L’oncle (Jacques) Bens…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

, , , ,

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 25 mars 2016, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Eglantine ! Voici un autre grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’Oulipo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, de 1960 à 1963. Il a été reunion de l'oulipodurant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielle). On lui doit notamment, la cuisine en AVT_Jacques-Bens_2210jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire !
Poème irrationnel

Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

2 commentaires

  1. Bargougnan

    Merci pour ce sonnet… dont la contrainte est d’être basé sur le nombre PI (3/1/4/1/5…)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).