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Azénor, Zénor et demi…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tradition et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 12 mars 2016, 22è jour de ventôse dédié au persil. Aujourd’hui, en Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) Budoc. Oyez donc son histoire au lieu de vous inquiéter pour l’avenir de la retraite des vieux.

A Brest, en ces temps-là, au V° ou VI° siècle de notre ère, se dressait le château d’Even, prince de Léon, seigneur de Brest. Sa fille, la princesse Azénor, était – comme (presque) toutes les princesses – blonde aux yeux bleus. Albert Le Grand écrivit même à son sujet qu’elle était  » de riche taille, droite comme une palme, belle comme un astre,azenor-204x300 et cette beauté extérieure n’était rien en comparaison de son âme. «  Le comte Chunaire de Goëllo, ayant ouï une telle renommée, demande la main de la belle Azénor, en envoyant au roi Even de riches émissaires. Les noces sont célébrées durant quinze jours, avant qu’Azénor ne rejoigne le château du comte de Goëllo, le Castel-Audren (aujourd’hui Châtelaudren dans le 22). Las ! Quelques mois après, la mère d’Azénor meurt, et le roi Even se remarie alors avec une marâtre peu recommandable, une  « dame de grande maison qui avait l’esprit malicieux, noir, sombre et malin, bref, une femme aussi mauvaise que la mer par un jour de tempête …»  .

Cette femme, convoitant le futur héritage d’Azénor, décide alors de se débarrasser de sa belle-fille. A force d’insinuations et de mensonges, s’aidant de faux témoins, elle persuade le roi Even, son mari, et le comte Chunaire, son gendre, qu’Azénor n’avait pas réservé sa couche à son mari, et l’accuse d’adultère, d’impudicité et d’abandonnement. chateau brestDéshonoré, Chunaire fait reconduire séance tenante Azénor à Brest, où son père l’enferme dans la tour la plus sombre du château (qui porte encore aujourd’hui son nom, photo de gauche) Apprenant qu’elle est enceinte, les juges décident alors de lui faire grâce de la vie, mais  tout de même de l’enfermer dans un tonneau, et de les jeter à la mer, elle et son enfant. Mais la cruelle belle-mère meurt à son tour (je raccourci), et, dans ses derniers moments,  avoue ses mensonges. Le prince de Léon et le comte de Goëllo se mettent alors à rechercher Azénor, sans repos.  Un jour enfin, en Irlande, le père se retrouve face à un garçonnet blond comme les blés, aux yeux bleus, identiques à ceux qui illuminaient le doux visage d’Azénor. Budoc, son fils, était en face de lui. D’où la célèbre phrase reprise dans Star Wars: « Budoc, je suis ton père… »

Plus tard, Budoc décide de partir au-delà des mers, mais, n’ayant point de navire, s’allonge dans une grande auge de pierre, comme saint Conogan avant lui. Il retourne ainsi en Armorique où il fut confié à saint Samson, évêque de Dol. Toujours est-il que notre petit Budoc, en grandissant ainsi pieusement, devient abbé de Dol, puis évêque de Dol lorsque saint Magloire abandonna cette charge. la chronique veut qu’il budoc 2ait établi une école monastique sur l’Île Lavrec (Lavret), dans l’archipel de Bréhat dans la deuxième moitié du Ve siècle où il eut comme disciple un certain Gwenolé. Il est aujourd’hui le saint patron (pour une fois qu’un patron est saint) de Ploudalmézeau, Beuzec et Porspoder. En vérité (peut-être), c’est Judual, prince de Bretagne, qui dut à saint Samson de recouvrer l’héritage de ses pères, et qui régna ensuite dans ce pays sous le nom d’Alain Ier. Il eut de son mariage avec Azénor, fille du comte de Léon, six fils, dont le quatrième se nommait Budoc (ou Deroch, ou encore Beuzec). Tout le reste n’est que billevesées et fantaisies, mais bon… La naïveté populaire est sans limite. J’ai connu des gens qui avaient voté socialiste en croyant voter à gauche…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.