Vous lisez actuellement les articles publié le octobre 20th, 2016

Page 1 de 1

Divagations rimbaldiennes…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 octobre 2016, 29è jour de vendémiaire dédié à l’orge. Il y a un peu plus de 160 ans (20 octobre 1854) naissait Arthur Rimbaud, à Charleville dans les Ardennes. L’auteur du bateau ivre et de une saison en enfer s’éteindra le 10 novembre 1891 à 37 ans après une vie pour le moins dissolue menée notamment avec son ami Verlaine. Il faut se souvenir qu’il soutiendra les insurgés de la Commune en 1871… Arthur-Rimbaud-300x223Rien que pour cela il méritait bien ce clin d’œil. Allez, une petit verre d’absinthe en mémoire de tous ceux  qui nous ont accompagné sur les bancs de notre adolescence et plus tard. Verlaine, Baudelaire, Apollinaire, Prévert, Desnos, Aragon, Eluard… La liste serait trop longue et je me demande si les ados d’aujourd’hui ont encore au fond de leur sacoche un livre de poche tout annoté de l’un de ceux là qui appartiennent maintenant au cercle des poètes disparus… A l’heure où les gentils s’apprêtent à chasser les méchants de Mossoul, il me revient en mémoire son poème Le Mal dans lequel il dénonçait déjà les œuvres sanguinaires de ces jeunes fous de Dieu et/ou du Roi qui ne laissent à leur mère que leurs yeux pour pleurer; alors que dans l’Olympe éthéré, les Dieux, les rois et tous les élus se tapent sur les cuisses en s’esclaffant gaiement…

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;
Tandis qu’une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…
Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,
Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.