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Le couvent des oiseaux…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 31 mai 2016, douzième jour de Prairial dédié à la bétoine  (et non pas à l’abbé Toine). La bétoine jouissait dans l’antiquité d’une réputation prestigieuse qui lui conférait des pouvoirs magiques la bétoine(Elle fut dit-on découverte par Esculape et on la disait capable de chasser les mauvais esprits) et faisait d’elle un remède quasi universel. Le nom bétoine est dérivé de celui d’un peuple ibérique, les Vettones, qui utilisa cette plante dont la réputation s’est maintenue jusqu’au Moyen-Âge et au delà. On utilisait autrefois les feuilles séchées de cette plante comme du tabac à priser ou comme substitut du thé ; les jeunes pousses sont consommables en salade avec modération. A propos de jeunes pousses, aujourd’hui c’est le jour de la Visitation, nom retenu pour rappeler la visite de la Vierge Marie à sa cousine Elisabeth qui ne pouvait avoir d’enfant et dont l’ange venait de lui annoncer sa grossesse. Il y a longtemps (très longtemps), j’ai lhistoire-de-la-mini-jupe-plisséerésidé à Rennes, rue de la visitation. Sous ma fenêtre, de l’autre côté de la rue il y avait une institution pour jeunes filles de la bourgeoisie locale, style couvent des oiseaux et qui se nommait collège de la visitation; ce sont les Visitandines, un ordre religieux qui a donné son nom à La Visitation. Créé par la jeune veuve de la Hautaie, grand-mère de Madame de Sévigné, le couvent a ouvert ses portes dans les années 1630. Jusque dans les années 1990, les jeunes pousses de la haute, jupes plissées et socquettes blanches, faisaient semblant  d’apprendre quelque chose en attendant que maman leur trouve un beau parti. A l’instar de Maxime Le Forestier je crois que certains jours j’étais amoureux de tout un pensionnat. Aujourd’hui cet ancien couvent s’est transformé en centre commercial. Quelle drôle d’époque madame Michu !

Comme vous pouvez le constater sur cette photo, le statut de blogueur retraité n’est pas une bloguer myopesinécure. J’ai beau augmenter la police de caractère, ça devient difficile. Et encore n’ai-je point sur le râble de petits chefaillons despotiques soucieux de devenir calife à la place du calife. Mais bon, je continue bon an mal an à pondre mon petit billet quotidien, aujourd’hui, 2551è et le compteur indique que plus de 335 500 visiteurs ont poussé la porte de mon modeste ermitage. 

Allez, merci à vous, portez vous bien et à demain peut-être.

Hasta buan …

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 30 mai 2016, ce qui tend à prouver que tout arrive, et ce 10è jour de prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, m’autorise à la ramener quelque peu… En Bretagne armoricaine, on s’apprête à célébrer les Buan: Saint BUEN, ermite, fondateur de la paroisse de Loc’hbuen, autrement dit Locarn (22). On ne sait rien (ou si peu de chose) de cet obscur saint breton. Un saint de ce nom est honoré au pays de Galles. Il était le fils d’Ysgwn et le petit fils de Llywarch Hen, le barde guerrier du 6e siècle et prince breton. institut-de-locarn-intro-couvImpuissant face aux Angles, Llywarch s’était réfugié en Galles. Le nom semble identique au qualificatif buan « rapide ». On ne sait pas grand chose non plus de l’Institut de Locarn, ce club des Trente reste nimbé de mystère. Ce think tank à la bretonne œuvre au développement de la Bretagne dans toutes ses dimensions notamment au plan économique. « Une des vocations de Locarn est de servir de lieu de négociation neutre et discret, où peuvent se rencontrer des personnalités économiques et politiques », confiait Jo Le Bihan (co-fondateur) lors de la création de l’institut. En 1994, l’Institut de Locarn, sous statut d’association, est inauguré en présence de 850 personnes, dont l’archiduc Otto de Habsbourg fils du dernier empereur d’Autriche, mais surtout sympathisant notoire de l’Opus Dei.

