Sacré Jules…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du paradoxe et du tiramisu aux spéculoos réunis, bonjour ! Nous voici le Mardi 14 juin 2016, 26è jour de prairial dédié au jasmin. Avant de donner son nom à une révolution méditerranéenne (le jasmin blanc jasmin-300x218est la fleur emblématique de Tunisie) cette plante avait conquis les parfumeurs. L’un d’entre-eux, Jean Patou, disait à propos du jasmin, qu’il fallait 10 600 fleurs pour produire une once de parfum. On dit que Cléopâtre serait allé à la rencontre de Marc-Antoine sur un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin… Il est vrai qu’elle avait du nez !

Aujourd’hui donc, anniversaire de la mort d’un syndicaliste brestois, anarchiste et Franc-Maçon. J’en ai déjà parlé mais cela ne suffit jamais à compenser l’assourdissant silence qui entoure la mémoire de ces militants anarchistes. Jules Le Gall occupe une place conséquente dans Jules Pengaml’histoire du mouvement anarcho-syndicaliste brestois, de la fin du XIXe au début du XXe siècle. Avec son ami Victor Pengam, il fonde une section de la Jeunesse Syndicaliste de France, regroupant de jeunes ouvriers de l’Arsenal. Pengam et lui ont adhéré à la Fédération Communiste Anarchiste en 1911. 4 juillet 1904, la bourse du travail de Brest est officiellement créée. Jules le Gall en devient le secrétaire et Pengam le trésorier. La municipalité la dote d’un immeuble provisoire et d’un budget de fonctionnement de 5000 francs. Les militants vont y développer un bureau de placement, une bibliothèque, des cours professionnels, des campagnes d’éducation… En 1907, 13 syndicats regroupant près de deux milles salariés sont affiliés à la bourse du travail. Dès 1905 ils seront la cible de la répression, Pengam est exclu de l’arsenal pour une durée de cinq mois et Le Gall est inculpé pour incitation de militaires à la désobéissance.

Lui qui fut inculpé pour incitation au meurtre et au pillage pour un discours prononcé le 1er mai 1907, se retrouva évidemment dans le combat pour mobiliser l’opinion contre l’exécution des deux syndicalistes américains, Sacco et Vanzetti, en 1927. L’Abbé Madec, inaugurationpourtant catho-social (il a rejoint le mouvement de Marc Sangnier) écrit sur lui dans la Quinzaine Ouvrière : «Sa propagande criminelle ne marchant pas au gré de ses désirs, il ne se contente plus de la ville de Brest pour champs de ses exploits, il veut aussi pervertir nos belles campagnes brestoises. Et on peut voir ce triste camelot traînant son ennui et sa haine parmi nos populations rurales. ». No comment ! A droite, hommage rendu par des Francs-Maçons brestois à Jules Le Gall lors de l’inauguration d’un square qui porte son nom.

Il fit venir à Brest le chef du mouvement anarchiste ukrainien, Makhno, (ici à gauche) persécuté par le po220px-Mahno_sans_dateuvoir soviétique; voir mon billet du 26/10 2013. La création de la Maison du peuple, c’est encore lui. Il n’est pas étonnant que cet homme, promoteur d’idéaux de fraternité, ait adhéré à la loge maçonnique « Les Amis de Sully ». Il en fut même le président de 1930 à 1938. Anarcho-syndicaliste, franc-maçon, il fut bien évidemment la cible du régime de Vichy. Et, c’est la très « républicaine » police française qui  l’arrêtera en 1941. Il sera interné à Compiègne, puis déporté en Allemagne, au camp de concentration de Buchenwald. Il y est mort le 14 juin 1944.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

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