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A la St Tanguy, le cénobite reste au lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la pensée libertaire et de la tisane de Mélisse réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 19 novembre 2016, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié.

En Bretagne nous célébrons les Tangi. Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan 300px-Trémazanen Léon, près de portsall (ci-dessous à gauche: les ruines du château de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme qui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. »

Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fHaude & Tanguyallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa sœur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tue (la sœur, pas la belle-mère) en la décapitant d’un coup d’épée (les talibans à côté c’est des enfants de chœur). C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir.

Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repent sévèrement demandant à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton «tan» feu et «Ki» guerrier et lui aurait donné Eodez.jpegl’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa sœur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée… Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poid des mots et du choc des photos… Ci-contre la statue de Eodez dans la vallée des saints.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.