Coucher de soleil sur l’Adriatique…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la transmutation et de la trans Léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 juin 2016, 27è jour de Prairial dédié à la verveine… Et en Bretagne armoricaine on fête les Vougay.

Le 15 juin 1885 à Amiens, naissance de Roland Dorgelès qui décèdera le 18 mars 1973 à Paris. Le journaliste et écrivain Roland Dorgelès a raconté dans Les Croix de bois son expérience de poilu. Son livre est le Boronali_Impressionplus poignant témoignage de l’absurdité de la Grande Guerre. Avant la tragédie, la farce : en 1910, avec ses amis du Lapin Agile, un cabaret de Montmartre, il concocte un canular en présentant au Salon des Indépendants un tableau abstrait présenté comme l’œuvre d’un certain Boronali (anagramme d’Aliboron). La toile a été en fait badigeonnée par un âne à la queue duquel on avait attaché un pinceau. Boronali fut célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint qu’une seule toile…
Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre néBoronali à Gênes ». En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s’enthousiasment et l’affaire fait grand bruit, jusqu’au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la butte  Montmartre. Sur la photo à droite, le « Père Frédé » et son âne Lolo. Boronali est l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s’est vendue 400 francs… Le fameux cabaret lui, il doit son nom au caricaturiste André Gill qui imagina comme enseigne, un lapin bondissant hors de la casserole. Par jeux de mots, le lapin à Gill devint le lapin agile. L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmartre.

Et voilà, on cause, on cause et on ne sait plus très bien où cela nous entraîne. En tous cas, c’est sympa à vous d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

5 commentaires

  1. Gensyve

    A ce sacré cénobite où va t-il chercher ses anecdotes. J’étais loin de penser que cette supercherie sied à Roland Dorgelès

  2. Mildred

    J’ai aussi une petite histoire de ce genre :
    Un jeune artiste promis à un bel avenir, Prix de Rome 1972-73, qui à l’époque faisait partie de ma famille, m’avait offert un grand dessin au crayon que j’avais accroché au mur de ma chambre.
    Quarante ans plus tard, à l’occasion d’un déménagement, ma plus jeune fille me demande :
    « Où sont les poils de Papa ?
    - Quoi ? ! ! !
    - Oui, le tableau représentant les poils de Papa qui était accroché au-dessus de ton lit ?
    - Mais tu es folle ! Ce dessin est une étude du mouvement des élèves dans l’atelier de César à l’Ecole des Beaux-Arts. »
    Et alors ma fille abasourdie de me raconter que, à quatre ou cinq ans, elle avait demandé à Alain Lemosse ce que représentait ce tableau, et qu’il lui avait répondu : « Ce sont les poils de la poitrine de ton père ! »
    Pour sûr que les déménageurs en rient encore !

  3. Sceptique

    Vous m’entrainez, comme souvent, vers ma jeunesse, que ces histoires ont enchanté ou ému (la guerre de 14). Ceux qui l’ont déclenchée ne pouvaient pas savoir comment elle tournerait. Une mauvaise combinaison des techniques militaires, trop efficaces, et de la mobilité des troupes, trop lente.
    La suite a montré que l’humanité est loin d’être guérie de l’envie d’en découdre. Si ce n’est pas nous, ce sont les autres.

  4. Mildred

    En y réfléchissant, je me suis dit qu’il n’était plus nécessaire de faire peindre les ânes, depuis que les peintres se sont mis à peindre comme eux.

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