Et puis tiens, comment ne pas saluer l’anniversaire de la naissance de Bakounine, ce camarade vitamine comme disait Léo Ferré… Il est né le 20 ou 30 mai 1814 (8 ou 18 mai dans le calendrier Julien) à Premoukhino (Russie).  Révolutionnaire russe, véritable fondateur du mouvement anarchiste international, théoricien et homme d’action, incarnation même de l’esprit de révolte. Issu de l’aristocratie, il fait ses bakounineétudes à l’école militaire de St-Pétersbourg d’où il sort officier d’artillerie à 17 ans. Mais passionné par la philosophie de Hegel, il renonce à la carrière militaire et part étudier à Berlin puis à Dresde. En 1844, il est à Paris, il y rencontre Proudhon et fréquente les milieux socialistes. Il est expulsé de France en 1847 mais y revient un an plus tard pour participer à « l’ivresse révolutionnaire » de 48. Arrêté et emprisonné, il est condamné à mort le 14 janvier 1850, par le tribunal de Saxe, puis extradé en Autriche, il est finalement livré à la police Tsariste le 17 mai 1851. Enfermé à la forteresse Pierre et Paul, il se résout à faire une confession qui lui vaut d’être déporté en Sibérie, d’où il s’évade et rejoint Londres en décembre 1861.

Il reprend son activité révolutionnaire, parcourt l’Europe de la Suède à l’Italie où il crée une société secrète « La Fraternité Internationale ».  En 1873, Il écrit « L’Etat et l’Anarchie » un des textes les plus significatif de sa pensée théorique. En juillet 1874, il est à Bologne Bakounine 2(Italie), pour prendre part à un mouvement insurrectionnel mais celui-ci échoue et il regagne Locarno (Suisse) où Carlo Cafiero l’héberge. Malade et fatigué, il meurt deux ans plus-tard.
L’anarchiste Arthur Lehning, s’est consacré à la conservation et à l’édition de ses œuvres. D’autres comme Fritz Brupbacher, où Madeleine Grawitz, lui ont consacrés des biographies.
« Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres… » Assurément, aujourd’hui, sa voix se mêlerait au concert des indignés pour fustiger tous ces valets empressés de la finance qui nous veulent à genoux…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Ca branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la littérature érotique et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 29 mai 2016, dixième jour de Prairial, dédié à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 143 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad. L’air du temps me désole profondément, la violence du capitalisme et de ses sbires à l’encontre de la classe ouvrière me révulse. Quoi ! Classe ouvrière, capitalisme, et pourquoi pas révolution pendant qu’on y est. – Dis donc, le cénobite, tu nous ferais pas une rechute ?

le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne), naissance de Louise Michel. Louise, ma Louise, mon institutrice préférée, Louise, ma communarde, ma combattante, ma graine d’ananar… J’aime cette image taguée qui la remet au goût du jour. Fille illégitime d’un notableLouise-tag et d’une servante, Louise Michel reçoit dans la famille de ses grands-parents paternels une éducation affectueuse et soignée. Après avoir obtenu un brevet d’institutrice, elle s’installe à Paris en 1856 pour y exercer ce métier. Mais elle se consacre également à la poésie, et, bientôt, à la politique, au sein du mouvement Blanquiste. Savez vous, qu’à ma connaissance, La station Louise Michel (métro de Paris) est la seule à honorer une femme et la seule à honorer une anarchiste…

C‘est durant la Commune de Paris que se révèle son dévouement à la cause révolutionnaire. La «Vierge rouge» déploie alors une activité inlassable : propagandiste, LouiseMichelanimatrice d’un club politique, ambulancière, elle participe également à la plupart des combats contre les troupes de Versailles. Arrêtée au terme de la Semaine Sanglante, elle est, en 1873, condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. En exil, Louise Michel côtoie brièvement le libelliste Henri Rochefort. Plus sérieusement, elle se convertit à l’anarchisme et se lie à la population Kanaque. En 1880, l’amnistie générale l’autorise à regagner la métropole. Figure dès lors incontournable du mouvement anarchiste français, Louise Michel est étroitement surveillée par la police, qui l’arrête à plusieurs reprises pour ses participations à des manifestations ou des meetings insurrectionnels.

