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C’est un mauvais garçon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour  Nous sommes le Lundi 31 octobre 2016, 10è jour de brumaire dédié à la charrue… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un chansonnier libertaire qui fit les belles heures de La Muse rouge.

Fils d’un ferblantier et d’une giletière, François-Henri Jolivet travailla dans une imprimerie, dans un atelier puis comme livreur. Mais sa passion pour la chanson l’emportait : la-muse-rougedès l’âge de dix-sept ans, il chanta ses compositions dans les cafés concerts du boulevard Sébastopol. Il participa à une association de chansonniers amateurs, La Bellevilloise, et fut dès 1901 membre du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires avec notamment Sébastien Faure, F. Mouret, Le Père Lapurge, Paul Paillette, etc.. Jolivet qui fut longtemps livreur, tirant une voiture à bras, composait ses chansons en arpentant les rues de Paris et les écrivait pendant ses haltes. Pendant la Première Guerre mondiale, il entra dans le groupe La Muse rouge, dont j’ai souvent parlé ici, où, par dérision, il chantait habillé en poilu. Jolivet était un habitué des fêtes, des organisations et des journaux ouvriers, la-vache-enragéeparticulièrement de ceux qui maintenaient l’esprit pacifiste comme la Patrie humaine. En mai 1930 il fut nommé membre du Comité directeur de La Muse Rouge aux cotés notamment de J.P. Monteil, Robert Bernard Fredy, Guérard, Toziny , Thulerelle, Coladant et Jane Monteil. En 1931, comme la majorité des chansonniers libertaires de la Muse rouge, il s’opposera à l’adhésion du groupe à la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) qui venait d’être fondée et était contrôlée par les communistes. Ce refus entraînera une censure et un boycott de la Muse par les organisations proches du P.C.

Son œuvre comporte près de sept cents chansons ou monologues, parfois popularisés par les voix de Marguerite Greyval, Musidora et Édith Piaf. Cette dernière le soutint pendant ses dernières années alors qu’il était devenu presque invalide et aida à la publication de son œuvre sous le titre : Chansons sociales et satiriques, Paris, 1956, avec une chansonnierspréface d’Henri Poulaille. Plusieurs de ces chansons avaient été publiées dans les revues Nos Chansons et La Muse Rouge (Paris, 25 fascicules de 1922 à 1934).  Au début des années 1950, à près de 80 ans, il monta encore sur les planches à Montmartre pour y chanter dans une soirée organisée au « Tire-bouchon » par les amis du chansonnier libertaire Henri Chassin. A sa mort, le 31 octobre 1955 à Paris, F.H. Jolivet était le doyen de La Muse rouge. Il a été incinéré au Père Lachaise le 04 novembre accompagné de nombreux amis libertaires. Sources: Ephéméride anarchiste.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Qui sera calife à la place de Saddam …

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 30 octobre 2016. Le neuvième jour de brumaire (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à l’alisier (la plante hein, pas la tonne. Tonne à lisier, ha,ha,ha.). C’est la saint Bienvenue qui était métroune bienheureuse dominicaine de Frioul en Italie et donc qui n’a rien à voir avec notre Fulgence à nous qu’on à en Bretagne. Fulgence, né à Uzel (22) en 1852, réussit à 18 ans son entrée à Polytechnique et devint ingénieur des Ponts et Chaussées. Il entrera au service de la ville de Paris et mettra en œuvre le chantier du métropolitain. Son nom est désormais accouplé à celui de la station Montparnasse, mais pas pour souhaiter (bien des voyageurs le croient) à nos gens de l’Ouest qui descendent du train…..  » La bienvenue à Paris !  »

Tout à fait autre chose.

