Vous lisez actuellement les articles publié le avril 18th, 2016

Page 1 de 1

Française, Français, Belges, Belges…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’humour noir et du boudin blanc réunis, bonjour! En ce Lundi 18 avril 2016, 29è jour de Germinal dédié à la Myrtille, foin des anarchistes austères, des jardiniers joviaux, des notaires véreux, des universitaires distingués, des éminents docteurs, des émérites chercheurs et place à l’intelligence, l’humour, la finesse d’esprit, desproges 2l’aristocratie du calembour, l’élégance du verbe, l’Annapurna de la déconnade… Bon, c’est le printemps, le soleil fait sa réapparition, je crois bien avoir aperçu une hirondelle, les urines sont claires et je voue une admiration sans borne pour le personnage dont il est question maintenant. Je mesure combien son humour nous manque en cette époque de triste austérité. Je veux parler de ce génial humoriste qui eut la très mauvaise idée de nous quitter un 18 avril. Tant pis pour lui, il se retrouve dans les colonnes des « cénobites tranquilles », le meilleur blog à l’Ouest du Couesnon…

Quand on est né à Pantin, on a forcément un destin de clown… Pierre Desproges, issu d’une famille de commerçants de Châlus, était un mauvais élève à l’école. Il passe une partie de son enfance à Luang Prabang (Laos) où son père enseigne le français. En 1959, il part pour vingt-huit mois en Algérie où il doit accomplir un service militaire dont il garde un souvenir exécrable. Ne sachant trop que faire pour gagner sa vie, il entreprend des études de kinésithérapie qu’il abandonne assez vite, il écrit des photo-romans qu’il confectionne avec ses amis ( et qui paraissent ), il vend des assurances-vie (qu’il rebaptise assurances-mort). Il devient ensuite journaliste à L’Aurore où il entre grâce à son desprogesamie d’enfance, la journaliste Annette Kahn. Son chef de service aux informations générales, Jacques Perrier, qui ne le supporte pas, le fait renvoyer. Il travaille alors dans le journal hippique du même groupe de presse Paris-Turf. Lorsque Perrier est à son tour licencié, Bernard Morrot qui est nommé pour le remplacer, le fait revenir à L‘Aurore et lui confie une rubrique de brèves insolites à l’humour acide que Pierre Desproges appelle la « rubrique des chats écrasés ». Jugé un peu trop caustique, il évite son licenciement grâce à Françoise Sagan qui écrit une lettre au journal en affirmant qu’elle n’achète l’Aurore que pour la rubrique de Desproges. Remarqué par ses confrères de la télévision, il devient chroniqueur dans l’émission télévisée le Petit Rapporteur, sur TF1. Sa prestation dans cette émission dominicale de Jacques Martin, au côté de son complice Daniel Prévost, demeure gravée dans l’esprit des amateurs d’humour noir et de cynisme. Il participe ensuite à plusieurs émissions de radio, notamment à France-Inter.

En 1978 et 1979, il anime en compagnie de Thierry Le Luron l’émission hebdomadaire les Parasites sur l’antenne. En 1980 et 1981, il participe à Charlie Hebdo avec une petite chronique intitulée Les étrangers sont nuls. Entre 1980 et 1983, il est le procureur du Tribunal des flagrants délires en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Ses féroces réquisitoires commencent invariablement par son célèbre : « Françaises, Français, Belges, Belges, public chéri, mon amour… » pour se terminer par une sentence sans appel: « Donc, l’accusé est coupable, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi. » Il desproges napoléonanime en 1986 une chronique quotidienne intitulée Chronique de la haine ordinaire, où il s’en prend aux sujets le faisant bouillir, à travers des coups de gueule de deux ou trois minutes environ. Il assure également entre 1982 et 1984 (cent émissions), une chronique intitulée La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède qui, selon lui, divise la France en deux: « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n’aiment pas. » Sur les conseils de Guy Bedos, il est également monté sur scène en 1984 et 1986. Il est mort d’un cancer le 18 avril 1988 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, juste en face de Michel Petrucciani et non loin de Frédéric Chopin. Contrairement à ce que prétend la légende, ce n’est pas lui qui a rédigé la dépêche annonçant sa mort: Pierre Desproges est mort d’un cancer. Étonnant, non ? en référence à la phrase de conclusion rituelle sur FR3 de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, mais Jean-Louis Fournier, réalisateur de la Minute nécessaire et proche de Desproges.

Voila pour ce début de semaine, c’est bien vrai que l’on peut rire de tout, pas forcément avec n’importe qui mais bon…C’est pas n’importe qui qui visite ce blog n’est-ce pas ? Allez portez vous bien et à demain peut-être.