Le 13 septembre 1903, Louise Michel fut initiée au sein de la loge « la philosophie sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise maintenue et mixte.  L’âge venu, elle repart inlassablement, à chacune de ses sorties de prison, pour de longues tournées de conférences à Michel L. droitetravers la France et le monde. C’est au cours de l’une d’entre elles qu’elle s’éteint à Marseille en 1905, victime d’une pneumonie. Le 22 janvier 1905, enterrement de Louise MICHEL. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil. Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.

Un T-Bone sinon rien…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la satirologie et du pain bénit-oui-oui réunis bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce Samedi 28 mai serpolet2016, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

And now, ladies & gentlemen, oyez l’histoire de T-Bone Walker né Aaron Thibeaux Walker le 28 Mai 1910 à Linden, Texas. Elevé à Dallas où il vécut dès ses deux ans, T-Bone Walker fut rapidement influencé 220px-T-Bone_Walker,_American_Folk_Blues_Festival_1972_(Heinrich_Klaffs_Collection_46)par le jeu et la technique de Blind Lemon Jefferson. De 1920 à 1923 il le suivit dans les rues de Dallas et tenait sa soucoupe pour recueillir les pourboires des passants. Quand il eut dix ans sa mère se remaria avec un homme dont la famille possédait un groupe. T-Bone avait l’habitude de venir danser sur scène à la fin du spectacle, et de passer le chapeau parmi l’assistance. A 12 ans sa mère lui offrit un banjo mais il préféra changer pour la guitare. 1929 fut une année décisive pour lui. Il gagna un concours d’amateur, dont le premier prix était une semaine avec le groupe de Cab Calloway. A Houston il put prendre un solo sur un des morceaux du groupe. Ce fut là une de ses premières expériences avec le jazz. Sa musique s’en ressentit grandement, son style étant plus proche d’un guitariste jazz que de celui d’un bluesman traditionnel.

Un an après il enregistra pour le label Columbia les morceaux Witchita Falls et Trinity River Blues sous le nom de Oak Cliff T-Bone, d’après le nom de son quartier à Dallas. Il partit en tournée avec un groupe de musiciens blancs et rencontra quelques problèmes à Oklahoma City à cause de ses abus d’alcool. N’ayant que peu d’argent il quitta le Texas T-Bone gauchepour Los Angeles où il joua dans des formations de swing. Il fut l’un des premiers guitaristes à utiliser l’amplification électrique vers les années 1935 – 1936. En 1940 il enregistra quelques titres avec le groupe de swing Les Hite’s Cotton Club Orchestra dans lequel il était chanteur. Il enregistra T-Bone Blues qui eut un tel succès qu’en 1941 il forma son propre groupe. Toujours bien sapé, élégant, T-Bone Walker va devenir un modèle pour les jeunes noirs désirant réussir socialement à travers la musique. Il va continuer à jouer et quittera Black & White pour le label Imperial en 1950. Il y enregistrera pendant quatre ans une flopée de morceaux, améliorant constamment son jeu de guitare.

Au début des années 1960 son succès baissa lorsque le public blanc commença à découvrir le blues traditionnel. Walker avait une image trop brillante pour un public désirant du blues rural et traditionnel. Sa chance fut de tourner avec le premier American Folk Blues Festival en TBone3-300x2571962 grâce à John Lee Hooker. Dans les années qui suivirent il continua de se produire en Europe et aux Etats-Unis, abusant des plaisirs de la vie, l’alcool en tête. Cela lui valut de graves problèmes de santé et des soucis financiers. Ne pouvant plus se payer l’hospital il bénéficia d’un concert de soutien grâce à des artistes comme Gerry Mulligan ou Dizzy Gillespie. Son jeu et son « son » marquèrent nombre de musiciens, comme le grand B.B. KING. Sources : Adil-blues.com – la grande encyclopédie du blues. Il est mort des suites d’une pneumonie le 16 Mars 1975 à Los Angeles.

