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Posséder, c’est se faire posséder…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LECTURE

Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjouartichautr ! Figurez vous, chers lecteurs, que ce Jeudi 30 juin 2016 n’est rien moins que l’équivalent du 12 Messidor, dédié à l’artichaut. L’artichaut, c’est bien connu, est au Léon (29) ce que la bêtise est à Cambrais, le nougat à Montélimar, Colombine à Pierrot et Castor à Pollux.  Je parle du camus de Bretagne évidemment, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ».

Le 30 juin 1840, sortie du livre de PROUDHON « Qu’est-ce que la propriété? ou Recherche sur le principe du droit et du gouvernement ». Ce premier mémoire est dédié à l’Académie de Besançon. Cela provoque un scandale; cette dernière exige le retrait de la dédicace, et somme Proudhon de venir s’expliquer devant elle. Le bac est passé mais je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ce petit devoir de vacances:

«Sachant qu’il existe une quantité finie d’objets appropriables. Un droit de propriété sur ces objets va développer un nombre fini de propriétaires possédants les objets. Plus un propriétaire possède d’objet, plus il est puissant, plus il peut posséder d’objets. Nous avons donc ici une boucle de rétroaction positive. De plus, plus un propriétaire posséder Missticpossède d’objets, moins les autres en possèdent, moins ils sont puissants, donc moins ils peuvent posséder. Nous avons ici une deuxième boucle de rétroaction positive.(Le terme de rétroaction positive est très souvent employé dans le domaine du changement climatique. Certains facteurs comme l’augmentation des températures vont provoquer des effets sur le climat qui à leur tour vont accentuer l’augmentation des températures. C’est alors un cercle vicieux qui s’enclenche et qui accentue le phénomène.)
Par conséquence, l’état stationnaire d’un système économique basé sur le principe de la propriété a pour conséquence directe l’établissement de monopoles, et d’accroître les inégalités. Or l’homme doit pouvoir profiter des objets dont il a besoin, et ce de manière équitable. Le concept de propriété dépossède donc l’homme de ce droit. Donc, la propriété, c’est le vol. »

Voilà, je ramasserai les copies en septembre mais, d’ici là vous pouvez déposer vos commentaires. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Une p’tite soupe et au lit…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des droits de l’homme et de Gibraltar réunis, bonjour ! (des droits de Gibraltar ! Oui c’est très mauvais, je vous l’accorde…) Nous voici le Mercredi 29 juin 2016 c’est à dire le 11è jour du mois de Messidor, généralement consacré à la coriandre. Les étymologistes se disputent à propos de l’origine du mot: Grecs pour les uns, de source Mycéenne pour les autres – Koriadnon, pour Ariane la fille de Minos – En Arabe le coriandre-300x234mot se dit Kuzbur, même si dans l’Algérois on dit hachiche qui veut dire littéralement: Herbe. Mais, même bien séchée, je vous déconseille de la fumer. La coriandre se marie très bien avec les carottes sous toutes les formes. Mais ça le fait aussi avec les patates. Avec l’été venu, imaginez une petite salade de pommes de terre au cumin, légèrement citronnée et parsemée de coriandre; un vrai régal qui mériterait un article chez Madame « dans ma cuizine » (j’espère que vous lui avez souhaité un bon anniversaire). La coriandre c’est comme le cochon, tout est bon de la feuille à la racine en passant par la fleur et la graine. On lui prête même des vertus antiseptiques dans les bains de bouche destinés à calmer les douleurs dentaires et ça… Ça m’intéresse.
Pour ceux qui s’intéressent à la littérature gastronomique, je leur conseille: Bouquet de coriandre, publié en 2007 et écrit par Rachel SAMOUL, un recueil de treize nouvelles, où la coriandre joue un rôle essentiel. Allez, c’est assez pour un mercredi, portez vous bien et à demain peut-être.

Hé, Ho, c’est l’été !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la démocratie référendaire et du poulet basquaise réuni, bonjour ! Nous sommes le Mardi 28 juin 2016, dixième jour de Messidor dédié à la faucille et, normalement c’est l’été depuis quelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiait « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour à propos des fêtes de l’été a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non !

