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L’eau ferrugineuse, oui !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’oxymoron et du pudding aux carottes réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 29 novembre 2016, 9è jour de frimaire dédié au genièvre. Cette boisson à genièvrebase d’alcool de grain était très consommée au siècle dernier notamment dans le Nord de la France. Voici ce qu’en disait François-Joseph Grille en 1825 après avoir visité cette région : « Ajoutons que dans les arrondissements formés de l’ancienne Flandre, on fait abus de liqueurs fortes ; de là, disent les docteurs, viennent des maux sans nombre que la sobriété seule peut réparer. Ainsi, dans ces contrées, le genièvre et l’humidité se disputent le triste honneur de moissonner plus cruellement une population imprévoyante.» Au Québec cette boisson est appelée gros gin…d’où l’expression gros gin comme devin; mais naaaan, j’rigole!

A l’instar du gin, du whisky et de la vodka, le genièvre est une eau-de-vie de grains. Les baies de genévrier ne sont utilisées qu’en fin de fabrication au cours de la dernière distillation pour aromatiser le genièvre et lui donner son nom. Une fois mélangées en proportion, les céréales sont moulues pour en faire de la farine et libérer l’amidon du grain. Cette farine est ensuite mélangée à de l’eau chaude dans laquelle les enzymes naturelles du malt d’orge vont dégrader l’amidon en sucres : c’est le brassage, qui va durer plusieurs heures. À la fin de cette opération, on obtient un jus sucré appelé moût. Ce moût est alors 220px-Jielbeaumadier_genievre_loos_2010ensemencé avec des levures  qui vont pouvoir fermenter les sucres. On parle de fermentation alcoolique durant laquelle les sucres sont transformés en alcool par les levures. La dernière étape de la fabrication du genièvre est la distillation, qui se fait en deux ou trois passages en alambic selon les distilleries et permet non seulement de séparer le moût de l’alcool, mais également de concentrer ce dernier. Puis enfin, c’est au cours de la dernière distillation que l’on ajoute des baies de genévrier qui infusent dans l’alambic et parfument ce que l’on peut désormais appeler le genièvre. Très longtemps, la consommation du genièvre était fortement liée à la bistouille, ou « bistoulle » en patois du Nord. Le café du matin était agrémenté de genièvre chez les cafetiers où l’on se retrouvait avant d’aller au travail.
Qu’à cela ne tienne, je continue à préférer le single malt et j’ai décidé de nommer le Ardbeg Galiléo meilleur whisky du monde. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.