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Frou-frou, frou-frou..

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson réaliste et de la galette-saucisse réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 mai 2016 c’est à dire le 8ème jour de 170px-Lilium_martagon_(Dieppe)Prairial habituellement consacré au Martagon. Plus communément appelée Lys Martagon, cette plante de la famille des Liliacées, qui produit de magnifiques fleurs, est aujourd’hui espèce protégée dans beaucoup de régions. On n’en trouve que rarement en Bretagne sauf peut-être à Bréhat ou sûr l’ile de Batz… A vérifier.

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines. je veux parler de Berthe Francine Ernestine FAQUET plus connue sous le nom de Berthe SYLVA. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frouElle aurait passé son enfance à Brest avant deBerthe droite se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née (7 février 1885) à Kerloïs en Lambézéllec (tout près de l’ermitage de Keramoal) qui aujourd’hui est devenu un quartier de Brest. Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant. De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil. Ecoutez l’histoire du p’tit Boscot.

En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. C’est grâce à Léon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer. Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans l’oubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est Berthe gauchepassionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites. Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune. Quelques années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée. Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille

 

Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française c’est un peu notre blues à nous qu’on a… Allez, vive l’éclectisme, portez vous bien et à demain peut-être.

Oh mamie blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis du soufisme éclairé et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! Puisque aussi bien nous sommes le fromentalJeudi 26 mai 2016 et que ce jour était le 7è de Prairial dans le calendrier républicain, autant vous le dire tout de suite, il était dédié au fromental encore nommé, l’avoine élevée. Et quand bien même vous contesteriez ceci, ce ne serait pas une raison suffisante pour élever l’avoine. Oui, bon, d’accord… J’aurais voulu parler de la situation actuelle, mais le concert unanime des éditocrates, chiens de garde du libéralisme et leur rengaine « otages de la CGT » m’en a dissuadé ( jetez un oeil chez Acrimed :) . Et puisque vous êtes les meilleurs lecteurs qu’un blogue n’ai jamais eu, voici pour vous une véritable pépite dénichée sous les plis de la toile (c’est joli ça), le premier disque de blues de l’histoire, gravé en 1920.

C‘est Mamie Smith qui est la chanteuse, elle est née le 26 mai 1883 à Cincinnati, et décèdera en septembre 1946 à Harlem. C‘était une vraie enfant de la balle, elle se produisit dans des troupes de danse dès l’âge de 10 ans. Elle chanta dans de nombreux clubs et, en 1918, fit partie de la revue Made in Harlem de Percy Bradford. Très populaire dès 1914, elle est engagée par le même Percy Bradford qui réussi à convaincre la Grazy-Bluescompagnie Okeh de l’enregistrer. Crazy blues, c’est le titre du morceau, obtient un succès considérable dès sa parution. En fait, Crazy Blues était le second enregistrement de Mamie Smith, le premier ayant été un disque de deux chansons : You can’t keep a good man down et That thing called love . Sans être foudroyant, son succès avait été suffisant pour qu’on fasse de nouveau appel à elle, et cette fois ce fut une date dans l’histoire. On dit que le disque s’est vendu à 75000 exemplaires la première semaine. Dès lors Mamie entreprend une fructueuse carrière jusqu’en 1931. Elle défraie bien un peu la chronique par ses liaisons avec de grands jazzmen, ce qui ne l’empêche pas d’interpréter une série de films musicaux au début du parlant. Par la suite, Mamie Smith, drogue et alcool venant, sombrera dans la misère et l’oubli. Ah, la vie est dure madame Michu.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Kan bale Nevenoë…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’alexandrin et de la saucisse de Molène réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 25 mai 2016, sixième jour de prairial, dédié à la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui wiskl’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Nous sommes au mois de mai 843.

