Crossroad…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Delta blues et de l’anguille braisée réunis,arroche bonjour ! Nous sommes le Dimanche 08 Mai 2016, 19è jour de Floréal dédié à l’Arroche  (c’est une sorte d’espèce de genre d’épinard). En ce 8 mai donc, plutôt que de fêter l’armistice qui n’en fut pas un, célébrons la naissance d’un des plus grands bluesmen que le Mississippi ait connu. Robert JOHNSON. Son œuvre quoique mince a laissé un nombre considérable de classiques du blues.

Né dans le Delta il s’est très tôt intéressé à la musique, notamment l’harmonica avant d’opter pour la guitare. Sa rencontre avec Willie Brown le décide à faire de la musique son gagne-pain. Il parcourt le Delta, joue ici et là pour quelques dollars. Sa vie chaotique est celle RobertJohnson-300x297d’un grand buveur, coureur de femmes qui s’attire sans cesse un tas de problèmes. Cette personnalité se reflète dans des compositions sombres, dramatiques, pleines d’images hallucinantes. La légende veut que sa virtuosité vienne d’un pacte avec le diable. un soir très sombre alors qu’il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississippi, il se perdit à un carrefour (crossroads).

Alors qu’il commençait à s’endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit au-dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau. Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson resta comme paralysé. Sans un mot l’apparition se pencha, prit sa guitare, l’accorda, joua quelques notes divines avant de lui rendre l’instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud. En réalité, cette légende provient d’un autre bluesman, Tommy Johnson, qui prétendait avoir vendu son âme au 220px-Robert_Johnsondiable, un soir, à un carrefour, pour obtenir sa virtuosité à la guitare. Robert Johnson aurait donc repris cette histoire à son compte, à moins que – Tommy et lui portant le même nom (Johnson) – elle ne lui ait été attribuée à tort. Cette légende et le personnage de Tommy Johnson apparaissent dans le film des frères Coen, O’Brother. Il est mort, empoisonné dit-on, dans un bouge du Mississippi du côté de Greenwood. Durant sa courte carrière, il aura laissé 29 titres enregistrés, 3 photos et 3 tombes. Faut-il préciser qu’il appartient au « club 27 » en brillante compagnie: Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Kurt Cobain ou, plus récemment Amy Winehouse.  Son blues, torturé, rempli de référence au démon, sera repris par d’innombrables musiciens comme Muddy Waters mais aussi, plus tard, les Rolling stones, Jimi Hendrix, Bob Dylan et Eric Clapton entre autres. Un grand à n’en point douter.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un commentaire

  1. Mildred

    Si vous nous racontiez qu’une « ombre immense » vous a visité, pris votre plume pour vous la rendre, nous le croirions tant vous avez de talent pour nous parler de vos amis jazzmen et autres !

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