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Payés à rien foutre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la philologie et de l’huitre de Prat-ar-Coum réunies, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 02 octobre 2016, onzième jour de vendémiaire dédié à la pomme de terre.

C’est aussi le jour anniversaire de la disparition de François Arago, en 1853 à Paris. il fut mêlé avec un petit groupe de républicains aux évènement insurrectionnels de 1848. A l’instigation de Ledru-Rollin et du vieux poète Lamartine (58 ans), le groupe gagne le lieu mythique de la Grande Révolution, celle de 1789. Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l’Eure et Marie proclament dans la nuit l’avènement d’un gouvernement républicain. Ainsi naît la IIe République.  Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, arago-214x300consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain. Les Ateliers nationaux ont été créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d’un travail symbolique. (ça vous rappelle quelque chose ?) Là-dessus se déroulent les élections législatives, les 23 et 24 avril. Ce sont les premières élections au suffrage universel (masculin). Contre toute attente, elles amènent à l’Assemblée une forte majorité de notables provinciaux très conservateurs…(l’électeur est un drôle d’animal). Le 10 mai, dans l’attente d’une Constitution, le gouvernement provisoire cède la place à une Commission exécutive issue de l’Assemblée.Cette Commission compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l’Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d’État virtuel, Garnier, Pagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin.

L’administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s’employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d’un franc par jour. Désœuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes. La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l’espoir d’étouffer ainsi l’agitation ouvrière.

1315419-Création_des_ateliers_nationaux_de_terrassement_au_Champ_de_Mars

C’est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu’à 400 barricades. Le général Cavaignac engage une terrible répression, à la mesure de l’effroi qu’éprouvent les bourgeois de l’Assemblée. Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l’ordre. Aujourd’hui, la bourgeoisie est devenue d’État, composée de hauts fonctionnaires, d’énarques, d’experts de l’expertise, de politicards consanguins (mais pas sans gains), de technocrates, européens ou pas. Mais leur rapacité est la même. Les mauvaises langues murmurent que l’avenir pourrait voir l’histoire se répéter et que les millions de chômeurs européens, les millions de migrants de toutes origines, les sans-abris, les sans papiers, les sans-le-sou, les sans terre, pourraient bien se charger de leur faire entendre raison…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.