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Doucement les basses…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 30 avril 2016, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. Mais c’est aussi, depuis 2011, la Journée internationale du jazz. Après Paris en 2015 la ville hôte du Concert All-Star Global est Washington; ce qui me donne l’occasion d’évoquer un contre bassiste exceptionnel.

Percy Heath, né le 30 avril 1923 à Wilmington en Caroline du Nord aux États-Unis et décédé le 28 avril 2005 à Southampton aux États-Unis, est un musicien de jazz américain. Il fut contrebassiste du célébrissime Modern Jazz Quartet. Il a joué avec les Géants (Dizzy Gillespie, Miles Davis) mais aussi avec ses frères Albert « Tootie » Heath (batterie) et 260px-Percy_HeathJimmy Heath (saxophone ténor). Il est présent sur le célèbre album de Wes Montgomery, The Incredible Jazz Guitar of Wes Montgomery, aux côtés de Tommy Flanagan (piano) et de son frère Albert. Il demeurait à Montauk (Long Island), était un pêcheur averti (son bateau le « Bass Finder  » : jeu de mots puisque « bass » est aussi un poisson en anglais) était connu de tous les amateurs de turbots (« fluke »)? Sa contrebasse avait été trouvée à Berlin par son ami Pierre Michelot qui après l’avoir essayée, a téléphoné à Percy en lui suggérant fortement de l’acheter. Percy accepta et ce fut toujours son instrument avec les restaurations dues à une vénérable dame. Il a également composé quelques morceaux dont « Watergate Blues ».

Percy Heath grandit à Philadelphie dans une famille de musiciens et après avoir étudié le violon durant sa scolarité il s’inscrit à la Granoff School of Music. Il fait ses débuts musicaux à New York, avec son frère saxophoniste Jimmy dans la formation du trompettiste Howard McGhee à la fin des années 40. Durant quelques années il accompagne régulièrement les musiciens de jazz de la génération Be bop, les percy-heathtrompettistes Miles Davis, Dizzy Gillespie, Fats Navarro et Clifford Brown, le tromboniste Jay Jay Johnson, le saxophoniste alto Charlie Parker, les pianistes Thelonious Monk et Horace Silver, etc. En 1951, il remplace le contrebassiste Ray Brown dans la formation du vibraphoniste Milt Jackson qui devient l’année suivante le définitif Modern jazz Quartet. Une dissolution temporaire du MJQ en 1974 lui donne l’occasion de monter un quartet avec ses frères Jimmy et Albert, accompagnés par le pianiste Stanley Cowell. En 1975 Percy Heath accompagne la chanteuse Sarah Vaughan et reprend sa place de contrebassiste lorsque le MJQ se reconstitue en 1981. Avec le temps, il est évident que son jeu, tout en finesse, en fluidité et en précision, fait de Percy Heath un membre indispensable de cette formation légendaire.

Sur ce, portez vous bien et à demain peut-être dans la manif…

44 in Breizh…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 29 Avril 2016 qui correspond au 10è jour de Besné-44-Chapelle-St-Second1floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…

Sans transition.

 
C‘est bien connu, nos amis belges sont capables du meilleur comme du meilleur (j’veux me fâcher avec personne) les meilleurs chanteurs: tootsBrel, Arno, Mauranne… Le meilleur waterzoï, les meilleures bières: Gueuze, Trappiste…Le meilleur système politique, euh non, la ils ne sont pas au top. Mais savez vous, une fois, qu’ils ont aussi produit  quelques uns des meilleurs jazzmen de la planète. Voici quelques mots sur l’un d’entre eux: Toots Thielemans est un nom que l’histoire de la musique, et du jazz en particulier, a accroché depuis longtemps au rayon des légendes. Né à Bruxelles en 1922, Toots thielemans découvre le jazz durant l’occupation allemande et Django Reinhardt devient alors son idole.

