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Le bazh-yod…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 juin 2016, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine et premier de l’Eté. La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommé en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange bazh-yod-300x226trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et néanmoins perfides, de me demander d’où je la sortais. Elle se nomme Voltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre, 1866, quelque part dans le Michigan, Etats Unis de_cleyre_voltaird’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, elle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique peut-être cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago des suites d’une méningite, en 1912 en laissant derrière elle quelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition. A lire, en français, « D’espoir et de raison, écrits d’une insoumise » (2008). Textes réunis et présentés par Normand Baillargeon et Chantal Santerre chez LUX éditeur.
« A la fin de votre vie, vous pourrez fermer les yeux en disant : je n’ai point été gouverné par l’idée dominante de mon siècle. J’ai choisi ma propre cause et je l’ai servie. J’ai prouvé par toute une vie qu’il est quelque chose en l’homme qui le sauve de l’absolue tyrannie des circonstances, qui triomphe et les refonde, et cela c’est le feu immortel de la volonté individuelle, laquelle est le salut de l’avenir.»

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien, vive la République et à demain peut-être.