Une décennie après l’invasion américaine qui mit fin au règne de Saddam Hussein, l’Irak reste en crise. La bataille de Mossoul se précise pour tenter de bouter Daesh hors les murs renouant ainsi avec une très vieille et très ancienne tradition. Le 30 octobre 749, dans la mosquée de Koufa, en Irak, un chef musulman de 30 ans, Abdullah Abou-el-Abbas, est proclamé calife;  il s’empare alors de Damas, renverse le calife ommeyyade Marwan II et devient le nouveau maître de l’empire bagdadarabe sous le surnom mérité de Saffah (le Sanguinaire). Il fonde une nouvelle dynastie appelée abasside, d’après le nom d’un ancêtre, Abbas, qui n’était autre que le tonton de Mahomet. En 762, al-Mansour, fils et successeur de Saffah, crée une capitale de toutes pièces, au cœur de l’ancienne Mésopotamie et au confluent des civilisations hellénistique et persane, non loin de l’antique Babylone. Baptisée Bagdad (en persan, Don de Dieu), elle est aussi surnommée en arabe Dar as Salam (la Cité de la Paix). Elle est édifiée avec les pierres tirées des ruines de l’ancienne Ctésiphon, capitale des Parthes et ennemie de Rome. Que restera t-il de Mossoul quand les armes se seront tues ? Et qui sera calife à la place de Saddam ?

Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Salsifis comme ça…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 29 octobre 2016 et en ce huitième jour de brumaire nous célébrons la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est pourtant connue depuis fort longtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, scorsonèresadmirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit pour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671. Auparavant, il s’écrivait scorzonera, emprunté à l’italien, scorzone, serpent venimeux, dont notre plante était censée être l’antidote. Une autre explication voudrait que le mot signifie « écorce noire » à cause de la couleur de la pelure, mais elle semble de moins en moins acceptée sauf par les helvètes. Et maintenant vous pouvez rejoindre la cuisine, cela se prépare comme le panais. Son goût est agréable, plus soutenu que celui des salsifis avec un léger parfum de d’artichaut. Munissez vous de gants pour l’éplucher car vous risquez d’avoir les mains noires si vous le faites à mains nues.

Le 29 octobre 1981 voit la disparition du grand Georges Brassens. « Les cénobites tranquilles » dédie cette chanson merveilleuse à toutes ses lectrices… En leur souhaitant de faire partie des 5% bénies des dieux. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sein Jude…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 28 octobre 2016, 7è jour de brumaire dédié à la figue… Savez vous que Platon était un grand amateur de figue à tel point qu’il fut surnommé philosicos, celui qui aime les figues. On dit que la figue est sans doute le plus vieux fruit cultivé par l’homme, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l’intervention de l’homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de 11 400 ans.

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C’est aussi le jour où l’on est censé fêter les Jude.  « Apprenons de ce saint apôtre Jude à demeurer en repos, non sur l’évidence d’une réponse précise, mais sur l’impénétrable hauteur d’une vérité cachée ». dixit: Bossuet c’est beau comme du Morano… On dit que c’est le patron des causes perdues; dommage qu’elles soient davantage perdues pour les laborieux que pour les actionnaires. J’en profite donc pour souhaiter une bonne fête à mon aîné que ses pérégrinations professionnelles ont conduit outre-Manche en lui postant cette carte postale du plus mauvais goût. Mais, bien évidemment, Le 28 Octobre 2016 est en réalité le Lundi 23 Haha 144 CHAPEAU DE BOSSE-DE-NAGE fête suprême tierce dans le calendrier des pataphysiciens.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Je dors en Bretagne ce soir…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des jolies colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi  26 octobre 2016, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

Nous ne savons pas grand chose de la vie du bonhomme dont le culte était pourtant si répandu en Finistère. (pourquoi en faire un billet alors ? Oui, bon, soyez 220px-StAlar-134x300pas désagréable non plus…) Je poursuis, or donc, il aurait été le troisième évêque de Quimper succédant à Corentin et Connogan. Il a laissé son nom à la très jolie vallée du Stangala près de Quimper ainsi qu’à un petit val qui accueille le magnifique jardin botanique de Brest: le Stang-Alar. Il fut très populaire comme protecteur des chevaux quand bien même le nom laisse supposer qu’il s’agissait à l’origine d’un saint protecteur des alevins et des alevineurs (an alaer signifie « l’alevineur » en breton) en raison de la proximité de son nom avec celui-ci. Ce n’est que par la suite qu’il est devenu le saint patron des poulains, et par extension, des chevaux. Mais il fut invoqué aussi pour obtenir de la pluie… Non mais vous imaginez cela… Prier pour qu’il pleuve en Finistère !