Guitariste, siffleur, harmoniciste, il rejoint la tournée européenne de Benny Goodman en 1950. Par la suite, c’est aux Etats-Unis qu’il Toots 2commence à se faire un nom dans le Charlie Parker’s All Stars ou le quintet de George Shearing. Voici une vidéo qui le montre en compagnie de David Sandborn. Il parvient à créer un style, son style, et à donner à l’harmonica une place majeure sur la scène jazz. Sa carrière décolle et Toots Thielemans est demandé par un grand nombre de musiciens. Sur scène ou en studio, il accompagnera Ella Fitzgerald, Quincy Jones, Jaco Pastorius en encore Bill Evans. Quincy Jones dit de lui « Je peux dire sans hésitation que Toots est un des plus grands musiciens de notre temps. Nous avons travaillé ensemble un nombre de fois incalculable. C’est quelqu’un qui sait vous toucher au cœur et vous faire pleurer. » Bel hommage, non !

Bon, c’est pas tout, le jardin m’attend et je n’aime pas faire attendre… Cela fait bien deux jours qu’il n’a pas plu et les paysans commencent déjà à se demander si il n’y a pas quelques subventions à gratter, because sécheresse… Et la sécheresse, c’est terrible, ça pousse à la boisson; c’est pas les belges qui me démentiront. Allez, demain, si vous êtes fidèles au rendez vous, vous pourrez lire le 2520è billet des « cénobites tranquilles » espace d’humeur et d’humour, faut-il le rappeler. En attendant portez vous bien.

Apollon, pollon et demi…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la métempsychose et des œufs en meurette réunis, bonjour ! Nous voici le Jeudi 28 avril 2016, neuvième jour de Floréal dédié à la Hyacinthe; excepté en Bretagne où l’on fête les Loudiern. Déclinaisons du prénom breton : Louziern – Louthiern, saint irlandais, il aurait évangélisé la région d’Alet. « Lou », en celte, signifie lumière, et « thiern » signifie chef.  

Mais revenons à notre hyacinthe. Pourquoi dit-on LA alors que Hyacinthe était un beau jeune homme qui fut aimé d’Apollon et de Zéphyr ? Mais comme dit l’autre, les histoires d’amour finissent malmort de hyacinthe, surtout chez les dieux et  particulièrement ceux du stade… Oyez, gens d’ici, la belle histoire de ces divins amants. Alors qu’Apollon lui apprend à lancer le disque, Hyacinthe est accidentellement (ou à cause de Zéphyr, selon la version) frappé à la tempe par le disque, et meurt. De son sang naissent des fleurs qu’on appelle Jacinthe, d’après le nom du jeune homme, qui ne sont probablement pas des jacinthes mais plutôt des iris; mais bon, on va pas chipoter. Voyez cette représentation de la mort de Hyacinthe par Jean de Broc. C’est-y pas mignon ça, madame Michu. Ah, on se prenait pas la tête avec le-mariage-pour-tous à cette époque là…

 
Aucune représentation antique connue ne montre Hyacinthe et Apollon ensemble , à l’exception peut-être d’une coupe du peintre Akestorides akestorides(460 avant JC), montrant un jeune garçon à califourchon sur un cygne. En revanche, il est souvent représenté dans la céramique attique en compagnie de Zéphyr, soit qu’il soit enlevé par ce dernier, soit que ce dernier pratique un coït intercrural couché. Comme diraient les anti mariage pour tous, les peine-à-jouir, les empêcheurs de s’aimer en rond, les culs serrés: avec des mœurs comme celles là, faut pas s’étonner que la Grèce ait des problèmes.

Allez, passez un bon dimanche, portez vous bien et à demain peut-être.

1er Mai: Piqûre de rappel…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 27 avril 2016, huitième jour de Floréal dédié au champignon. Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan.

Puisque nous approchons du 1er mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par Trois huitles syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA. Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers.

Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se martyrs chicagosolde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule). Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.

Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolchéviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui transformera la fête des travailleurs en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les leçons de l’histoire…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des mystères de l’Ouest et du crabe mayo réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 26 avril 2016, 7è jour de Floréal dédié au Muguet. Hier on se souvenait avec émotion d’un certain 25 avril au Portugal. Aujourd’hui ayons une pensée pour ce 26 avril 1937 au pays Basque Espagnol, plus précisément à Guernica. Je pense aussi aux copains asturiens. Les asturiens ont construit leur nation à peu de chose près en même temps que les bretons armoricains essayaient de faire quelque chose de leur péninsule. Quelques décennies avant que Nominoë ne rassemble la Bretagne, en Asturies c’est Pelayo qui devenait le premier roi. D’où la célèbre expression qui a depuis fait le tour du monde: « Ah, te voila toi, Pelayo ! »