L’homme du jour se nomme Gaston Couté, il est né à Beaugency, Loiret, le 23 septembre 1880. Ses parents étaient meuniers au vieux moulin des Murs. On appelait son père  « Couté des Murs », pour ne pas le confondre avec un autre Couté habitant la région. Avant le baccalauréat, il quitte l’école, qu’il détestait. Il est employé comme commis auxiliaire à la Recette générale des impôts d’Orléans, puis travaille pour un journal local, Le Progrès du Loiret. Il commence àGaston-Couté-265x300 publier ses poèmes, dont certains sont composés en patois beauceron, dans des feuilles locales. Il a l’occasion de les faire entendre à une troupe d’artistes parisiens en tournée. Ayant reçu quelques encouragements, il se décide, en 1898, à monter à Paris. Il a dix-huit ans. Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre.

Le 13 juin 1911,  « La Guerre Sociale » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ». Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre:  Il avait an tire-bouchon. Elle pouvait se chanter sur l’air de: Elle avait une jambe en bois.

 Il avait un tir’ bouchon
 Dans la poch’ de son veston
 On s’ demande où s’arrêt’ra
 L’audace de ces scélérats ?

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les ateliers. Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. La fin de sa vie allait lui être difficile : la tuberculose, l’absinthe, la privation… Il meurt vingt-quatre heures après avoir été conduit à l’hôpital Lariboisière. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la coute_recueil-191x300chanson  Pour faire plaisir au Colon. Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause. Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort ! ». Il est venu à la grand’ville, avec cent francs en poche et le reste en pur talent, y faire montre de son art. La bohème est sœur de misère et Couté débute une vie d’errance « sous la neige et sous la pluie, sans chaussures et sans presque de vêtements.  » A son arrivée, il n’a comme salaire qu’un café-crème pour réciter ses poèmes. C’est parti pour treize ans de vaches maigres même si, étrange paradoxe, il devient populaire, hantant de sa voix et de ses mots les cabarets à la mode, à Montmartre, aussi sûrement qu’il l’est à Belleville, à y déclamer ses vers aux ouvriers. Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré.

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à demain peut-être.

Big brother is watching you…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’Utopie réjouissante et des sciences occultes réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 juin 2016, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie, éminente blogueuse culinaire, qui s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour le lui souhaiter le meilleur possible. Pour visiter sa cuisine, c’est par ICI.

Je vous propose un petit texte très intéressant de Serge Carfantan, docteur agrégé de philosophie. Ce texte a été écrit dans le cadre d’un cours sur le cynisme politique, dans lequel il s’inspire notamment des œuvres d’Aldous Huxley, le Meilleur des mondes, et de Gunther Anders, l’Obsolescence de l’homme. Retrouvez Serge Carfantan sur son blog.platon
«Le livre de Huxley Le Meilleur des Mondes est paru en 1932. Son caractère visionnaire est stupéfiant. Presque inquiétant. Tous les ingrédients du roman sont aujourd’hui effectivement réunis pour que le scénario soit… en passe d’être réalisé. Si nous devions formuler dans un discours une prosopopée du cynisme politique incarné par le personnage cynique d’Huxley, cela donnerait quoi ? Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter…

… Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser… En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

aldous-huxley
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu…Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels.»   [Serge Carfantan]

Toute ressemblance avec notre actualité n’est hélas pas fortuite. Allez, néanmoins, portez vous bien et à demain peut-être.

La course à (la vraie) échalote…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 26 juin 2016, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote. Parce que c’est après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés ramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire qu’ici, dans le Léon (Nord-Finistère, 60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont les-johnniesLanderne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille. Mais aujourd’hui la concurrence est rude. Présente depuis une vingtaine d’années, l’échalote de semis est accusée de tirer les prix vers le bas et de grignoter les marges des producteurs, notamment à l’export. La filière s’est mobilisée et créé un logo pour identifier ce qu’elle appelle « la vraie échalote ». Aujourd’hui, elle veut aller plus loin et réclame à l’Europe de cesser d’appeler échalote ce qui à ses yeux n’est qu’un vulgaire oignon car, le paysan breton, lui, ne s’en laisse pas conter. Même avec des mensurations allongées, un oignon reste un oignon. Et l’oignon déguisé en échalote est, pour lui, une histoire triste à pleurer.