 

Voici ce que l’on pouvait lire dans «Bulletin de la Commission diocésaine d’architecture et d’archéologie, 1901-1910»  Notre-Dame du Drénec est invoquée pour l’obtention d’un beau temps favorable à la moisson; Alar, patron d’Ergué-Armel (29), au contraire a pour mission d’obtenir de Dieu la pluie bienfaisante qui met fin aux sécheresses excessives…  En 1884, ce fut au tour des paroissiens de Clohars-Locronan_Saint-Alar-146x300Fouesnant de se rendre à Ergué-Armel aux pieds de saint Alar. Leurs prières furent écoutées et promptement exaucées : le soir même de ce pèlerinage à saint Alar, la pluie, depuis si longtemps désirée, ne cessa de tomber pendant toute la nuit suivante. On rapporte que le saint homme, poursuivit par des brigands arriva à la pointe du Griffonez qui surplombe l’Odet d’une grande hauteur. Sur le point d’être rejoint, il fit un signe de croix et s’élança dans le vide et, d’un bond prodigieux il atterrit sur l’autre rive en kerfeunteun. Étonnant, non ! Peu à peu Saint Alar s’éclipsa au profit de Saint Éloi pour se confondre avec ce dernier dans la croyance populaire. Rappelons néanmoins que le bon Saint Éloi, en mission de paix pour le roi Dagobert rencontra le roi breton Judicaël, deux siècles après la mort de Saint Alar; mais bon, on va pas chipoter.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est bien ici ma terre…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour ! Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le Mardi 25 octobre 2016, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Goueznou, neuvième évêque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques (celles de Goueznou) en procession le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique Gouesnouavec ses enfants, Goueznou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Ah, on savait accueillir les migrants à c’tépoque madame Michu… Un jour notre bonhomme rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  « autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » Tiens, pour illustrer ce billet, laissons la parole à mon vieux pote Milig.

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Goueznoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, fontainesurvenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle.

Bon et bien maintenant, vous savez tout… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les bus de la honte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la philosophie transcendantale et du waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Ce Lundi 24 octobre 2016 correspond au troisième jour de brumaire qui fut dédié à la poire, ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par trop fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa Louise Mc Cauley Parks.

Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demande de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiersRosa parks rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin. Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. (ici à droite en compagnie de Martin Luther King). Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles.
Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se souvient des fontaines publiques réservées aux Blancs…Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ci-dessous à gauche, une marche du KKK)

La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt KKKpendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Ku Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs. Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer. Elle est décédée le 24 octobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un hommage public.

Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations… A Yaoundé, capitale du Cameroun, le bus de rosaune avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes aussi (a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. » A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le petit Nicolas (pour les grands)…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Comme le disait mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Nous sommes le Dimanche 23 octobre 2016, deuxième jour de brumaire qui Restif gaucheest, qui l’eut cru, dédié au céleri. Aujourd’hui nous célébrons (ou pas) le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé. Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans les domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797.

Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait anti-justineavec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fera l’objet,tardif de l’admiration des surréalistes. Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade… ».  

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à demain peut-être.

La République se vit à visage découvert…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 octobre 2016, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain. Les manifs des policiers en colère, visages floutés par des télés bienveillantes, masqués pour la plupart, jeans et blousons de d’jeunes, arborant néanmoins le brassard « police » m’inspirent ces réflexions que je livre à votre sagacité.