Le bombardement de Guernica, le lundi 26 avril 1937, fut un événement majeur de la guerre d’Espagne, qui contribua à internationaliser la médiatisation du conflit, par l’intermédiaire notamment du célèbre tableau de Pablo Picasso représentant la scène. En raison de l’apparente faible valeur stratégique militaire que  Guernica 1représentait la ville et de l’énorme disproportion entre les capacités de riposte des défenseurs et la violence de l’attaque, ce bombardement a souvent été considéré comme un des premiers raids de l’histoire de l’aviation militaire moderne sur une population civile sans défense, et dénoncé pour cela comme un acte terroriste.

Cependant, d’après certains historiens, Guernica aurait été un objectif militaire de première importance. Pío Moa affirme que trois bataillons (7.000 hommes) des forces républicaines y stationnaient le jour du bombardement. Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de Junkers de la Légion Condor allemande ainsi que avions nazisl’escadrille VB 88 de bombardement expérimental (composée de Heinkel et de Dornier ), escortées par des bombardiers italiens (Savoia-Marchetti SM.79) et des avions de chasse allemands (Messerschmitt), procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L’attaque commence à 16h30, aux bombes explosives puis à la mitrailleuse et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelques 50 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19h45. Après le massacre, 20% de la ville était en flammes, et l’aide des pompiers s’avérant inefficace, le feu se propagea à 70% des habitations.

Depuis, les controverses ne se sont jamais vraiment éteintes. Responsabilité unique des nazis de la légion Condor commandée par Von Richthofen de sinistre mémoire ou complicité de Franco. Les historiens estiment le nombre de victimes entre quelques centaines et 1937-guernica-300x209quelques milliers… Macabre comptabilité qui n’enlève rien à la force du symbole. Avec mon pote asturo-espagnol, nous sommes tombé d’accord sur le fait que si Franco est bien mort, le franquisme lui, il bande encore. Les nostalgiques sont là, guettant les faiblesses de nos démocraties et prêts à ressortir les griffes. Toujours les crises ont servi de révélateurs aux forces de l’extrême-droite. Chez nous aujourd’hui, ce sont les débats, dits sociétaux, qui les voient s’afficher de plus en plus ouvertement aux côtés des droites traditionnelles. Regardez le résultat des dernières élections en Autriche: dimanche le candidat du Parti libéral ( c’est leur FN à eux) Norbert Hofer, a recueilli 36,4 % des voix, obtenant le meilleur résultat de cette formation d’extrême droite depuis la seconde guerre mondiale à une élection nationale. Résultat, il vire en tête en éliminant les partis traditionnels. Rendez-vous dans un an…

Allez, haut les cœurs, portez vous bien et à demain peut-être.

Papus pas pris…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’ésotérisme et de la lessive St Marc réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 25 avril 2016, sixième jour de Floréal dédié à l’ancolie dans le calendrier républicain. Néanmoins soyez indulgent envers ceux qui vous diront qu’en réalité nous sommes le vendredi 6 Palotin 143 – Ste Oneille, gourgandine; ce sont des pataphysiciens. Quand aux Arcane-Arcana-21-monde-worldbretons bretonnants de Cornouaille et de Léon, ils sont persuadés qu’aujourd’hui marque la St Gourloez… Mais, le calendrier du facteur lui, indique bien St Marc. Il faisait partie de la bande des quatre évangélistes et on le trouve représenté par le lion sur l’arcane 21 du tarot: Le Monde. En fait, on devrait dire la carte 22, considérant qu’il existe une carte non numérotée dans le jeu. Ce bestiaire ( l’ange pour Matthieu, l’aigle pour Jean, le taureau pour Luc et le lion pour Marc.) entoure aussi le fameux carré magique  dit du Notre Père : SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS que ceux qui ont des yeux voient, que ceux qui ont des oreilles entendent… Mais que tous pensent, trouvent… mais se taisent !

Tout à fait autre chose.

