 11 novembre 2016, 21è jour de brumaire dédié aux Bacchantes, ces nymphes qui célébraient les mystères deEvoé Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’elles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants.

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands-pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Les pacifistes, les antimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois pour le 11 novembre à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame maudite-soit-la-guerresans détour : Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France, dont un à Primelin (29) mais, ils se compte sur les doigts. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là. Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme. C’est Jules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument.

 https://youtu.be/jhmLsDcQIdA

Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne ou encore Non, non, plus de combats ( chanson anonyme écrite dans les tranchées, datant de 1917, au moment des mutineries. Elle se chantait sur l’air de « Gloire au 17ème », chanson antimilitariste de Montéhus sur le régiment d’infanterie qui refusa de tirer sur les vignerons révoltés en 1907) devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Allez, en route pour la commémo. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

3 commentaires

  1. lediazec

    Salut Cénobite ! Je découvre ton papier à l’instant où je viens de poster le mien sur le même sujet. Je l’ajoute de suite en lien.
    La bonne journée.

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  1. Mwèrt po l’Patreye | Mes coups de coeur

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