 
Justement, ici, en pays Léon, on fête les Gwenvred; prénom féminin breton qui nous vient tout droit… du pays gallois ou l’on dit Winifred. Gwenvred était une jeune fille vierge vivant au Pays de Galles et qui comme bon nombre de ses consœurs féminines et martyres, s’était refusée à un homme, un prince nommé Karadog qui lui fit alors Holywell St Winifred's Well old phototrancher la tête. Encore couramment employé au 15ème siècle, ce prénom porte en lui, ici bas, une valeur toute particulière car il fut le prénom de la dernière reine de Bretagne, épouse du Roi Salaun qui régna sur la région de l’An de Grâce 857 à celui de 874. Issu des mots bretons Gwenn, qui signifie blanc et Bred qui pourrait être traduit par esprit ou dans le breton moderne par le préfixe psyché ou psycho, ce prénom, littérairement parlant, pourrait voir traduite sa signification par les expressions « heureux esprit » ou « esprit béni ». Devenu très rare de nos jours, le prénom Gwenvred a toutefois donné naissance à quelques dérivés tels que Gwenvrevi et Winifrid.

Bon, c’est pas tout, je dois encore faire les courses et trouver un bel onglet de bœuf pour accompagner mes échalotes. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A propos de George Orwell…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la médecine douce et du cidre brut réunis, bonjour ! Nous concombre-2sommes le Samedi 25 juin 2016, septième jour de Messidor dédié au concombre. Attention, il ne s’agit pas de celui de Mandryka dont la philosophie à peine masquée me fait toujours autant rigoler; mais bien de la plante potagère herbacée et néanmoins rampante de la famille des cucurbitacées…

 

Le 25 juin 1903, naissance de George ORWELL (de son véritable nom Eric BLAIR) à Motihari au Bengale, Inde. Journaliste et écrivain politiqCVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300ue anglais, combattant antifranquiste. George Orwell n’est pas vraiment un anarchiste, sinon un « anarchist tory (conservateur) ». S’il figure ici, c’est pour son magnifique livre, Hommage à la Catalogne libre (fruit de son expérience espagnole), mais aussi pour ses dénonciations des dangers du totalitarisme : La ferme des animaux et 1984. Après une éducation anglaise, il s’engage en 1922 comme officier de police en Birmanie (colonie anglaise), mais il en démissionne en 1928 pour se consacrer à l’écriture. Sans argent il vit dans la dèche à Paris et à Londres, où il exerce divers petits boulots.

Juillet 1936, la révolution espagnole éclate, il se rend alors à Barcelone et dans l’enthousiasme révolutionnaire s’engage dans les milices du POUM. Il prend part aux événements de mai 1937, puis retour sur le front de Huesca où, le 20 mai, une balle lui traverse la gorge. Blessé et dégoûté des trahisons staliniennes, il rentre en Angleterre où il se Orwell par Vernon Richardsremet à l’écriture. La guerre voit son engagement dans la garde nationale anglaise, puis il devient speaker à la BBC. En 1943, il est directeur de rédaction du journal « The Tribune » et ensuite envoyé spécial de « The Observer ». Atteint de tuberculose il meurt le 21 janvier 1950. « On était en décembre 1936.(…) J’étais venu en Espagne dans l’intention d’écrire quelques articles pour les journaux, mais à peine arrivé je m’engageais dans les milices, car à cette date, et dans cette atmosphère, il paraissait inconcevable de pouvoir agir autrement. Les anarchistes avaient toujours effectivement la haute main sur la Catalogne et la révolution battait encore son plein.(…) C’était bien la première fois dans ma vie que je me trouvais dans une ville où la classe ouvrière avait pris le dessus. » in: Hommage à la Catalogne.

Allez merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

A st Jean, au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 juin 2016 qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean Feux mobilisait tantadtout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu).

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si puissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à danses nocturnesJean-Baptiste (y-a pas de petit profit). Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule ésotérique, nommée la verven-Dieu mais que je ne peux dévoiler…

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour petit journalpréserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

la radio des blogueurs

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Comme chaque année je réponds présent: Salut à toi Lolobobo !

 

radio blogueurs

 

La sainte et la mule…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 23 juin 2016, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas Muletle poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du Poitou. Autrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou. Attendez voir; Poitou, tête de mule; y’avait-y pas une ministre qui…