Le 25 avril 1974, au Portugal, début de la « Révolution des œillets » et chute de la dictature. Oui je sais, j’en parle chaque année mais c’est pour moi un souvenir très fort. Je vais finir par virer vieux con radotant sur ses guerres passées… Le peuple privé de ses droits les plus élémentaires, et bâillonné depuis près de 50 ans, investit les rues de Lisbonne et de Porto, porté par un élan révolutionnaire qui transforme rapidement les rapports de forces et les mentalités. Mais malgré des 25-abrilaspirations sociales et libertaires profondes, la libération de la parole et de l’information, les tentatives d’autogestion, d’occupations d’usines, d’expropriations de terres et de logements et de collectivisations agraires (durant les années 74/75), puis la tentative infructueuse de coup de force militaire du 25 novembre 1975, fomenté par le leader révolutionnaire du MFA, le général Otelo de Carvalho (qui sera destitué puis emprisonné), le processus révolutionnaire s’effacera, laissant la place à une gauche parlementaire socialiste qui finira (déjà) par imposer le modèle capitaliste comme seule alternative politique possible. Ah, que revienne le temps des œillets et celui des cerises… Ma doué benniget !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Hey, Joe…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 24 avril 2016, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Luis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de roi, Rossignol philomèle Luscinia megarhynchos Common Nightingaleau cœur plein de tristesse… Pour l’heure, en Bretagne on célèbre (où pas) les Felan (Phelan en irlande). J’ai bien connu un Phelan-Ségur du côté du bordelais qui faisait la part belle au Merlot et au Cabernet-Sauvignon. On dit qu’à l’origine de ce domaine il y a un irlandais du nom de Bernard Phelan au début du XIXè siècle. Aujourd’hui on écrit Phélan-ségur avec un accent allez savoir pourquoi. A n’en point douter c’est bien un saint-Estèphe dans toute sa splendeur alors que le St Felan de Bretagne se distingue par sa discrétion et son absence totale de notoriété.

Tout à fait autre chose.

Joe Henderson  naît à Lima dans l’Ohio dans une famille de 15 enfants. C’est à celle-ci qu’il dédiera son premier album pour les remercier « d’avoir été aussi compréhensifs et tolérants » pendant ses années de formation.  Joe accomplit deux ans (1960–1962) de service militaire : d’abord à Fort Benning, où il participe à un concours des jeunes talents militaires et remporte le premier prix et à Fort Belvoir, où il est choisi pour faire partie d’une tournée mondiale destinée à distraire les troupes. Alors qu’il se trouve à Paris, il rencontre Kenny Drew et Kenny Clarke. Il est ensuite envoyé dans le Maryland. Après son service militaire, il s’installe à New York où il est pris en main par le  Joe-Henderson-Tony-4-201x300trompettiste Kenny Dorham. Chaque soir, ils vont écouter Dexter Gordon jouer au Birdland, le club mythique de la 52ème rue où le prince du ténor dirige la « jam session » tous les lundis.  Un soir, Gordon lui demande de jouer avec son groupe et c’est évidemment avec joie que Joe accepte l’invitation. Joe Henderson fait un carton ce soir la et partage les applaudissements du public au même titre que Dexter Gordon lui-même. De 1963 à 1968, il enregistre en sideman sur une trentaine d’albums du mythique label Blue Note. Début des années 70, l’engouement pour le jazz commence à fléchir, les séances deviennent moins nombreuses pour la plupart des jazzmen. Joe Henderson se plonge dans l’enseignement à San José en Californie, mais est toujours fréquemment demandé dans les grands festivals internationaux.

C’est en 1985 que Blue Note décide de mettre Joe Henderson en première ligne, avec le merveilleux The State Of The Ténor-Live avec Ron Carter à la basse et Al Foster à la batterie, considéré par la chronique comme le meilleur album de trio avec ténor depuis le Night At The Village Vanguard de Sonny Rollins en 1957. Du be-bop au hard-bop, au jazz d’avant-garde, aux rythmes sud américains, au latin jazz, en passant par la soul, le jazz fusion, le smooth et le funk, on peut certainement joe_henderson-300x264citer le nom de Joe Henderson comme celui d’un très grand saxophoniste ténor au service de la musique, d’un professionnel philosophe au service des artistes, comme d’un poète ou d’un écrivain au service de l’art en lui même. Si le son très personnel de Joe Henderson, entre John Coltrane, Lester Young et Dexter Gordon a discrètement bercé le jazz tout entier, aux aléas des modes de ces dernières décénnies pour finalement venir exploser au grand jour sur la fin de sa vie et juste avant l’an 2000, c’est que Joe Henderson mérite véritablement son statut du dernier des « titans ». Joe Henderson décède le 30 juin 2001 à 64 ans d’une insuffisance cardiaque après une longue lutte. Il est enterré au Dayton National Cementery, dans l’Ohio, parmi plus de 44 000 autres vétérans de l’Armée des États-Unis. Sources: Arnaud Syllard.