La Bataille de Blain et la victoire bretonne qui en résulta, font suite immédiatement à la défaite bretonne de Messac. Le Duc de Bretagne Nominoë désirant agrandir le territoire breton, passa la erispoeVilaine à la tête d’une forte armée qu’il commandait avec son fils Erispoë. Les forces franques nantaises s’avancèrent vers la Vilaine sous la conduite du Renaud d’Herbauges. Ils se rencontrèrent à Messac et c’est le comte Renaud qui remporta la victoire. Plusieurs sources  mentionnent également la possibilité que Nominoé était alors atteint par une maladie assez grave et que le commandement des troupes dirigées contre la région nantaise, fut confié à son fils uniquement. Cela expliquerait d’autant mieux le caractère hasardeux de la rencontre dite de Blain.

 

 

La Bataille de Blain

Renaud croyant l’ennemi complètement hors de combat, réunit une troupe assez nombreuse et reprit la direction de Nantes. Arrivé à Blain, il s’arrêta pour faire reposer ses soldats. Chef et soldats étaient là, nous dit la Chronique de Nantes, étendus sur l’herbe près des bords de l’Isac, dans le plus complet abandon, lorsque soudain une troupe nombreuse se jeta sur eux : c’était le fameux Lambert II de Nantes que Charles-le-Chauve avait chassé de Nantes. Il avait fait alliance avec les Bretons, et à la tête de soldats rassemblés sur les frontières de l’Anjou, il s’était avancé sur la Vilaine, afin de réunir ses forces à celles deNominoé gauche Nominoé. Ennemi juré de Renaud qui avait pris sa place comme chef du comté nantais, il se mit à sa poursuite, voulant satisfaire sa vengeance et réparer le désastre. Il surprit les Nantais désarmés, et en fit un grand carnage ; lui-même, de sa propre main tua le comte Renaud : c’était le 25 mai 843. Cette victoire bretonne, suivie d’autres, conduisit en 851, au Traité d’Angers, par lequel les pays Nantais et Rennais devenaient possession de la Bretagne. Deux ans plus tard ce sera  la victoire des troupes bretonnes de Nominoë sur celles (Franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante et qui allait le rester cahin-caha jusqu’en 1532.

Allez hop, au jardin. Je voulais de l’essence pour la tondeuse mais, avec mon jerrican je me suis fait huer par une horde de mégères assoiffées de sans plomb. Ah, on vit une drôle d’époque madame Michu ! Portez vous bien et à demain peur-être.

Every day I have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de l’Hermétisme et du chocolat Poulain réunis,Colvert bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 mai 2016, cinquième jour de prairial dédié au canard. Dois-je vous rappeler que le 24 Mai 2016 est en réalité le Samedi 7 Merdre 143 Nativité de M. Plume, propriétaire selon le calendrier de pataphysique. Alors que par ici, certains vont célébrer Donatian & Rogatian, martyrs suppliciés sous l’empereur Maximien à Nantes, vers 288-290, pour n’avoir pas voulu renier leur foi, ils sont appelés les enfants nantais.

L’homme du jour s’appelle Elmore James, il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago. Né sur une petite plantation il  James-297x300 gauchepartage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du Delta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues. Il a gravé son premier disque, Dust my broom, sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baisse et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il James droiteen restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec des compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau. Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, c’est vraiment très sympa à vous de passer par ici de temps en temps. Portez vous bien et, à demain peut-être.

Shaw devant !

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis des années swing et du bourbon* sec réunis, bonjour ! * sauf le Jacks Daniel’s qui, comme chacun le sait n’est pas un bourbon mais un Tennessee whiskey filtré à travers du charbon de bois… Nous sommes artie Shawle Lundi 23 Mai 2016, quatrième jour de Prairial dédié à l’Angélique; pas la marquise, la plante. Je faisais un peu de ménage parmi des vieux vinyls lorsque je suis tombé sur ce « concertos for clarinet » de Artie SHAW… Comment peut-on se faire appeler Artie Shaw, je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à St-Pol-de-Léon (29), avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn… Point commun avec Woody Allen, autre clarinettiste de talent.

Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le pseudonyme d’Artie Shaw. En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à laArtie Shaw Live campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit:  Begin the beguine de Cole Porter. En 1938 il accompagne Billie Holiday , ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents. Sa popularité atteint alors son apogée et il est devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant Artie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico.

