Gymnopédies…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la libre pensée et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 1er juillet 2016 c’est à dire le 13 de Messidor, jour habituellement consacré à la giroflée et non pas au clou de girofle comme voudrait nous le faire croire quelques arracheurs de dent.

Et l’homme du jour est Alfred-Erik Leslie-Satie, né à Honfleur le 17 mai 1866 — mort à Paris, le 1er juillet 1925. Il passe son enfance à Honfleur. Après le décès de sa mère, il est élevé par ses grands-parents et prend des cours d’orgue avec un oncle. En 1879-1886, il rejoint son père, courtier maritime, à Paris, sa mère était écossaise. Il entre au Satie 02conservatoire de Paris et suit les cours de Decombes, Taudou, Mathias, peut-être de Lavignac. En 1886, il compose Ogives, pour le piano. À partir de 1887, il adopte la vie Montmartroise. Les Trois Gymnopédies datent de 1888, les Trois Gnossiennes de 1890. De 1891 à 1895, il connaît une période assez énigmatique d’adhésion au mouvement de la Rose-Croix de Josephin Péladan (voir mon billet du 28 mars 2010) qui porte le titre de « Sâr ». Ce qui fit dire à Pierre DAC : «le sâr dine à l’huile !» En 1891, il compose les Trois Préludes du Fils des étoiles « wagnerie kaldéenne » sur un texte de Péladan. On fera de cette œuvre une source d’inspiration de Pelléas de Debussy. A gauche, son portrait par Suzanne Valadon, qui fut sa compagne et qui donna naissance au futur Utrillo… Voici une « invitation à danser » sur des images du vieux Paris.

En 1892-1893, il compose les Sonneries de la Rose-Croix et les Danses gothiques et en 1895, la Messe des Pauvres pour chœur et orgue. Il s’engage comme pianiste dans des cabarets de Montmartre, puis Satie droites’installe à Arcueil vers 1898. En1905 il entre à la Schola Cantorum, et suit des études de composition et de contrepoint avec Vincent d’Indy, Roussel et Sérieyx. Vers 1910, il se rapproche de novateurs comme Diaghilev, Picasso, Cocteau. Il compose Socrate, certainement son chef-d’œuvre en 1918. En 1924, Relâche « ballet instantanéiste », sur un argument de Francis Picabia, avec un intermède cinématographique de René Clair ( Entracte), une chorégraphie de Jean Borlin, avec les Ballets suédois de Rolph de Maré. La même année on donne Mercure, dans des décors de Picasso et avec une chorégraphie de Massine. Alphonse Allais, lui, le nomme « Esotérik Satie ». Faut-il rappeler qu’il fut membre du collège de pataphysique.

Satie fait figure de proue de l’Avant-garde et deux groupes se recommandent de son autorité. Le Groupe des Six et l’ École d’Arcueil. Engagé dans la vie sociale, il collecte des fonds et organise des goûters pour les enfants déshérités. Il écrits plusieurs articles pour le journal l’Humanité, mais estime que ses camarades Bolchéviks ne valent pas mieux que les bourgeois. Lui qui était entouré de tant d’amis, il fréquenta aussi bien Picasso que Picabia, Debussy et man Ray, André Breton et Duchamp, vivait dans une extrème précarité. lorsque, à sa santiago_rusic3b1ol_-_portrait_erik_satie_jouant_lharmoniummort, ses amis pénétrèrent dans son studio d’Arcueil, auquel Satie refusait l’accès à quiconque, ils y trouvèrent deux pianos complètement désaccordés et attachés ensemble, remplis de correspondances non ouvertes (auxquelles il avait toutefois en partie répondu) et derrière lesquels ont été retrouvées un certain nombre de partitions jusqu’alors inédites, comme celle de Geneviève de Brabant qu’il pensait avoir perdue.(A gauche un portrait signé Santiago Rusiñol) Dans un placard, une collection de parapluies et de faux-cols. Et dans l’armoire, des costumes de velours gris identiques au sempiternel costume que Satie portait toujours : il les avait fait faire d’avance et en prenait un nouveau lorsque le précédent commençait à être trop usé. L’état du studio révélait la pauvreté dans laquelle avait vécu Satie : ne pouvant vivre de ses talents de musicien, il ne se plaignait toutefois pas ou très peu. Quant à demander une aide financière à ses proches, c’était chose encore plus rare et plus difficile pour lui.

Allez, débutons ce mois de juillet en musique, portez vous bien et à demain peut-être.

4 commentaires

  1. Mildred

    Et quand on écoute la première Gymnopédie comment ne pas entendre le cœur de Satie qui bat ?

    https://www.youtube.com/watch?v=FyUNbrgLezI

  2. Bargougnan

    Satie membre du collège de ‘Pataphysique…
    Un bel exemple d’adhésion par anticipation !

  3. Sceptique

    Merci pour cet hommage àÉric Satie, dont j’aime beaucoup la musique. « L’invitation à danser » n’est, par contre, pas très dansante!

  4. Crisfi

    Satie, personnage mystérieux que j’ai découvert, déjà adulte. Merci pour ce 1er Juillet qui lui est consacré et qui me redonne l’envie d’écouter une Gnossienne ou Gymnopédie (la proposition de Mildred me tente dans l’immédiat, merci)

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