Allez, merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Etre ou n’être pas…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le Samedi 23 avril 2016, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907-300x192célébrer le rattachement de la Normandie à la France…. Tiens, le saviez-tu ?  William Shakespeare et Miguel de Cervantès sont morts il y a quatre siècles, le 23 avril 1616 (ou peut-être le 22, les chroniques étant imprécises à ce propos). Ne croyons pas pour autant qu’ils sont morts le même jour ! L’Angleterre, réticente aux innovations du continent, vivait encore avec le calendrier julien tandis que l’Espagne avait de longue date adopté le Grégorien. De sorte que Cervantès a devancé Shakespeare de onze jours au paradis des grands auteurs. Ces deux géants de la littérature lèguent à l’humanité des personnages plus vrais que nature. Ils ont nom Don Quichotte et Hamlet, Sancho Pança et Othello, Rossinante et Falstaff, Dulcinée et Juliette…

William Shakespeare naît à Stratford-upon-Avon dans la famille d’un riche commerçant. D’après la tradition, il est baptisé le 26 avril 1564 dans l’Église de la Sainte Trinité. C’est dans la même ville qu’il finit sa shakespeare Dvie entouré d’honneurs avant d’y être inhumé à l’âge de 52 ans (Cervantès fera éditer « Don quichotte » à l’age de 57 ans)). C’est  encore à Stratford qu’il se marie à 18 ans avec une jeune femme illettrée de 8 ans son aînée, Ann Hathaway. Le couple aura trois enfants. Cinq ans plus tard, William part à Londres où il peut écrire sous la protection du comte de Southampton auquel il dédie son premier recueil de poèmes, Vénus et Adonis. Le poète et dramaturge anglais se montre excellent connaisseur de la nature aussi bien que des hommes (il cite pas moins de 108 plantes dans Roméo et Juliette). Il fréquente les tavernes avec la même aisance que les châteaux.

Ses succès théâtraux et ses qualités d’investisseur lui permettent de jouir à Stratford-upon-Avon d’un coquet patrimoine.Shakespeare est le plus fécond de tous les artistes qui s’épanouirent à Londres, à la fin du SkakespeareXVIe siècle, sous le règne brillant et agité d’Elisabeth 1ère. Christopher Marlowe, qui aurait pu rivaliser avec lui, fut prématurément tué dans une taverne. Shakespeare n’en demeure pas moins très mystérieux. On ne connaît qu’un mot écrit de sa main. C’est son nom. Cette précieuse relique est conservée au British Museum. On a longtemps aussi imaginé ses traits d’après le portrait dit de Chandos, hélas réalisé après sa mort. ci-dessus à droite. En mars 2009, le professeur Stanley Wells a authentifié le portrait dit Cobbe comme étant celui du poète, ici à gauche. Ce tableau réalisé en 1609, de son vivant, serait donc plus près de la réalité que le précédent.

 
Né en 1547 à Alcalá de Henares, en Castille, Miguel de Cervantès est aussi représentatif de l’Espagne de Philippe II que Shakespeare de l’Angleterre élizabéthaine… Mais il est vraisemblable qu’il ignorait tout de son contemporain. Fils d’un chirurgien couvert de dettes et d’une juive convertie, il se révèle un aventurier à l’image de son héros et des conquistadors qui conquirent (comme leur nom l’indique) l’Amérique et firent la gloire de l’Espagne. Après des études en Castille et en Cervantès DAndalousie, il est engagé à 22 ans par le cardinal Acquaviva, légat pontifical. Il l’ accompagne à Rome puis rejoint la Sainte Ligue pour participer à la bataille de Lépante contre les Ottomans. Il perd dans la bataille la main gauche (pour la gloire de la droite», dira-t-il plus tard), ce qui lui vaudra d’être parfois qualifié : «Manchot de Lépante» ! Mais ses ennuis ne font que commencer. Il est plus tard capturé par les Barbaresques et emmené comme esclave à Alger. Il y reste pendant 5 ans. Le 19 septembre 1580, son maître Hassan Pacha s’apprête à prendre la mer pour Constantinople lorsque son captif est racheté in extremis par les pères Trinitaires pour 500 écus.

