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C’est Juste son prénom…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 19 avril 2016, trentième et dernier jour de Germinal dédié au greffoir. En effet nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre à Keramoal de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, licornele cerisier du Japon en rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à ceinturer le parc de leur bleu iroise. Le forsythia apporte son flamboyant jaune d’or au milieu d’une pelouse fraichement tondue et toutes les petites primevères, pensées, jonquilles et autres dont j’ignore le nom offrent au regard du visiteur une vision enchanteresse comme ces tapisseries « millefleurs » qui firent le renom des ateliers d’Aubusson. Ici, la licorne captive symbole de la pureté prisonnière du temps… Les initiés sauront y reconnaitre nombre de symboles très prisés en cette période médiévale.  

Et par chez nous, ceux qui ont le cœur à ça vont faire la fête aux Yestin. Ce prénom est une évolution du vieux breton Iostin, emprunté au latin Justinus, dérivé de Justus, « juste ; intègre », dont procède le français Justin. Gallois : Iestyn. Ce saint homme du VIe siècle est contemporain du Gallois Dewi. D’origine insulaire, il aurait installé son ermitage non loin de la Lieue de Grève, près de Pestin-les-Grèves (22). Parti en pèlerinage à Rome, il trouve sa cellule occupée à son retour par Eflamm; Ah, on ne sait plus à quel saint se vouer… Suite à un accord, il lui abandonne le lieu pour s’installer ailleurs. Testin (Iestyn) serait le fils de Geraint, roi ou prince de Domnonée, et le descendant de Constantin. 4saint-efflamIl est l’éponyme de Plestin-les-Grèves (22). Une statue, aujourd’hui dans l’église paroissiale, l’y représente en vêtements sacerdotaux. Une fontaine, jadis miraculeuse, guérissait de la fièvre ceux qui la vidaient à trois reprises. Au pays de Galles, il est figuré en ermite, portant un bourdon à tête de chien dans la main droite. Plestin-les-Grèves est une ancienne paroisse bretonne primitive dont le nom est formé à partir du mot plou, signifiant « paroisse » en vieux-breton. Elle a pour éponyme Jestin, moine breton dont le pardon était célébré le quatrième dimanche après Pâques dans la chapelle du même nom autrefois située près de Pen-ar-Voërn. Les premiers documents historiques relatifs à Plestin remontent au 11ème siècle : ils mentionnent le prieuré de Roc’h Hirglas, le Grand Rocher, fondé par l’abbaye du Mont-Saint-Michel, à la suite d’une donation faite en 1086 par Hugues, évêque de Tréguier. Cette carte postale ancienne montre le grand rocher à l’époque où il y avait des trains qui desservaient toute la Bretagne.

Voilà pour aujourd’hui; et, si je ne conclus pas avec le traditionnel à demain peut-être, c’est que je n’ai guère le cœur à l’ouvrage, bouleversé par la disparition d’une amie emportée par cette saloperie de crabe.