Et l’on pourra souhaiter une bonne fête aux Audrey, alias Edeltrude et en Bretagne Gwentrog:   Edeltrude est connue dans le Finistère sous le nom de Gwentroc ou Ventroc. Sainte patronne de Tréfflez (29), on prétend que l’eau de sa chapelle (ici à gauche) guérit les rhumatismes. La sainte femme aurait laissé son nom à la paroisse de Bréventec qui proviendrait soit de Bré signifiant colline et gwent signifiant vent, soit de Gwentroc qui en est la patronne. Le missel de Breventec porte le nom de Bregwentrec. La patronne Sainte Gwentroc ou Ventroc, reine treflez_coz_iliz_2015_05_12_21_54de  Northumbrie (Sussex), se retira dans un monastère où elle mourut vers 679. Le grand nombre d’églises anglaises qui portaient son nom jadis montre bien combien cette sainte fut populaire en son pays. Elle vécut à l’époque de l’Heptarchie, c’est-à-dire à l’époque où l’Angleterre comprenait sept royaumes : Essex, Sussex, Wessex, Kent, Mercie, Est-Anglie et Northumbrie. Bien qu’Audrey ait désiré garder sa virginité, son père, Anna, roi d’Est-Anglie, ne l’en fit pas moins contracter deux mariages politiquement utiles. Par le premier, elle devint la femme d’un vieillard malade, le prince Tonbert qui mourut au bout de trois ans. Restée vierge, sainte Audrey pensait entrer en religion, quand on exigea d’elle qu’elle épousa le prince Egfried, fils du roi de Northumbrie. Ce n’était qu’un enfant. Quand il fut pubère, il voulut user de ses droits conjugaux, mais la future reine prit la fuite et se retira dans l’abbaye de Cuningham. Egfrid ne poursuivit pas son projet pour trouver femme mieux à sa convenance. Audrey put alors fonder l’abbaye d’Ely, puis en devenir l’abbesse.
Bon, maintenant, je vous raconte cela, je ne sais vraiment pas pourquoi. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Un citoyen du Monde…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de mes amis et du fromage de brebis réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 juin 2016, 4è jour de messidor dédié à la véronique et vous lisez le 2572è billet des cénobites tranquilles.

Il est des êtres humains auxquels le destin réserve un sort exceptionnel... Pierre Martin est de ceux là, toute sa vie a été Martinconsacrée à la paix et à l’amitié entre les peuples. Je l’avais rencontré alors que je traînais mon sac de couchage sur le plateau du Larzac au début des années 70. Il  était un des animateurs infatigables de cette fameuse lutte contre l’extension du camp militaire qui dura une dizaine d’années, préfigurant ce qui allait se passer à Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire. A droite, le Larzac en 1977, bon d’accord, j’étais pas tout seul… Ce grand militant des causes justes qui, pacifiste et libertaire, salarzac vie durant, refusa avec une conscience exigeante de prendre une arme pour éliminer son semblable, était doté d’une stature exceptionnelle qu’il dissimulait sous une modestie et une totale générosité. Tour à tour et parfois en même temps, il sera sociologue, économiste ou expert en coopération pour le développement, mais le militant pacifiste restera avant tout un vrai citoyen du monde.

Quel destin singulier que celui de Pierre Martin, incarcéré pour objection de conscience : il se retrouve prisonnier de guerre, lorsque les hordes nazies de l’Allemagne Hitlérienne envahissent la France, en 1940. Sa volonté inébranlable de ne pas porter les armes, le conduit à faire du « tourisme pénitentiaire « . Lui à qui le Mahatma Gandhi avait afficheécrit que, s’il était résolu à agir dans l’esprit de la non-violence, il se devait de la pratiquer, là où il se trouvait : Plus il approfondissait la pratique de la non-violence, plus il souhaitait rencontrer Gandhi. C’est ainsi qu’en 1948, il entreprend de rallier l’Inde et enfourche sa bicyclette. C’est en Libye, qu’il apprend qu’une violence fanatique venait de ravir la vie du Mahatma. En 1959, il rejoint l’expédition internationale contre l’explosion atomique au Sahara. Les autorités françaises le bloquent au Ghana, il y mène quinze jours de grève de la faim devant l’Ambassade de France, à Accra. En 1962, il anticipe son départ en congé en France pour assister Louis Lecoin dans sa grève de la faim, qui a permis de convaincre de Gaulle de la nécessité de reconnaître l’objection de conscience. Ceux qui liront son ouvrage « Candide face au Moloch », comme ceux qui s’abreuveront aux sources fécondes du pacifisme, découvriront un homme qui n’a jamais abdiqué face à l’histoire. Grand humaniste laïque, il restera toujours vivant par la constance de son engagement.

Voila un salut à un grand bonhomme qui nous a quitté un 22 juin en 1998 et qui méritait bien de figurer en bonne place dans notre galerie de portraits. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.