Cervantès se marie et s’établit à Séville où il est nommé commissaire aux approvisionnements des galères du roi Philippe II qui prépare la Granda Armada en vue d’envahir l’Angleterre. Ses aventures nourrissent ses premiers ouvrages. Il fait jouer plusieurs pièces aujourd’hui perdues et publie Galatée (1585). Mais il n’est pas au bout de ses peines. Jalousies et affaires douteuses lui valent plusieurs emprisonnements. Cervantès attend l’âge canonique de 57 ans pour publier la première partie de Don Quichotte ! C’est seulement alors que cervant-s statues’affirme sa maîtrise de l’écriture. Mis en vente à 1200 exemplaires dans les boutiques de Madrid le 16 janvier 1605, le roman recueille immédiatement un immense succès. Son succès à l’étranger bénéficie du très grand prestige dont jouit alors la langue castillane dans toutes les cours européennes peu ou prou liées à la dynastie des Habsbourg. Notons que Cervantès, l’écrivain blasé et moqueur, est contemporain du peintre d’origine crétoise Domenikos Theokopoulos (1541-1614). Surnommé El Greco (Le Grec) dans son pays d’adoption, celui-ci exprime mieux qu’aucun autre l’âme mystique religieuse de l’Espagne, au temps de la Reconquista (la croisade contre les Maures d’Espagne qui s’achève avec leur expulsion de Grenade) et de la Contre-Réforme catholique.

Voila, je trouvais cela amusant de juxtaposer ces vies de deux auteurs qui ont, chacun à leur façon, apporter tant de choses à la littérature et qui s’en sont allés, quasiment de concert, rejoindre les plaines de chasses du grand Manitou. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Nos absents…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

 

Amis des « cénobites tranquilles » bonjour ! Nous sommes le Vendredi 22 Avril 2016, troisième jour de Floréal, dédié à la fougère. Hier nous avons accompagné notre amie Dany pour son dernier voyage comme on dit pudiquement. J’ai retrouvé ce texte de Grand corps malade qui exprime bien ce que nous ressentons.

A demain peut-être.

Mignonne, allons voir si la rose…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 21 avril 2016 et, que les dieux m’tripotent si j’mens, nous serions le  deuxième jour de Floréal dédié au chêne. J’ai pourtant rencontré un fieffé pataphysicien qui m’a affirmé sans honte qu’en vérité nous étions le Lundi 2 Palotin 143 Fête des Écluses. Et quand je vous aurais dit que mes voisins fêtent ce jour la saint Hamon, dont la légende nous dit qu’il s’agit d’un chevalier qui revint de Palestine Cassandre 2porteur de la lèpre et que les paroissiens laissèrent sans soins; (Mal leur en pris car les pis des vaches se tarirent aussi sec, si j’ose dire), enfin si vous consultez le calendrier du facteur vous verrez que c’est la St Anselme et, vous serez en mesure de vous faire une petite idée de la diversité calendaire de notre joyeuse humanité, poil au nez. Tiens, à propos de poésie, saviez vous que Pierre de Ronsard, clerc et aumônier ordinaire du roi François 1er, avait 20 ans quand il rencontra, le 21 avril 1545, à Blois, lors d’un bal, la fille du banquier italien  Salviatti. La belle a 14 ans et se prénomme Cassandre. Le jeune homme se prend d’amour pour elle mais ne peut rien en attendre car il est déjà tonsuré et ne peut se marier. Il lui dédiera le recueil Les Amours de Cassandre (paru en 1552, il en existe une réédition illustrée par Dali) ici, une œuvre de Yves Guillard, artiste de St-Sébastien sur Loire qui expose jusqu’au 27 avril, chapelle de l’hôpital à Pornic.

«Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil… »

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à demain peut-être.