En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la artie gaucheMarine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz. A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis. A écouter sans modération.

Allez, merci à vous qui passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

100/% des perdants ont tenté leur chance…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’épanaphore* et de la rotisserie française réunies, bonjour ! *exemple: le fameux « Ni dieu, ni maître » cher à ce vieux Blanqui est une épanaphore; à ne pas confondre avec l’anaphore remis au goût du jour par François Hollande lors de son débat face à Sarkozy (moi Président…). Nous sommes le Dimanche 22 mai 2016, c’est dire si Juin trèflearrive à grand pas, troisième jour de Prairial dédié au trèfle. On dit que celui qui possède quatre feuilles est censé porté bonheur… Pour les puristes, il convient de préciser qu’en fait il s’agit de la même feuille qui présente quatre folioles; ceci étant dû à une mutation relativement rare du trèfle blanc. C’est aussi un symbole courant pour représenter l’Irlande : la tradition veut que saint Patrick, le patron de l’île, se soit servi de la feuille de trèfle pour illustrer le mystère de la Trinité. On peut aussi remarquer que les folioles de la plante évoquent le symbole celte à trois branches spiralées appelé triskell.

Le triskell est le symbole celte par définition. Son nom vient du grec « triskelés » qui veut dire à trois jambes. Le symbolisme du triskell a été interprété de plusieurs manières. C’est avant tout un porte bonheur mais à l’origine ce devait être un symbole solaire. Ses trois branches réunies représente la triplicité dans l’unité. Chez les celtes cette triplicité peut être matérialisée de diverses façons. Le panthéon des dieux celtiques au nombre de trois: Lug, Daghda, Ogme. La déesse unique sous ses trois aspects: fille, mère, épouse. On dit souvent que le triskell représente les trois éléments dynamique: eau, air, feu. La terre ori-autocollant-triskell-multicolore-673en serait le centre . La courbure des branches serait symbole de la vie. Le sens bénéfique, c’est à dire dextrogyre qui tourne vers la droite. Le sens maléfique en serait donc son contraire on le dit sénestrogyre à l’exemple de la swastika. Quand les cercles du triskel tournent vers la gauche, sens dépressionnaire, c’est un symbole belliqueux et maléfique, annonçant troubles et chaos. Quand les cercles tournent vers la droite,  sens anticyclonique, c’est un symbole de paix. On trouve ici la symbolique des danses de guerre celtes qui commencent toujours par tourner vers la gauche, manifestation de défi et d’hostilité mais qui se terminent toujours vers la droite, signe de victoire. De la même façon, les danses bretonnes tournent toujours vers la droite pour symboliser la joie, l’allégresse. On retrouve le triskell sur le drapeau de l’Ile de Man.

Le triskel laténien est caractérisé par sa partie centrale en forme de triangle aux côtés concaves. On en retrouve des traces sur de nombreux monnaies et bijoux datant parfois de 450 à 200 ans avant JC. En réalité, il est apparu bien avant cette date. Les hommes du mégalithique l’utilisaient déjà (la plus ancienne empreinte est gravée newgrangedans la pierre sur le site de New-Grange, en Irlande; photo de gauche). Après avoir été oublié, le triskell réapparaît à la fin du VIème siècle dans l’art mérovingien, puis replonge de nouveau dans l’oubli au Moyen-Âge, sauf en Irlande où il décore de nombreuses enluminures. Vers les années 1920, on le redécouvre en Bretagne. Depuis, il n’est pas rare de le trouver un peu partout, sur des bijoux, des vêtements ou encore…des plaquettes de beurre ! Et oui, malheureusement, le triskell est accommodé à toutes les sauces pour faire vendre. Lorsqu’il possède quatre jambes, quadriskèle, en Bretagne, il est dit Hevoud et il est proche d’autres symboles de ce type, comme le lauburu basque ou le swastika indien. Hevoud est, grosso modo, la traduction du mot sanscrit Swastika qui signifie Bien-être (sauf pour quelques nazillons décérébrés).

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.