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Quand le ciel bas et lourd…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Nous sommes le Mercredi 09 mars 2016, 19è jour de ventôse dédié au cerfeuil. C’était hier le jour du Mouron, mais… Il y a des jours comme ça… Des jours où cela ne sourie pas, des jours tristes comme l’exorde d’une oraison funèbre de Bossuet ou un discours de Christine Boutin. Des jours où le pont de Recouvrance vous tend les bras… Il y a des grève généralejours comme ça où l’inspiration vous fait défaut. La muse ne s’amuse pas. L’angoisse de la page blanche… Le trou, le vide absolu, le néant abyssal, le rien ultime, l’apocalypse du blogueur, le stress de l’écrivaillon, le spleen du rimailleur… Il reste encore à jouer avec les mots, folâtrer avec les maux, faire rimer les syllabes, s’entrechoquer les terminaisons, se rire du dérisoire, pour, en définitive, écrire pour ne rien dire. Il reste encore cette merveilleuse langue française, écornée, diminuée, internetalisée, SMSisée, Iphonée, en un mot, malmenée.

Il reste encore la chanson des mots qui s’entrecroisent, tout chauds sortis du four de l’imagination comme du bon pain croustillant. Et cet indicible plaisir à les voir danser sur l’écran dans une sarabande virtuelle, cette gavotte de l’improbable scandée par des sonneurs aveugles. Matilin an Dal, grand biniouer devant l’éternel faisait se trémousser les noces bigoudènes sans jamais avoir voyagé plus loin que pont-l’abbé; il a sa statue à Plozévet. Aujourd’hui, les DJ (dead GI !) s’acoustiquent à coup de décibels dans les boites branchées de beaudelaireCroatie ou de Ibiza. Leurs statues sont disques d’or et leurs postérités toutes relatives. Leurs victoire de la musique sont dorées à la poudre de Perlinpinpin. Serions nous de cette espèce de dinosaures littéraires, appelée à disparaître dans les poubelles de l’histoire, cataclysmée par le « progrès », météorisée par la révolution des nouvelles technologies ? Que nenni, pas question de se laisser aller, on va se battre. Je dis cela au moment où mes pensées vont toutes vers une amie qui m’est très chère et à qui les aléas de la vie ont décidé de demander des comptes. Gast ! Erwan de keramoal, tu fais dans l’morose. Allez, petit cadeau à propos de spleen.

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris…

Vous l’aviez reconnu bien sur, sacré Charles, il donne pas vraiment envie de danser la gigue. Tiens, je vais me repasser Patrick Topaloff… Portez vous bien et à demain peut-être.