La République se vit à visage découvert

LOI n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.
Art 1: Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.
Art 3: La méconnaissance de l’interdiction édictée à l’article 1er est punie de l’amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe.
Circulaire du 2 mars 2011 relative à la mise en œuvre de la loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.
Les tenues destinées à dissimuler le visage sont celles qui rendent impossible l’identification de la personne. Il n’est pas nécessaire, à cet effet, que le visage soit intégralement dissimulé.Masqués
Sont notamment interdits, sans prétendre à l’exhaustivité, le port de cagoules, de voiles intégraux (burqa, niqab…), de masques ou de tout autre accessoire ou vêtement ayant pour effet, pris isolément ou associé avec d’autres, de dissimuler le visage. Dès lors que l’infraction est une contravention, l’existence d’une intention est indifférente : il suffit que la tenue soit destinée à dissimuler le visage.

Un observateur tatillon, voire procédurier, y verrait sans nul doute, une police doublement hors la loi (ce qui, vous en conviendrez, serait un comble) primo en sortant de leur obligation de réserve qui leur interdit ce genre de manifestations, secundo en avançant masqués sur la voie publique. Seules les mauvaises langues y voient la patte du Front National; Il faut dire que les gars de la Marine ont la cote chez les policiers. Une étude du Cévipof, montre en effet que 57% des policiers sont prêts à voter Marine Le Pen à la présidentielle de 2017, alors qu’ils n’étaient que 30% en 2012.

 

Fort heureusement ce vieux Georges mettra tout le monde d’accord, enfin, je l’espère. Allez, merci de cette visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bis repetita placent…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la bamboche et du rhum arrangé réunis, bonjour! Nous sommes le Vendredi 21 octobre 2016, c’est le dernier jour de vendémiaire, dédié au tonneau… Voici un billet, par votre serviteur écrit, il y a quelque temps déjà; c’était avant les dernières élections présidentielles; deux points ouvrez les guillemets.

« J’appelle de mes vœux une véritable alternative. Une autre façon de voir et de concevoir la vie en société, frappée du coin de l’humanisme qui au siècle des lumières illuminait le monde. Cet immense espoir qui a irradié la planète en balayant les privilèges des nantis. Hélas, chassés par la porte ils sont revenus par la fenêtre. Ils ont abandonné leur particule mais la bête est toujours vivante. Elle se repaît sans pouvoirdiscontinuer de la sueur des travailleurs, de leur maigre épargne, de leur force de travail, et surtout de leurs illusions. Elle se dissimule sous le masque de la nécessité, de l’évidence du « on-ne-peut-pas-faire-autrement », je crois que c’est Bretch qui disait: l’évidence est le refus de comprendre ! Car il s’agit bien de cela, comprendre que libéraux et socio-démocrates ont abandonné le mandat qui leur était confié par les peuples souverains au bénéfice des argousins, de leurs fonds de pension, de leurs agences de notation. Comprendre, quoique en ait dit De Gaulle, c’était en octobre 1966, que la politique se fait à la corbeille et non plus au parlement. Oui, je crains que la gauche rose-bonbon, ne nous offre autre chose qu’une tiédasse alternance en mai 2012. Je crains qu’elle se refuse à s’attaquer aux racines du mal, tant les esprits sont aujourd’hui tank-top-detruisons-le-capitalisme-avant-quil-ne-detruise-la-planete-d001004001712formatés à vénérer le veau d’or, le marché, le libéralisme, en un mot, le capitalisme. Je suis de ceux qui pensent que capitalisme et humanisme sont irrémédiablement inconciliables. Ces gens qui sont prêts (et qui sont près) à mettre à genoux des États, des populations, des pans entiers de l’industrie, à néantiser tout ce qui relève du service non marchand, à diligenter des guerres post-coloniales pour sauvegarder leurs intérêts pétroliers, à obérer l’avenir des générations futures par leurs délocalisations, leurs déforestations, leur nucléarisation, leurs OGM, le pillage des ressources naturelles, ces gens là n’ont que faire de justice sociale, d’équité, de partage. »

Aujourd’hui madame Michu, la Gôche gouverne à droite, la droite attend le sauveur suprême, le FN se porte mieux que jamais, la colère est dans la rue et les lendemains qui déchantent font notre pain quotidien. Il y a des fois où l’on n’est pas forcément content d’avoir eu raison trop tôt. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.